chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
270 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Phobos » Dark Fury »

Canid - Saint Serpentine

Chronique

Canid Saint Serpentine
"Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance."

La citation tirée de La Divine Comédie a tellement été mise à toutes les sauces qu'elle en parait presque intégralement démonétisée. Elle a néanmoins toute sa place ici, même si l'on se rendra vite compte que le désespoir n'est pas précisément le créneau de Canid. Ça serait plutôt "rien, ou l'art de s'y abandonner". En l'occurrence, un nihilisme vaguement ésotérique et citadin, inamical, et quelque peu cacochyme. Canid ne montre pas les dents, il ne lui en reste pas des masses d'ailleurs; il grogne bien un peu, mais au fond il ne semble pas en avoir grand chose à carrer. Il en a marre. Non, il est même bien au-delà de ça. Nihiliste, je vous dis.

Répétitive, sans toutefois l'être réellement, la musique parvient nonchalamment à vous plonger dans un état autre. Quelque peu anesthésié, vous pénétrez ainsi le brouillard, la neige d'un vieux récepteur TV analogique. Seuls des petits bruits chroniques et inquiétants font mine de maintenir votre esprit en alerte, mais en vérité, ils accroissent le malaise, et la sensation d'un glissement se fait lentement, inexorablement, plus prégnante. C'est relativement sale ici, mais il se dégage une sorte d'étrange élégance surannée, austère, Jazz, pour ainsi dire. Pas franchement terrifiant de prime abord, mais pour qui a déjà vu le Stalker de Tarkovski, on se sentirait presque avoir pénétré la Zone. La décrépitude est partout. Ils avaient pourtant l'air inoffensifs, ces petits crissements erratiques... Désabusé, dégingandé, distant, le morne Doom / Black Metal de Canid est tout ça. Lui qui n'est rien, c'est déjà énorme ! Surtout que le charme contre-nature fonctionne. Si bien que l'on pourrait ne pas voir venir le coup bas, serpentant dans l'obscurité, l'humeur maussade. Peut-être même qu'on ne le ressentira pas sur l'instant, mais j'ai bien peur que le poison de cette noirceur neurasthénique coule d'ores et déjà dans nos veines. Les bruits parasites reprennent... avaient-ils vraiment cessé ? Saurait-on encore le dire, alors que tout semble désormais si loin.

À peine trente-cinq minutes viennent de s'écouler à l'écoute de Saint Serpentine. L'impression persistante que c'était plus que ça, et simultanément, aucune sensation d'avoir trouvé le temps long. Un paradoxe, mais sûrement pas un hasard. Il faut bien le reconnaitre, le duo à l’œuvre, dont un certain Vvaake que l'on connait déjà pour son travail au sein de Vual, fait preuve d'un savoir faire indéniable dans l'artisanat d'un riffing "noir c'est noir", et également d'une inventivité, discrète mais certaine, dans la "construction" de ces morceaux, même si le terme déjà utilisé plus haut de glissement me semble plus à propos. Tout coule de source, de sobre manière, fort habilement.

Le groupe se revendique comme un rejeton -forcément bâtard- de Beherit, Winter, et Amebix, pour n'en citer que quelques-uns, et je m'en voudrais de le contredire. Mais Canid offre tout de même largement plus qu'un bête hommage, aucun doute là-dessus.

"Donny: Are these the Nazis, Walter ?
Walter Sobchak: No Donny, these men are nihilists. There's nothing to be afraid of."

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Canid
Doom / Black Metal
2021 - Indépendant
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Canid
Canid
Doom / Black Metal - 2017 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Eschatology  (07:24)
02.   Lasa Dhal  (04:26)
03.   Antediluvian Filth Eternal  (03:36)
04.   I.A.H.I.  (04:32)
05.   Saint Serpentine  (04:44)
06.   The Circle Closes In  (05:26)
07.   A Spill from the Ossuary  (04:10)

Durée : 34:18

parution
6 Août 2021

Essayez aussi
Predatory Light
Predatory Light
Predatory Light

2016 - Invictus Productions
  
Maïeutiste
Maïeutiste
Maïeutiste

2015 - Les Acteurs de l'Ombre
  
Hellvetron
Hellvetron
Trident Of Tartarean Gateways

2019 - Iron Bonehead Productions
  
The Austrasian Goat
The Austrasian Goat
The Austrasian Goat

2007 - I Hate Records / 213 Records
  
Eibon
Eibon
Eibon (EP)

2008 - Aesthetic Death
  

Through The Eyes Of The Dead
Disomus
Lire la chronique
Motocultor 2026 - Live Report
Lire le dossier
Exumer
Death Mask Messiah
Lire la chronique
Interview avec HEART ATTACK
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Ninth Realm
Damnation's Veil
Lire la chronique
Mucky Pup
Lemonade
Lire la chronique
D.R.I.
4 Of A Kind
Lire la chronique
Orph
Dead (EP)
Lire la chronique
Maidenhead
Maximum Clonage
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warthrash
No Light Shall Remain
Lire la chronique
Uncontrolled
…No Hope (EP)
Lire la chronique
Forced Entry
Uncertain Future
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Eradikated
Wiring Of Violence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Crossover
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique
Vice & Rale
Infection fatale (EP)
Lire la chronique
Extinct
In Conspiracies We Trust
Lire la chronique
D.R.I.
Dealing With It!
Lire la chronique
Cro-Mags
Near Death Experience
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
Hellfest 2026 - Tales From The Pit
Lire le dossier
Endless
Incantation of Darkness
Lire la chronique
Pro-Pain
The Truth Hurts
Lire la chronique
Bewitched
Diabolical Death Mass
Lire la chronique
Exorcizphobia
Neurosis Unbound
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère