chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
172 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
La Thrashoth... » Mortuary Dra... »

Kanashimi - Yamiuta

Chronique

Kanashimi Yamiuta
C’était il y a 5 ans, je chroniquais Inori, le deuxième album du Japonais de KANASHIMI, et je signalais qu’il était moins sombre que prévu. Mais si sa pochette était dans des tons clairs et que les compositions installaient la fragilité, c’était plus pour signifier un abandon mélancolique qu’une plénitude rassurante. Je concluais en disant que le premier album était un acte de souffrance entraînant un suicide, et que le deuxième était l’accompagnement de cet acte final, une sorte de dernière promenade de l’âme…

2023 et O. Misanthropy revient une nouvelle fois seul, et une nouvelle fois sur un nouveau label. C’est cette fois-ci l’Autrichien Talheim Records qui le prend sous son aile, après le défunt Japonais Nekrokult Nihilism en 2009 pour Romantik Suicide et le Chinois Pest Productions en 2017 pour Inori. Et ce troisième album semble tout à fait poursuivre l’histoire de KANASHIMI. Il en est une continuité musicale claire, mais avec une légère évolution qui rendent les ambiances plus fantomatiques. Le suicide est terminé, la libération est finie, il reste maintenant une âme qui rôde, chargée de souvenirs et de mélancolie douloureuse.

Ce qui ne change pas, et ne changera sans doute jamais, c’est avant tout l’apparente simplicité des éléments, qu’il faudrait en fait plus aborder comme une approche épurée. Les compositions sont toujours principalement menées par la douceur excessive d’un piano couplé à l’inexpressivité détachée de vocaux profondément rauques. Les autres instruments ne laissent que de légères traces en arrière plan. Des guitares grésillent doucement, une batterie survit difficilement… Bref, KANASHIMI reste parfaitement dans son dépressif suicidaire doomesque.

Sauf que cette fois-ci, l’obscurité se fait bien plus ressentir que sur Inori. Encore une fois la pochette confirme cette impression, avec ce personnage errant de nuit, perdu et enfermé dans un monde humain mais désert. C’est aussi ce que transmettent les vocaux de O. Misanthropy. Ils étaient déjà rauques auparavant, mais ils se montrent cette fois-ci encore plus desséchés. Il n’y a quasiment aucun souffle de vie dans cette voix usée, et on n’y ressent même plus beaucoup de souffrance. C’est comme si elle ne pouvait plus que constater le vide existentiel. Elle est alors encore plus que jamais en opposition avec le piano, dont les notes pleurent tout ce que l’homme ne peut plus pleurer lui-même. Le changement dans la manière de s’exprimer entraine une autre évolution notable au sein du groupe : un prononciation bien plus audible. Je n’avais pas souvenir de comprendre les paroles sur les anciens albums, mais là, tous les mots sont parfaitement compréhensibles, même si chantés en japonais. Oui, la quasi-totalité des compositions sont chantées dans la langue de son géniteur, et elles sont terriblement poétiques et romantiques, parlant de « lune », de « pleurs », de « rais de lumières » ou de « roses ». Exemples traduits :

« Yamiuta » (Chant des ténèbres)
切望した孤独は 心蝕み 一筋の光を 涙へと変える
Cette solitude que je souhaitais, érosion du cœur, un rai de lumière, se transforme en larmes…

« Tadoritsuku basho » (Là où j’arrive)
傷だらけの 翼で 暗闇の中 独り飛び立つ
Avec mes ailes recouvertes de blessures, c’est en pleine obscurité, que je m’envole seul…

« The Funeral Song »
枯れた 薔薇と 永遠の 闇へ
C’est avec des roses fanées, que je vais vers l’obscurité éternelle…

Certains l’auront remarqué, il y a bien un titre qui s’appelle « The Funeral Song », en anglais, et qui fait donc « tache » par rapport aux autres. C’est que KANASHIMI a, comme à son habitude, recyclé un de ses anciens morceaux. C’est une version légèrement remaniée du titre qui ouvrait le split partagé en 2014 avec HAPPY DAYS : The Great Depression II.

Une autre particularité de Yamiuta est de ne pas limiter l’incursion d’éléments japonais dans les paroles, mais également dans quelques apports légers. Il y a par exemple un passage très proche de la musique traditionnelle japonais à 3:20 de « Yurari yurari ». Même s’il est interprété au piano, ce passage rappellera sans aucun doute de vieux films japonais aux amateurs du genre, d’autant que le bruit des cigales a été ajouté, renforçant l’image…

Les 5 compositions de Yamiuta sont complétées par une dernière, totalement différente, qui fait pus office de bonus. On y trouve le piano habituel, mais les vocaux sont assurés par le timbre très clair et très éthéré de l’Ukrainien Crying Orc, connu pour être à la tête de KËKHT ARÄKH. C’est doux, cela permet d’accompagner la dernière plongée de l’âme perdue…

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Kanashimi
Black dépressif
2023 - Talheim Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Kanashimi
Kanashimi
Black dépressif - 2007 - Japon
  

tracklist
01.   The Funeral Song
02.   Samidare
03.   Yurari yurari
04.   Yamiuta
05.   Tadoritsuku basho
06.   Lullaby

Durée : 41:10

parution
31 Janvier 2023

voir aussi
Kanashimi / Happy Days
Kanashimi / Happy Days
The Great Depression II (Split-CD)

2014 - Zero Dimensional Records
  
Infernal Necromancy / Kanashimi
Infernal Necromancy / Kanashimi
Hikari to Yami (Split-CD)

2012 - Zero Dimensional Records
  
Kanashimi
Kanashimi
Inori

2017 - Pest Productions
  

Essayez aussi
Be Persecuted
Be Persecuted
III (EP)

2023 - No Colours Records
  
Vardan
Vardan
The Night, the Loneliness

2015 - Moribund Records
  
Slagmaur
Slagmaur
Skrekk Lich Kunstler

2007 - Nekk Brekk
  
Totalselfhatred
Totalselfhatred
Totalselfhatred

2008 - Ordo Decimus Peccatum
  
Vardan
Vardan
Nostalgia - Archive of Failures - Part IV - V - VI

2018 - Moribund Records
  

Annihilator
Bag Of Tricks (Compil.)
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Centinex
With Guts And Glory
Lire la chronique
Entretien avec Anthares
Lire le podcast
The Ultimate Soul Grinding Festival - Last Inhumate Show Ever
Illegal Corpse + Inhumate +...
Lire le live report
Warfield Within
Rise of Independence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
R.B.Band
Chains of silence (EP)
Lire la chronique
Ordered To Kill
Endless War
Lire la chronique
Reabilitator
Fucking Thrasher
Lire la chronique
Hexecutor
…Where Spirit Withers In It...
Lire la chronique
Live Report Muscadeath 2025 2ème jour (samedi)
Lire le podcast