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Abigail - The Final Damnation

Chronique

Abigail The Final Damnation
Toi, l’amateur de BM comme de thrash, je ne vais pas te faire l’injure de te présenter Abigail. Ces nippons dont la discographie est aussi longue que l’anatomie de l’ami Rocco (pour le fun et sauf oubli : 6 albums, 19 live, 3 demos, 45 split et quelques complis et EP en sus…). The final damnation est leur petit dernier et si tu es offusqué à la vue du sang, du sperme et de l’anatomie féminine tatouée jusqu’au clito, tu peux arrêter là la lecture. Abigail, c’est un savant mélange de porno et de BM thrash. De couche de marcassin et de metal satanique. Abigail est brut, primitif, comme le sont souvent les groupes de BM sud-américains. Mais surtout Abigail est sans concession et son black à fort relents thrash s’en ressent fortement.

Tu noteras de suite que les titres plongent dans l’ambiance sans tarder (Whisky Coke and Bitch ; Sex & Metal ; Sweet Baby Metal Sluts). Et en effet, les 36 minutes que dure cette galette, tu vas les prendre en pleine face. Sans temps morts. Car le black d’Abigail est surtout un prétexte ; un prétexte à faire parler la poudre, les guitares thrash acérées comme des lames de rasoir souillées, qui débitent leurs propos à la vitesse du son.

The Final Damnation ouvre les hostilités avec un départ gorgé de mélodies destiné à leurrer l’ennemi car très vite, comme à son habitude, ce sont des soli de dingue qui frappent en plein cœur l’auditeur perdu (Holocaust by Evil également). Ces soli qui vont à la vitesse de la lumière et qui te découpent avant que la rythmique, grosse batterie en tête, ne pilonne le sol (Blasphemy Night ; Sex and Metal ; Open the Gates of Hell, monstrueux). Quant à la voix, tu la connais déjà : entre hystérie et folie pure, elle colle parfaitement à ce thrash un peu black et lui donne sa coloration unique. L’impression de folie qui se dégage ne doit cependant pas faire oublier l’essentiel : les gars jouent parfaitement de leurs instruments et on est loin du war metal chaotique. Les soli sont merveilleusement exécutés et particulièrement nets. On fait parfois un bon de 30 ans en arrière, à l’époque des premiers Kreator / Exodus.

La vitesse est le maître mot d’Abigail ; elle sied parfaitement aux propos du groupe et au chaos scabreux que constitue leur univers fait de putes et d’alcool. Car le son, relativement organique, un poil cracra, cadre bien également avec la musique. Dans bien des cas, il semble même saisi live (Blasphemy Night ; Whisky Coke and Bitch ; Sex and Metal).

La force du combo tient dans ce mélange subtil entre black et thrash mais aussi dans sa capacité à créer des morceaux inspirés (Sex and Metal et sa progression mélodique jusqu’à l’explosion de violence) et à y injecter des doses de punk qui équilibrent la virtuosité des soli thrash et les aspects primitifs de leur musique (Whisky Coke and Bitch ou Sweet Baby Metal Sluts par exemple). Sur les plans les plus calmes – tout est relatif tout de même – c’est parfois même le heavy qui est appelé en la cause (Whisky Coke and Bitch encore), celui du Motörhead des débuts (Sweet Baby Metal Sluts ) ou encore le Venom de Black Metal (Sex and Metal ; No pain ! No Limit !). Et lorsque la basse s’en mêle – trop rarement à mon goût – la musique du combo prend des atours encore plus séduisants, le pilonnage se faisant plus fort encore (Open the Gates of Hell et sa rythmique ronde écrasante).

Tu auras saisi que j’ai beaucoup aimé cet album. Cela semble bas du front, c’est très technique. Cela semble basique et primitif, c’est hyper travaillé. Si l’on met de côté le revival thrash et son lot de groupes, bien peu peuvent se targuer de la carrière et de l’inspiration d’Abigail. Bien peu peuvent surtout tenir la comparaison. Au concours de celui qui a la plus grande, les japonais devraient vaincre. Et ça devrait leur plaire. Le concours, je veux dire.

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Abigail
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (7)  6.79/10

plus d'infos sur
Abigail
Abigail
Black Thrash - 1992 - Japon
  

tracklist
01.   The Final Damnation
02.   Blasphemy Night
03.   Whisky Coke and Bitch
04.   Sex & Metal
05.   Open the Gates of Hell
06.   No Pain! No Limit!
07.   Sweet Baby Metal Sluts
08.   Holocaust by Evil

Durée : 36:38

line up
parution
30 Septembre 2016

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1997 - Century Media Records
  

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