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Scasm - Punished By Disembowelment
Chronique
Scasm Punished By Disembowelment
Au rayon des labels particulièrement actifs qui ne connaissent pas la crise, New Standard Elite se situe certainement en très bonne position. On pouvait pourtant se demander si cette passation de pouvoir effectuée en 2023 entre Dan Osborn, fondateur du label, et Ryan Baker, nouveau propriétaire de tout le bordel, n’aurait pas une incidence négative sur l’état de santé de la structure mais force est de constater qu’elle n’a jamais été aussi en forme que ces derniers mois, enchainant effectivement les signatures et les sorties à une cadence particulièrement soutenue. Alors je ne suis pas nécessairement client de toutes les productions du label de Dayton (certaines ont tout de même tendance à en faire un peu trop à mon goût) mais dans l’ensemble il y a tout de même eu depuis trois ans matière à se réjouir (Desanguinate, Emasculator, Desecation, Submerged, Squassation, Necrotic Infibulation, Regurgitated Entrails, Virologist et j’en passe).
Arrivé chez New Standard Elite il y a un petit peu moins d’un an, Scasm est une jeune formation américaine originaire du New Jersey. Formé en 2023 par des musiciens également actifs dans d’autres groupes à la notoriété particulièrement confidentielle (Technologia, Hosticide, Lunar Blood, Revenge Ritual et, il est vrai, Waking The Cadaver qui quant à lui ne nécessite plus aucune introduction...), le quatuor dont les effectifs ont été chamboulés à plusieurs reprises n’a pas manqué d’enchainer les sorties puisque sa discographie se compose à ce jour d’un EP, trois singles, une démo et deux albums. Le dernier en date intitulé Punished By Disembowelment est sorti le mois dernier et méritait que l’on s’y attarde un instant.
Oui, un instant et pas beaucoup plus, car ces huit morceaux sont tout de même expédiés en moins de vingt minutes. Aussi ne comptez pas sur moi pour trainer en longueur et écrire un roman au sujet de ces jeunes Américains, aussi convaincants soient-ils.
Poussé à la découverte par cette illustration dégueulasse signée des mains talentueuses de l’artiste colombien Julián Felipe Mora Ibáñez (Critical Defiance, Funeral Vomit, Grave Ghoul, House By The Cemetary, Molder, Mortify, Tenebro...), je dois bien avouer ne pas regretter le voyage. Oui, c’est court, probablement même un peu trop mais étant donné l’intensité du Brutal Death déployée ici par Scasm on en vient presque à se dire que ces dix-neuf minutes sont en effet amplement suffisantes. Une chose est sûre, le groupe n’est pas là pour faire semblant au même titre qu’il n’est pas là non plus pour faire dans l’excès de blasts, de notes et autres voix ultra-transformées.
Adeptes d’un Brutal Death qui n’a pourtant que faire de la demi-mesure et aidés par une production massive (ces guitares accordées dans les chaussettes, quel régal) qui a le bon goût d’offrir notamment à la batterie d’Adrien Fusaro un rendu des plus plaisants à commencer par cette caisse claire idéale pour le genre, les Américains vont en l’espace de vingt minutes faire très forte impression. Dotés d’un bagage technique vraisemblablement suffisant pour leur permettre de s’amuser et de fricoter avec le Brutal Death Technique, nos quatre garçons vont dérouler tout leur savoir-faire sans aucune forme de retenue. Riffs épais qui fusent dans tous les sens et saillies technico-brutales aussi efficaces que redoutables, changements de rythmes et de plans impromptus idéals pour se rompre les cervicales, growl ultra caverneux et bien entendu nombre de cassures savoureuses et autres breaks ultra-groovy taillés pour se taper la tête contre les murs constituent l’essentiel de ce que vous trouverez sur ce disque aussi frontal que jouissif. Évidemment tout cela n’est certainement pas nouveau mais peu importe car tout sonne juste chez Scasm qui malgré la complexité de ces huit compositions, les vitesses atteintes et le degré de brutalité insufflé à ces dix-neuf minutes ne semblent jamais forcer ni jouer au-dessus de ses pompes. Certaines séquences ne sont d’ailleurs pas loin de rappeler un groupe tel que Defeated Sanity d’autant que les Américains semblent également tout aussi à l’aise lorsqu’il s’agit de faire respirer leurs compositions en y ajoutant un soupçon de sonorités progressives plutôt bien senties (les trente premières secondes de "Sempiternus Cagizmology" qui font presque office d’interlude puisque le titre dure moins d’une minute suivi juste après par "Punished By Disembowelment" aux alentours de 1:20). Naturellement, loin de moi l’idée de mettre ces deux groupes sur le même piédestal mais très clairement je trouve le groupe du New Jersey particulièrement efficace et convaincant dans son interprétation du genre en plus d’être extrêmement prometteur. Comme évoqué plus haut, les morceaux sont dans l’ensemble un petit peu courts et mériteraient probablement d’être développés un petit peu plus en profondeur afin de se départir de cette impression un peu désagréable de ne pas pouvoir profiter pleinement d’un album pourtant rondement mené mais c’est à mon sens le seul véritable défaut de cet album absolument redoutable.
J’avais dit que je ferais court aussi je vais m’arrêter là parce qu’à moins d’être un petit peu limité mentalement, je pense que vous aurez tous saisis ce qu’il y a à retenir de ce nouvel album de Scasm. Encore une fois, celui-ci est un poil trop court à mon goût mais ce petit défaut est largement compensé par des titres très bien composés et particulièrement bien interprétés. Certes, les Américains ne révolutionneront pas la scène Brutal Death avec leur formule qui allie technique, brutalité, groove et concision mais peu importe car ces dix-neuf minutes, aussi expéditives soient-elles, s’avèrent particulièrement convaincantes. Qui plus est, dans un genre qui a parfois tendance à en faire trop, que ce soit en matière d’écriture, d’interprétation ou de production (parfois les trois réunis sur un même disque), ce genre de parti pris qui consiste à boucler l’affaire en moins de vingt minutes offre à Punished By Disembowelment un goût de reviens-y assez rafraîchissant. Bref, voilà en ce qui me concerne une excellente surprise.
| | AxGxB 17 Juillet 2026 - 428 lectures |
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