chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
228 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Lars Stokstad » Yevy “the Su... »

Canid - Saint Serpentine

Chronique

Canid Saint Serpentine
"Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance."

La citation tirée de La Divine Comédie a tellement été mise à toutes les sauces qu'elle en parait presque intégralement démonétisée. Elle a néanmoins toute sa place ici, même si l'on se rendra vite compte que le désespoir n'est pas précisément le créneau de Canid. Ça serait plutôt "rien, ou l'art de s'y abandonner". En l'occurrence, un nihilisme vaguement ésotérique et citadin, inamical, et quelque peu cacochyme. Canid ne montre pas les dents, il ne lui en reste pas des masses d'ailleurs; il grogne bien un peu, mais au fond il ne semble pas en avoir grand chose à carrer. Il en a marre. Non, il est même bien au-delà de ça. Nihiliste, je vous dis.

Répétitive, sans toutefois l'être réellement, la musique parvient nonchalamment à vous plonger dans un état autre. Quelque peu anesthésié, vous pénétrez ainsi le brouillard, la neige d'un vieux récepteur TV analogique. Seuls des petits bruits chroniques et inquiétants font mine de maintenir votre esprit en alerte, mais en vérité, ils accroissent le malaise, et la sensation d'un glissement se fait lentement, inexorablement, plus prégnante. C'est relativement sale ici, mais il se dégage une sorte d'étrange élégance surannée, austère, Jazz, pour ainsi dire. Pas franchement terrifiant de prime abord, mais pour qui a déjà vu le Stalker de Tarkovski, on se sentirait presque avoir pénétré la Zone. La décrépitude est partout. Ils avaient pourtant l'air inoffensifs, ces petits crissements erratiques... Désabusé, dégingandé, distant, le morne Doom / Black Metal de Canid est tout ça. Lui qui n'est rien, c'est déjà énorme ! Surtout que le charme contre-nature fonctionne. Si bien que l'on pourrait ne pas voir venir le coup bas, serpentant dans l'obscurité, l'humeur maussade. Peut-être même qu'on ne le ressentira pas sur l'instant, mais j'ai bien peur que le poison de cette noirceur neurasthénique coule d'ores et déjà dans nos veines. Les bruits parasites reprennent... avaient-ils vraiment cessé ? Saurait-on encore le dire, alors que tout semble désormais si loin.

À peine trente-cinq minutes viennent de s'écouler à l'écoute de Saint Serpentine. L'impression persistante que c'était plus que ça, et simultanément, aucune sensation d'avoir trouvé le temps long. Un paradoxe, mais sûrement pas un hasard. Il faut bien le reconnaitre, le duo à l’œuvre, dont un certain Vvaake que l'on connait déjà pour son travail au sein de Vual, fait preuve d'un savoir faire indéniable dans l'artisanat d'un riffing "noir c'est noir", et également d'une inventivité, discrète mais certaine, dans la "construction" de ces morceaux, même si le terme déjà utilisé plus haut de glissement me semble plus à propos. Tout coule de source, de sobre manière, fort habilement.

Le groupe se revendique comme un rejeton -forcément bâtard- de Beherit, Winter, et Amebix, pour n'en citer que quelques-uns, et je m'en voudrais de le contredire. Mais Canid offre tout de même largement plus qu'un bête hommage, aucun doute là-dessus.

"Donny: Are these the Nazis, Walter ?
Walter Sobchak: No Donny, these men are nihilists. There's nothing to be afraid of."

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Canid
Doom / Black Metal
2021 - Indépendant
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Canid
Canid
Doom / Black Metal - 2017 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Eschatology  (07:24)
02.   Lasa Dhal  (04:26)
03.   Antediluvian Filth Eternal  (03:36)
04.   I.A.H.I.  (04:32)
05.   Saint Serpentine  (04:44)
06.   The Circle Closes In  (05:26)
07.   A Spill from the Ossuary  (04:10)

Durée : 34:18

parution
6 Août 2021

Essayez aussi
Malemort
Malemort
Individualism, Narcissism, Hedonism

2017 - Prison Tatt Records
  
Head of the Demon
Head of the Demon
Sathanas Trismegistos

2016 - Invictus Productions / The Ajna Offensive
  
Empyrium
Empyrium
Über den Sternen

2021 - Prophecy Productions
  
Ertéktelen
Ertéktelen
Mértéktelen

2021 - Indépendant
  
THOD
THOD
Asklepios

2023 - Indépendant / WormHoleDeath
  

Terminal Death
Terminal Death (Compil.)
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Centinex
With Guts And Glory
Lire la chronique
Entretien avec Anthares
Lire le podcast
The Ultimate Soul Grinding Festival - Last Inhumate Show Ever
Illegal Corpse + Inhumate +...
Lire le live report
Warfield Within
Rise of Independence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
R.B.Band
Chains of silence (EP)
Lire la chronique
Ordered To Kill
Endless War
Lire la chronique
Reabilitator
Fucking Thrasher
Lire la chronique
Hexecutor
…Where Spirit Withers In It...
Lire la chronique