J’ai eu un retard à l’allumage concernant la critique de ce disque mais ne vous en faites pas cela ne s’applique pas à l’astronef Dephosphorus ! Cinq ans séparent
Planetoktonos de son prédécesseur
Sublimation, forme définitive de ce metal extrême à cheval sur plusieurs genres, l’espace en ligne de mire. Deux choix semblaient alors se proposer à la formation : soit poursuivre encore plus cette exploration en long et large de son syncrétisme, au risque de rabâcher ; soit revenir à l’essentiel, le plaisir des retrouvailles comme fin en soi.
Heureusement, c'est la deuxième option qui est préférée par les Grecs.
Planetoktonos revient à un format plus serré qui va bien à Dephosphorus, évoquant le jouissif
Impossible Orbits auprès de qui ce nouvel album s’inscrit comme un égal. Les forces de la formation sont connues de longue – constantes depuis ses débuts –, à commencer par la voix de Panos Agoros, toujours aussi particulière et épatante dans son côté halluciné, hurlant ses histoires spatiales avec une ferveur qui démarque cette musique d’autres situant également leur propos au milieu des astres. Ici, c’est la guerre, menée tambour battant et la rage au corps, une plongée dans une bataille digne de Warhammer 40K vécue en vue subjective.
Ce qui donne presque envie de dégainer l’argument Bolt Thrower concernant
Planetoktonos, valable également dans cette décision de baisser un peu le tempo – les éruptions grind plus en sourdine qu’autrefois – pour aller davantage vers un metal imposant et entraînant. Nombre de riffs présents ici cassent le crâne pour rester en tête, une politique de la terre brûlée constante qui se retrouve dans des instruments adeptes de la combustion spontanée. Les explosions arrivent vite et sont toujours prenantes, dès « Living In A Metastable Universe », le tube « Pale Veins », la punk « The Triumph Of Science And Reason » ou les éructations vocales et rythmiques du morceau-titre comme points culminants. Un art de la destruction qui parvient à une forme d’équilibre, jamais inutilement chaotique ou inaudible malgré des dissonances renvoyant au death metal le plus actuel (Ulcerate voit les choses de loin et en grand ; Dephosphorus est un troufion lancé dans la mêlée jusqu’au final « Eternal Bloom »).
De façon plus terre à terre,
Planetoktonos s’inscrit aisément comme le bon disque au bon moment pour qui a besoin d’une soupape de décompression rapide, accessible et néanmoins intense. Bien sûr, le groupe se retrouve projeté une nouvelle fois sur un plafond de verre de par ses objectifs modestes en termes de durée, de même qu’un style qui, s’il s’avère particulièrement original et aussi bien plaisant pour l’amateur de violence que celui cherchant une certaine élégance, tourne un peu rond si on commence à prendre de la distance.
Heureusement, cela n’arrive jamais durant l’écoute de ces vingt-huit minutes, le disque méritant pleinement sa pochette signée Jon Toussas. La décision d’aller vers une musique toujours aussi dense et variée – mélangeant les exotismes (passage orientalisant – et toujours violent, évidemment avec ces bourrins aliens – de « Calculating Infinity ») – mais aussi plus efficace et moins portée sur l’abrasivité fait de
Planetoktonos une œuvre pertinente au sein de la discographie de Dephosphorus, à la fois cohérente avec ce qui la précède et possédant son identité propre. Un groupe qu’il serait temps de connaître car si la note peut laisser penser que l’on a là un disque dispensable bien que sympathique pour qui aime prendre une raclée, sa musique s’avère particulièrement brillante dans les buts qu’elle se donne. Un peu comme les étoiles qu’il prend plaisir à faire exploser sous nos yeux ébahis.
Par Keyser
Par Lestat
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Sosthène
Par xworthlessx
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Cujo
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint