Chronique
Necrocene Scumocracy
Deux ans après nous avoir offert un premier Ep plein de promesses
(« Detrimental Paratomy ») l’annonce du retour du quintet avait de quoi nous plonger dans la joie et l’allégresse, tant cette livraison initiale nous avait enchantés par son côté délicieusement rétro où l’on replongeait avec délice dans le son de la Floride des années 80 et 90 en faisant résonner nombre d’influences provenant d’OBITUARY, AUTOPSY et même DEATH époque « Leprosy ». Si ces dix-huit minutes étaient évidemment bien trop courtes pour se faire une opinion définitive des Italiens, en revanche on sentait qu’avec un peu plus d’expérience et de vécu en commun ceux-ci avaient de quoi nous offrir un album redoutable qui avait les éléments pour figurer en bonne place des bilans annuels. D’autant plus qu’en interne absolument rien n’a évolué… aussi bien du côté du personnel que du label, toujours fidèles au poste et prêts à balancer la bonne parole à la face du monde avec un bonheur communicatif qui fait plaisir à entendre.
Celui-ci une fois la courte introduction passée va immédiatement se mettre en avant sous le nom de « Ordinary Enemy », particulièrement groovy et dynamique où l’on retrouve l’ensemble des rythmiques typiques proposées par le groupe (et que l’on va retrouver régulièrement ensuite). Jouant donc autant sur la vitesse débridée que les passages pachydermiques… ou encore le headbanging à foison, ce premier titre impeccable porté par une production granuleuse met instantanément les pieds dans le plat en offrant tout ce qu’on attendait des Transalpins, qui dévoilent donc une ouverture imparable et réussie qui nous ramène dans un passé de plus en plus lointain. D’ailleurs « Tempestarii » qui déboule juste après va continuer sur ce même chemin tracé, en misant par contre sur un versant largement inspiré par les frères Tardy qui sont sur ce disque largement représentés, vu que du côté des riffs comme de la batterie les ressemblances sont nombreuses et frappantes… ce qui n’est pas du tout un souci vu que cette composition nous régale avec son démarrage gras et humide où la pluie n’est jamais très loin, avant que tout n’explose entre médium ravageur et rapidité explosive où l’alternance est constante. Plus sombre et massif le rendu met à mal les cous et les nuques avec toujours cette même facilité à ne jamais en faire trop techniquement tant c’est assez basique mais redoutablement efficace, et cela fera aussi très bien son office sur les tout aussi impeccables « Human Lithification », « Concrete Petrichor » et « Weapons Of The Damned » qui mélangent habilement les rythmes en poussant le contenu assez loin, du fait des deux extrémités particulièrement marquées. Tout cela contient donc son lot d’accélérations furieuses et ralentissements brutaux sans perdre en dynamisme, avec toujours cette patte guitaristique proche de celle de Trevor Peres où l’on se surprend à ne jamais arrêter à bouger la tête comme un dératé.
Cependant le combo a la bonne idée de ne pas proposer que cela, vu que ça aurait été sinon relativement redondant et prévisible au fil de l’avancée de l’écoute (ce qui arrive pourtant par bribes tout en n’étant pas rédhibitoire), la preuve avec le très court et Punk « Scale Of Grey » qui malgré sa durée éphémère arrive à être très homogène en intégrant aussi quelques ambiances idéales pour le secouage de tête, ainsi que quelques discrètes nappes de claviers atmosphériques surprenantes au départ mais finalement bien troussées, tant elles s’intègrent délicatement au reste. « Scumocracy » quant à lui va déployer un rendu plus écrasant de par son gros côté BOLT THROWER où la graisse suinte par tous les pores avec son mode rouleau compresseur intensif particulièrement marqué (mais qui n’oublie de relâcher son étreinte par bribes), qui montre que la cohérence générale est là aussi présente même en levant le pied. Cela est aussi le cas de la conclusion « The Lust Of Us » qui après une première moitié menée sur fond de rendu de sénateur va aussi grimper en débridage en poussant l’énergie à son maximum, jusqu’à équilibrer les débats avec le versant opposé… terminant donc un enregistrement pas totalement parfait mais qui contient néanmoins de solides arguments.
Car bien qu’ayant quelques petites imperfections le rendu final est largement positif surtout que ça groove en continu, le tout avec une exécution impeccable et très professionnelle qui n’a rien à envier à des noms plus célèbres. Alors oui c’est rapidement prévisible et interchangeable et on a clairement du mal à retenir un passage plus qu’un autre mais il n’en reste pas moins que tout cela est hyper plaisant, et sert de parfait défouloir idéal pour les chaleurs estivales que la froideur hivernale… prouvant donc que la bande a toute sa place au sein de la scène brutale italienne qui s’est pas mal renouvelé depuis quelques temps, et a regagné ses lettres de noblesse après une période de creux liée à des ténors en bout de course et quelques déception récentes. A voir si désormais NECROCENE parviendra à durer dans le temps et gravir l’échelon qui lui manque, car il n’est pas loin d’y parvenir et avec un peu plus de folie (comme sortir légèrement de sa zone de confort où ça ronronne parfois un peu) nul doute qu’il va y parvenir. Il a donc les armes et les éléments pour y arriver, à lui désormais de savoir quoi faire de tout ça… en attendant ce passage au long-format fera l’affaire correctement pour tout amateur éclairé, et on espère que les successeurs seront au moins aussi bons voire même supérieurs… c’est tout ce que l’on souhaite à ses auteurs.
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