Ne nous arrêtons pas à ce nom tout pourri qui exploite pour la deux-cents seizième fois (selon
Metal Archives) le mot « Vomit », ouvrons plutôt nos chakras et plongeons un instant dans ce que proposent ces nouveaux-venus Indonésiens. Certes l’offrande est maigre,
Detachment of Soul ne contenant que trois pistes pour une durée totale de douze minutes. Aurais-je souhaité un présent plus généreux ? Oui, cela pour une raison simple : le
brutal death metal à tendance
slam que joue le (vraisemblablement) quatuor fait extrêmement plaisir à entendre.
Absolument rien de neuf certes. Sans surprise, l’inspiration première est à aller chercher du côté de
SUFFOCATION et, globalement, de cette scène new-yorkaise qui aime à mélanger son gros
beatdown hardcore avec des éléments foncièrement plus
metal, solos et
growls entre autres. Ainsi, les trois morceaux s’appuient globalement sur des structures assez similaires où les instants blastés particulièrement virulents (« Mental Atrophy ») et justifiant à eux seuls le qualificatif de « brutal » alternent avec des ralentissements tout en nerfs de
tough guy. Enfin, histoire de renforcer la filiation avec l’école américaine, le groupe se fend d’une production particulièrement sourde sans toutefois exagérer, écueil que reprochait récemment
AxGxB à un disque que je ne parviens plus à retrouver… Bref, l’idée globale est sans doute saisie, à ce stade de l’article chacun devrait savoir s’il envie ou non de découvrir.
Pourtant, en dépit de l’agréabilité indéniable qui filtre de chacun de ses riffs entraînants, il est peut-être encore prématuré pour voir en
POISON VOMIT un véritable espoir de la scène indonésienne dont on sait ici les qualités et l’extravagance. Il est néanmoins possible que les mecs parviennent à tirer leur épingle du jeu car, outre un sens évident du
groove de pachyderme, leur approche très 90’s du style rompt un peu avec la sur-technicité habituellement en vigueur dans cette contrée moite. Sans compter que le vocaliste est doté d’un bel organe à la gutturalité aguichante, je ne serai donc pas étonné que la bande quitte rapidement la clandestinité d’
Outta Sight Records pour voguer vers des demeures plus renommées. Affaire à suivre, encore un truc qui va déchausser quelques dents…
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