chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
184 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Arsis - A Diamond For Disease

Chronique

Arsis A Diamond For Disease (EP)
Après Mithras, Misanthrope et Brain Drill, on continue dans mes chroniques « coup de cœur » avec A Diamond For Disease d'Arsis, un cd trois titres sorti il y a plus de deux ans et plutôt introuvable dans notre belle contrée !

Il y a des groupes de seconde zone au talent relatif tels que Mekong Delta ou encore Necrophagist qui, pour pallier un évident manque d'inspiration, reprennent des phrases issues d'œuvres classiques. Et puis il y a des groupes originaux à la composition réfléchie, qui pour prouver leur supériorité absolue dans le domaine, écrivent directement une œuvre selon les canons de la musique classique, et en font la quintessence du death technique en remplaçant les violons, bassons et autres timbales par des guitares, une basse et une batterie. Malheureusement, ceux-ci sont trop peu nombreux, et j'irais même jusqu'à dire qu'il n'en existe qu'un spécimen, et qu'il se nomme Arsis.

Oui, bon d'accord, j'exagère peut être un peu pour Mekong Delta et Necrophagist, mais il n'empêche qu'Arsis ne peut que forcer l'admiration de l'auditeur un tant soit peu calé en matière de solfège – en gros, si vous n'aimez pas, je suis en train de dire poliement que vous êtes un inculte et que vous avez des goûts de chiottes. J'espère qu'à l'heure où le groupe est signé chez Nuclear Blast et qu'il s'apprête à sortir son troisième album, vous avez déjà jeté une oreille sur ce groupe venant de Virginie (l'Etat des Etats-Unis hein, pas votre cousine du Limousin), et qui officie dans le domaine étriqué du death technique mélodique thrashisant sur les bords à chant black/thrash – admirez la précision et le talent du chroniqueur qui en une courte phrase arrive à décrire la musique, l'origine et suggère la montée en puissance du groupe par l'évocation d'une signature sur une major… si avec ça Chris ne se décide pas à revaloriser mon salaire je ne sais vraiment plus quoi faire.

Rappelez-vous, en 2005, alors que le premier album du groupe : A Celebration Of Guilt, arrivait dans nos contrées après sa sortie sur Willowtip un an plus tôt, Arsis sortait un EP de trois titres pour 20 minutes de musique nommé A Diamond For Disease.
Si A Celebration Of Guilt avait reçu d'excellentes critiques (justifiées) d'un peu partout grâce à sa fougue et sa mélodicité, United In Regret avait laissé pas mal de monde sceptique, étant bien plus complexe et moins immédiat de prime abord. Alors, quid de ce A Diamond For Disease, sorti entre les deux ? Et bien je vous le donne dans le mille : il est à mi-chemin. Autrement dit, il est à la fois immédiat et subtil, tout en restant bien technique.
Alors au cas où vous n'auriez jamais entendu parler de Arsis, sachez que la musique du groupe est un death technique relativement véloce qui possède l'immédiateté et la fougue du thrash, et ne ressemble pas vraiment à quoique ce soit d'autre… En gros, imaginez une œuvre classique mélangée au feeling et à la composition toute en retenue mais pourtant horriblement complexe d'un Death sur Individual Thought Patterns ou The Sound Of Perseverance. Alors, sans arriver au degré de perfection de l'œuvre divine de Dieu le Père Chuck Schuldiner, Arsis emprunte beaucoup au combo légendaire, à savoir une voix hors norme plutôt éraillée et un death metal hybride et incomparable au sens strict du terme, mais arrive néanmoins à se démarquer suffisamment de cet illustre aîné pour pouvoir imposer sa marque de fabrique.
En effet, là où Arsis se démarque réellement de la concurrence, c'est par sa manière d'imbriquer subtilement deux lignes de guitares dans un magnifique contrepoint que Bach lui-même n'aurait pas renié. Par ce travail d'harmonisation époustouflant que seuls quelques rares groupes comme Anata reproduisent avec autant de talent, Arsis arrive à scotcher n'importe quel auditeur n'étant pas réfractaire à la polyphonie ou au shred. Tiens, parlons-en du shred, il est devenu tellement courant aujourd'hui que des groupes s'amusent à jouer leurs gammes à 300 à l'heure sans faire preuve d'une once de musicalité en ayant pour seul effet de produire un ennui aussi profond qu'un film Ouzbek que je me dois de vous rassurer tout de suite : non Arsis ne fait pas partie de ceux-là ! Si le groupe nous habitue à une débauche de notes incessante, sa musique n'en reste pas moins prenante et originale, n'en déplaise aux grincheux qui se reconnaîtront.

Et j'ose le dire, oui, cet EP est probablement le meilleur qu'il m'ait été donné d'entendre un jour. Composé de trois morceaux pour 20 minutes, son intérêt réside essentiellement dans le fabuleux morceau fleuve de 12 minutes 52 secondes ( ! ) qui est assurément le meilleur morceau du groupe, et de loin, à savoir « A Diamond For Diseease ». Je n'ai d'ailleurs pas les mots pour décrire la magnificence avec laquelle se morceau évolue tout au long de ces 13 minutes remplies d'innombrables lignes de tapping, de solos et de breaks à trois guitares, mais revenant souvent sur un refrain absolument dantesque qui m'a fait me décrocher la mâchoire en hurlant « aaaaaaaaaaah Let's Make A Deaaaaal, A Diamond for Diseaaaaaaase !!! » comme un forcené.
A côté de ce chef d'œuvre, l'excellente reprise de Alice Cooper : « Roses On White Lace » paraît presque anecdotique, mais bluffe tout de même par la manière dont Arsis a su s'approprier le morceau de ce groupe culte, sans jamais faire tâche entre le morceau éponyme et « Promises Of Never », dernier court morceau de cet EP qui passe d'autant plus vite qu'il est lui aussi absolument excellent.

