Quatre ans, deux mois et cinq jours après un premier EP accueilli ici avec enthousiasme, les Canadiens de Disembodiment signaient leur retour le 11 juillet 2025 avec la sortie sur Everlasting Spew Records de ce premier album naturellement très attendu par ceux qui avaient été emballés à la découverte de
Mutated Chaos modeste première contribution tout à fait réjouissante. Alors pourquoi tous ces mois de retard me direz-vous ? Eh bien parce qu’il faut faire des choix et qu’à force de repousser l’échéance, j’ai fini par laisser filer ce disque dans les méandres de mes chroniques en attente (chroniques non-rédigées qui servent surtout à marquer mon territoire et indiquer aux autres chroniqueurs parfois mal-éclairés ou tout simplement tête en l’air que telle ou telle sortie est ainsi chasse gardée).
Intitulé
Spiral Crypts, ce premier longue-durée qui n’a de long que le nom (trente minutes seulement au compteur) voit le retour des frères Choquette et de leurs deux comparses avec dans leur besace huit nouveaux morceaux à se mettre sous la dent. Pas de quoi s’étouffer diront les plus chafouins mais on pardonnera bien volontiers surtout face à un tel artwork offert en guise d’illustration. Moche comme un pou mais vraisemblablement content d’être là à en juger par ce grand sourire plein de dents et ses yeux pétillants, notre malheureux personnage présent au premier plan pousse l’auditeur curieux à la découverte, encore plus avec ces couleurs vives bien dégueulasses qui vous agressent la rétine. Un travail signé Slimeweaver (Ashen Tomb, Cryptic Brood, Cryptic Hatred, Grave Hex, Necrotum, Unhearthly Rites...) qui ne manquera pas d’attirer le regard des personnes de goût comme vous et moi.
Cependant, au-delà de cette illustration bien plus saillante que celle qui orne la version CD de son premier EP, la question que certains pourraient se poser à la découverte de ce premier album est surtout de savoir si Disembodiment a mis à profit ces quatre années d’absence pour affiner sa formule, sortir des clous et tenter d’apporter un petit peu de fraîcheur et de nouveauté à une recette jusque-là calquée sur celles de quelques grands anciens à commencer par Incantation et Rottrevore. Eh bien sans surprise la réponse est « non » et si vous avez un problème avec ça alors mieux vaudrait passer dès à présent votre chemin car vous ne trouverez rien chez ces Canadiens qui sortent un tant soit peu de l’ordinaire.
Ainsi avec des titres aussi parlants que "Morbid Infestation", "Putrification", "Larval", "Infected To Rot" ou bien encore "Sentient Inorganic Mess", le groupe originaire de Sherbrooke laisse évidemment peu de doute planer quant aux thématiques abordées et aux atmosphères développées tout au long de cette petite demi-heure. On renoue ainsi sans grande surprise avec la crasse, l’étrange, le cauchemardesque et l’horrifique qui caractérisaient déjà son précédent EP et cela au son de compositions qui n’ont rien de bien nouveau à offrir mais qui, le temps qu’elles durent, remplissent parfaitement leur office et font, disons-le sans détour, de ce premier album une réussite. Car Disembodiment a beau se contenter de marcher dans les pas de groupes ayant à leur époque contribué à façonner le Death Metal, celui-ci le fait néanmoins avec l’art et la manière. Produit avec soin
Spiral Crypts propose donc pendant trente minutes tout ce que l’on peut attendre d’un disque notamment influencé par Incantation. Une filiation qui, outre ce growl relativement profond, semble surtout évidente lors de ces nombreuses accélérations particulièrement soutenues qui ponctuent chacune de ces huit compositions mais aussi et dans une moindre mesure lors de certains passages menés par les Canadiens avec plus de retenue et de pesanteur comme sur "Stygian Overture" ou "Spiral Crypts".
Néanmoins, si le Death Metal de Disembodiment pue en effet Incarnation à pleines narines, on trouve tout de même dans sa musique une touche contemporaine qui permet d’assoir définitivement la formule des Canadiens dans l’air du temps. Cela passe par quelques séquences de toupa-toupa un brin pataudes notamment sur "Larval" mais aussi et surtout par un sens du groove qui colle effectivement très bien à l’époque. Attendez-vous ainsi à chalouper à maintes reprises comme sur "Morbid Infestation" et sa mise en route imparable, "Spiral Crypts" à 0:16 et 2:39, "Putrification" à 0:10, 1:12 et 2:09, les premiers instants d'"Infected To Rot" ou bien encore "Sentient Inorganic Mess" à 1:27.
Toujours dans l’idée d’apporter du contraste et de la nuance à un album mené globalement tambour battant,
Spiral Crypts offre également beaucoup de passages tantôt mid-tempo tantôt bien plus lourds. Et comme varier les plaisirs est vraisemblablement un leitmotiv pour les Canadiens, ces moments sont aussi systématiques que toutes ces accélérations auxquelles ils s’opposent. Enfin, avec l’appui de Christian Lacroix (pas le couturier bande de petits malins) et Carl Choquette au chant, Disembodiment apporte également de temps à autres quelques nuances vocales bien senties même si plus sporadiques (un chat notamment plus arraché et bien moins guttural pour un soupçon de hargne supplémentaire). Pas de quoi crier au génie évidemment mais on appréciera néanmoins.
Attendu quelque peu au tournant après un premier EP prometteur qui sans rien révolutionner avait tout de même permis de mettre les Canadiens sur nos radars, ce premier album vient donc confirmer les bons mots adressés à leur égard. Rien n’a vraiment changé chez nos quatre gaillards mais à l’écoute de ces huit nouvelles compositions à la fois punitives, groovy et nuancées c’est très bien comme ça. On sera tous d’accord pour affirmer que Disembodiment n’a rien de neuf à offrir et c’est probablement ce qui tiendra à l’écart les plus fines-bouches d’entre vous mais à titre personnel ces trente minutes font à chaque fois leur effet sur ma petite personne. Un constat que je ne dois pas être le seul à partager.
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