Zaraza - Spasms of Rebirth
Chronique
Zaraza Spasms of Rebirth
Je dois bien avouer que Zaraza, combo canadien (et un peu équatorien aussi) avait assez largement échappé à mon radar. Spasms of Rebirth est pourtant sont troisième album, après un certain nombre d’autres efforts (EP, demos, live…). Et, d’emblée, le style s’avère ardu, qui mélange un doom très sludge avec des boucles clairement indus. L’ambiance générale de l’album est d’ailleurs franchement indus, le son n’étant pas si éloigné de certains ténors du genre (Ministry grande époque notamment ou encore Godflesh, comme sur Church of Gravity ou Maskwearer).
L’atmosphère désincarnée s’installe sans difficulté tant le son, on l’a dit, est sec et lourd à la fois (Inti Raymi ou Blood.ov.Psychiatrists, Wulkan) et tant l’apport – réel ou simulé – des machines est important. La voix posée, déclamée, renforce l’ambiance mécanique, quasi robotique des morceaux (Church of Gravity, Maskwearer, Roadkill to You). Or, et c’est peut-être là que le bât blesse le plus : si ces premiers titres immergent sans difficulté l’auditeur dans l’univers du groupe, on se surprend à maintes reprises à citer… Ministry et surtout Godflesh, se demandant si on ne s’est pas trompé de disque. Les comparaisons sont légion, jusque dans les quelques boucles electro qui parsèment certains titres, de façon discrète mais suffisamment pour colorer le titre (Maskwearer). L’ambiance de menace larvée, la tension permanente, l’œil rouge de cyborg qui observe dans le noir… tout y est.
Si cet album est clairement une réussite – l’univers global est, on l’a souligné, immersif – le sentiment d’entendre d’autres groupes est parfois gênante. L’apport de mélodies – rare – souvent d’ailleurs de simples tentatives (Inti Raymi par exemple) comme de petites cassures, donnent aux morceaux des allures de reptile qui permettent au combo de sortir de l’ornière de la copie trop parfaite. Mais, dans un style aussi exigeant que l’indus (le bon…), il est souvent bien délicat de marcher sur ses propres terres, surtout quand on arrive tard après les premières batailles. Blood.ov.Psychiatrists, Roadkill to You ou Wulkan, morceaux mid tempo lourds et menaçants, rappellent ainsi presque instantanément Bile (le groupe d’indus, rare lui aussi) et son premier album Suckpump, du son typé au loop electro intégrées dans la structure.
En somme Zaraza est agaçant. Son album est intéressant. Il est franchement bon, dans un genre regorgeant plutôt de médiocres. Mais le sentiment d’entendre toutes les influences du combo est très présent. En soi, ce n’est finalement pas un mal. D’autant que, si on veut se faire les avocats du diable, on peut aussi considérer que le combo canadien permet aux auditeurs d’écouter ce que Ministry ou Godflesh n’ont plus réussi à produire depuis un bail…
| | Raziel 14 Avril 2019 - 713 lectures |
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