Bref, vous l'aurez compris, A Diamond For Disease est une réussite incontestable qui devrait ravir même les sceptiques de United In Regret, et laisser pantois d'admiration n'importe quel homme de goût. Alors oui, peut être que l'utilisation abusive du contrepoint et les flots de notes incessants peuvent laisser certaines personnes indifférentes, tout comme Kévin, 13 ans pour 87 kilos, mangeant trois fois par semaine chez Mc Donald ne sera pas sensible à un foie gras sur lit de mangue d'un restaurant quatre étoiles.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Jimmy Jazz citer
Jimmy Jazz
24/08/2016 22:12
note: 4/5
Fougueux !
donvar citer
donvar
31/01/2011 22:08
note: 4/5
Tres bon EP. La qualité de composition est comme tu le dis, impressionnante (surtout sur ce morceau fleuve).
Je pointerais comme seuls défauts la production un peu brouillonne pour des morceaux ou parfois 4-5 lignes de guitares se superposent.
Et, histoire de passer pour un perfectionniste, un manque d'efficacité "directe dans la gueule" par moments...
Je le conseille a quiconque aime le ce qui est technique et mélodique quand meme!
von_yaourt citer
von_yaourt
22/12/2007 23:02
note: 5/5
Mitch a écrit : Très bon EP (dommage qu'il n'y ait qu'un titre inédit) et plutôt "facilement" trouvable perso! Clin d'oeil

Quand je dis difficilement, c'est qu'il y a peu de distros françaises qui le proposent dans leur catalogue, mais aujourd'hui avec eBay et Amazon, on peut tout trouver ou presque.
Mitch citer
Mitch
22/12/2007 23:00
note: 4/5
Très bon EP (dommage qu'il n'y ait qu'un titre inédit) et plutôt "facilement" trouvable perso! Clin d'oeil

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Arsis
Death Technique
2005 - Willowtip Records
notes
Chroniqueur : 5/5
Lecteurs : (12)  4.46/5
Webzines : (5)  4/5

plus d'infos sur
Arsis
Arsis
Death mélodique technique - 2000 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   A Diamond for Disease
02.   Roses on White Lace
03.   The Promise of Never

Durée : 20:02

line up
voir aussi
Arsis
Arsis
Unwelcome

2013 - Nuclear Blast Records
  
Arsis
Arsis
We Are The Nightmare

2008 - Nuclear Blast Records
  
Arsis
Arsis
Visitant

2018 - Agonia Records
  
Arsis
Arsis
A Celebration of Guilt

2004 - Willowtip Records
  
Arsis
Arsis
Starve For The Devil

2010 - Nuclear Blast Records
  

Essayez aussi
Inimicality
Inimicality
Relics Of Disorder (Démo)

2008 - Autoproduction
  
Death
Death
Human

1991 - Relativity Records
  
Son Of Aurelius
Son Of Aurelius
The Farthest Reaches

2010 - Good Fight Music
  
Odious Mortem
Odious Mortem
Cryptic Implosion

2007 - Willowtip Records
  
Within The Ruins
Within The Ruins
Invade

2010 - Victory Records
  

Entombed
Serpent Saints (The Ten Ame...
Lire la chronique
Suppression
Repugnant Remains (EP)
Lire la chronique
NONE #2 - RAVENSIRE - A Stone Engraved in Red
Lire le podcast
USE YOUR COLLUSION TOUR
Downcast Collision + Gwar +...
Lire le live report
L'aigle n'est pas réservé aux NAZIS !!!
Lire le podcast
PPCM #27 - Atheist, quand la Floride apporte le meilleur du Death Metal !
Lire le podcast
Bloody Alchemy
Reign Of Apathy
Lire la chronique
25th Anniversary Tour
Machine Head
Lire le live report
Le Black Metal... CA M'AGACE !!!
Lire le podcast
Nox Irae
Here The Dead Live (EP)
Lire la chronique
Sadistic Ritual
Visionaire Of Death
Lire la chronique
Nuclear Assault
Out Of Order
Lire la chronique
FRENCH BLACK METAL : Un petit coup (et puis c'est tout)
Lire le podcast
Urn
Iron Will Of Power
Lire la chronique
Swarm
Anathema
Lire la chronique
Power Trip
Opening Fire: 2008​-​2014 (...
Lire la chronique
PPCM #24 - A Link to the Past (les groupes de mes poésiques)
Lire le podcast
Exhorder
Mourn The Southern Skies
Lire la chronique
BLACK METAL ! Le TOP de...
Lire le podcast
Division Speed
Division Speed
Lire la chronique
Kill-Town Death Fest 2019 / The Decompomorphosis
Lire le dossier
Critical Defiance
Misconception
Lire la chronique
LORDS OF CHAOS : La Sakranalyse
Lire le podcast
Inculter
Fatal Visions
Lire la chronique
Hatriot
From Days Unto Darkness
Lire la chronique
METAL MEAN FESTIVAL XV - 2019
Asphyx + Au-Dessus + Bloodb...
Lire le live report
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique