Mouflon - Eros & Thanatos
Chronique
Mouflon Eros & Thanatos
Quatre ans après s’être véritablement révélé avec le très réussi
« Pure Filth » l’heure était donc venue pour le combo de revenir avec un nouvel album sous le bras, vu que durant cette attente celui-ci a seulement publié deux courts Split à l’intérêt limité mais nécessaire pour garder son rythme de création. Officiant toujours dans un bon gros Death/Doom typiquement batave le quintet n’a donc rien changé du tout aussi bien du côté de sa formule qu’en interne où le même personnel est à l’œuvre, et pour le meilleur forcément. Et même si tout cela ne va nullement modifier la longue histoire du style comme la notoriété de ces auteurs ce « Eros & Thanatos » a quand même des arguments à revendre, notamment comme le précise son titre en nous offrant deux visions musicales opposées où l’amour et la mort s’entrechoquent pour créer quelque chose d’appréciable où le plaisir malgré la douleur est en permanence présent. Car outre un dynamisme constant c’est surtout la variété de chacun des huit morceaux qui va sauter aux yeux, vu qu’ils ne vont jamais hésiter à proposer de la variété régulière comme de l’équilibre… mais aussi et surtout offrir une rythmique clairement plus notable pour ainsi marquer son territoire et permettre d’obtenir un rendu plus mémorable.
C’est d’ailleurs le cas immédiatement via le varié et équilibré « The Divine Wind (Special Attack Unit) » qui met dans l’ambiance en offrant tout le panel de jeu du groupe, en démarrant pied au plancher avant de balancer du mid-tempo parfait pour headbanguer et même quelques accents typiquement Punk et des ralentissements impeccables pour épaissir le résultat général. Ça groove à mort de par la fluidité incessante qui en ressort et cette ouverture montre donc de bien belles prédispositions de ce que va être la demi-heure à venir, surtout quand les versants les plus opposés vont apparaître de façon redoutable là aussi via les excellents « When Lone Wolves Gather », « Scalp Hunting » et « Primitive Violent Instinct », à l’exécution simple mais débonnaire et au rendu absolument consistant. Oscillant entre tabassage intensif et bridage poisseux d’une grande humidité ces trois plages se révèlent idéales pour casser les nuques et étouffer toute velléité de résistance en jouant sur les versants les plus opposés, tout en voyant l’écriture être plus simple mais pas moins inintéressante… vu que ça reste absolument délicieux de par cette opacité qui règne en maître et l’accroche globale qui ne se ternit nullement avec le temps.
D’ailleurs celle-ci va encore gagner en profondeur via la doublette « Sun And Steel » / « Nullectomy », qui outre posséder les compositions à la fois les plus courtes et longues va clairement appuyer sur le mode ralentisseur pour affirmer son autorité, et prouver que ça n’est jamais lassant même en bridant l’allure tant c’est remuant à mort avec du gras qui déborde de tous les côtés. Idéal donc pour offrir une vision mortifère et étouffante ce binôme musical pousse les ralentissements à leur maximum, nous renvoyant donc vers les grandes œuvres d’ASPHYX tout en n’hésitant pas à accélérer à plusieurs reprises (pour éviter la redondance)… même si cela reste minoritaire au profit du train de sénateur, avec toujours la même qualité d’écriture et la cohérence de bout en bout. Et pour finir dignement les hostilités quoi de mieux que de retrouver un certain équilibre, c’est ce à quoi s’emploient les énergiques « Libertine Lust » et « She Who Is Death » qui vont parfaitement faire le job une fois encore… tout en voyant pour la seconde des deux citées l’apparition de passages hyper épiques à l’entrain communicatif durant une bonne partie de sa durée (avant d’en finir de façon beaucoup plus écrasante), histoire de donner une dernière salve d’énergie avant que le tout n’épaississe pour graisser les lieux du mieux possible.
S’écoutant donc facilement et rapidement ce nouveau chapitre des Néerlandais est clairement au-dessus de son pourtant sympathique prédécesseur, en reprenant chez lui les mêmes choses mais en les améliorant nettement… rendant ainsi le tout beaucoup plus digeste et addictif. Très bon artisan de la bonne deuxième division et en embuscade pour grimper à l’échelon supérieur la formation a réussi son pari vu qu’on ne s’ennuie jamais ici sans avoir l’envie de regarder sa montre, et avec une telle homogénéité il est certain que cela fera son office sur scène où les pogos et headbanging vont se succéder vaillamment avec une vraie dextérité. Typiquement donc ce qu’on demande à ce genre de sortie sérieuse et appliquée où le groove l’emporte sur la technique et les excès sonores divers, vu qu’ici c’est 100 % authentique et sincère et c’est entièrement ce qu’on recherche… bref tout pour nous pour convenir et nous occuper l’esprit sans difficultés majeures pour la période estivale et mêmes les autres.
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