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Musta Suru - Viimeinen viilto
Chronique
Musta Suru Viimeinen viilto
Le nom de ce groupe vient du finnois. Mais vous le saviez déjà puisque vous écoutez du black metal depuis longtemps et que vous connaissiez déjà des formations contenant le mot « Musta », qui signifie « noir ». Le plus connu : MUSTA SURMA, partenaire de split de HORNA au début des années 2000. Ici, le nom est proche : MUSTA SURU, et il signifie « tristesse noire ». Formé en 2020, il s’agit d’un duo avec NoN aux guitares, à la basse et aux vocaux, et Mors à la batterie. Deux hommes qui se côtoyaient déjà depuis quelques années au sein d’une autre formation : UHRILAHJA. Ils s’apprécient tellement qu’ils ont eu envie de créer un second projet ensemble, principalement pour explorer une autre des branches du black qu’ils affectionnent : le black dépressif. Ils se sont vite mis au travail et deux courtes démos sont parues en 2021 et 2023 avant que ce premier album soit enfin finalisé : Viimeinen viilto (« la dernière entaille »).
Et je vais vendre la mèche tout de suite mais… c’est vraiment pas mal. En fait, le groupe ne trouve pas nécessairement une formule personnelle ou révolutionnaire, mais il compense ces manques par une honnêteté et une intégrité convaincantes. Dès le premier morceau, un instrumental de deux minutes, le charme opère. La mélodie est simple et reste tout de suite en mémoire. Par contre, elle ne sonne pas vraiment « dépressive », car elle est presque galopante et aurait très bien pu se trouver en introduction d’un album de GRAVELAND. C’est d’ailleurs un point important à préciser : MUSTA SURU ne fait pas dans la musique suicidaire, lente, torturée, perturbante ou malaisante. Malgré l’étiquette de black dépressif, le duo reste ainsi souvent plus proche d’un black mélodique traditionnel, au son à la fois rêche et limpide, sans multiplier les artifices atmosphériques. Alors, si ses paroles sont centrées sur la mort et la disparition, la musique apporte des nuances et une certaine dualité. Elle a bien plus d’énergie et trahit une attirance pour les ténèbres. La mort est désirée car elle est en quelque sorte libératrice et salvatrice. L’obscurité devient refuge, la disparition devient soulagement et la mort prend la forme d’un passage vers l’apaisement. Cette évolution se ressent d’ailleurs au fil de l’album : frustration, colère et douleur finissent progressivement par laisser place à une forme d’acceptation et de paix.
Tout cela est raconté sans fard, sans effets inutiles, juste avec des éléments black simples et efficaces. Les neuf morceaux totalisent 49 minutes et rappelleront à la fois FORGOTTEN TOMB et VARDAN. Malgré des compositions qui tournent souvent autour de cinq à sept minutes, l’ensemble s’écoule avec une étonnante fluidité, au point de pouvoir être appréhendé comme une seule œuvre en neuf chapitres.
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