One Day In Pain - Devouring The Gods
Chronique
One Day In Pain Devouring The Gods
Malgré son statut récurrent d’outsider sympathique mais encore trop limité pour grimper dans la hiérarchie le combo de Stockholm n’a néanmoins jamais abdiqué ni levé le pied en termes de productivité, celui-ci continuant à publier de façon régulière de nouveaux albums certes professionnels et bien faits mais auxquels il manque clairement un truc pour véritablement marquer les esprits. Deux ans et demi après l’agréable
« In Pain We Trust » le revoilà donc avec un quatrième opus sous le bras accompagné en prime d’un nouveau guitariste, ce qui au final ne changera absolument pas la donne vu que ça va rester dans la droite ligne des sorties antérieures où rien n’est réellement mauvais mais où l’on a aussi peu d’occasions de véritablement s’enflammer. Car même si tout est parfaitement en place et d’un classicisme absolu difficile de passer outre ce léger sentiment de redondance qui ne va pas nous lâcher d’une semelle, malgré une réelle volonté de varier du mieux possible les tempos et d’y apposer des cassures régulières pour aérer au maximum.
Pourtant si on prend la peine d’écouter tout cela avec attention on va constater que l’ensemble est un peu plus mémorisable que précédemment et qu’il s’agit probablement de la meilleure sortie du groupe à ce jour, car ce disque va gagner en percussion au fur et à mesure de son avancée avec toujours cette influence d’ENTOMBED vraiment marquée et même un peu plus qu’auparavant, vu que c’est plus Death N’Roll que véritablement Swedeath. Débutant de façon particulièrement lourde et opaque ce long-format nous dévoile avec la doublette « Be Dead » / « Devouring The Gods » une vision particulièrement écrasante en jouant majoritairement sur la lourdeur prépondérante, mais où quelques subtiles variations et accélérations apparaissent pour donner du dynamisme à l’ensemble vu qu’on ne peut s’empêcher de secouer la tête de façon immédiate. Si effectivement ça va donner rapidement la sensation de se répéter l’efficacité globale compense largement cela, et de fait on est satisfait de ce démarrage réussi et sympathique avant que la vitesse et l’explosivité n’interviennent ensuite avec le redoutable « Let It Bleed » particulièrement furieux et vindicatif. Privilégiant la rapidité et le côté instinctif l’ensemble dévoile un gros côté Punk fort plaisant ajouté à quelques relents Crust du plus bel effet, qui sont ici mis en avant sur la longueur tout en voyant du mid-tempo imparable être ajouté pour offrir donc une composition sacrément burnée parfaite pour taper du pied et se défouler, à l’instar de « Emptiness » débridé quasiment de bout en bout et sacrément addictif. Cela est également le cas de l’excellent « Crushed Coffin » qui ne débande pas un instant, offrant en permanence une variation entre parties en médium et tabassage intensif sur fonds de riffs agressifs et d’inspiration au top. C’est donc toujours basé sur la simplicité (techniquement ça ne s’embarrasse pas de futilités ni d’excès) et offre donc typiquement ce que l’on recherche pour se vider la tête et ne pas voir le temps passer, ce que l’entité parvient ici tranquillement… même quand elle ralentit un peu la cadence afin d’offrir un rendu plus neutre et équilibré.
C’est le cas de l’autre moitié des plages ici présentes qui vont continuer à balancer de la bonne énergie positive et défiler tranquillement sans qu’on ait grand-chose à véritablement leur reprocher, car entre l’équilibré et homogène « Garrotterad » (où l’ensemble des tempos sont passés en revue) et le légèrement Heavy « Ferocious Consumption » (qui propose une vision plus incisive sans pour autant monter vers les hautes sphères de la rapidité) il y en a pour tous les goûts que l’on soit ou non exigeant. Gardant une écriture impeccable pour le headbanging (sans forcément trop s’exciter) cette plage représente donc très bien l’idée proposée par la bande d’aller un peu au-delà du HM-2 pur et dur… mais sans trop s’en éloigner non plus, vu qu’on le retrouve de façon plus présente sur l’étouffant « Ashen Soul » qui reste bien calé sur la pédale de frein en misant sur un rendu plus obscur et inquiétant sans pour autant montrer des signes de lassitude. Et pour clôturer parfaitement cet enregistrement « Conquering The Void » et « My Arrogance » vont avoir la bonne idée d’être dans un parfait équilibre où les changements rythmiques sont nombreux, permettant donc autant de taper du pied que d’envoyer bouler tous les oiseaux de mauvaise augure en offrant une ultime rasade d’équilibre et d’énergie communicative, où les nuques sont mises à l’épreuve une dernière fois avant l’extinction des feux qui prouvent que sans être la sortie de l’année cette galette a des arguments et qu’elle fera mouche facilement sur scène.
C’est finalement l’essentiel et ce qu’on attend de ce genre de sortie sans prétentions mais sérieuse et balisée qui voit ses auteurs réussir leur retour et trouver leur rythme de croisière du côté de l’écriture comme de l’exécution, tant on a eu ces derniers temps des disques locaux très moyens dans ce registre (ENTRAILS, IN PAIN…) et qu’il est donc agréable encore d’entendre des choses réussies même si tout a été dit ou presque dans ce domaine si balisé. Faisant donc du neuf avec du vieux et continuant à répandre la bonne parole l’entité a tout ce qu’il faut pour faire le job en ouverture des festivals de l’été où l’on appréciera la prestation avec attention une bière à la main, et ce même si on aura déjà oublié ce qu’on a entendu de sa part quelques minutes auparavant… bien que tout cela soit agréable et réussi. C’est finalement l’essentiel tant les Scandinaves ne se prennent pas au sérieux en ne prétendant rien réinventer ni devenir des incontournables dans le futur, mais gardant juste leur motivation commune pour nous balancer du bon son propre et sans concessions, la base finalement dont on se contente avec grand plaisir.
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