Crush Your Soul - Ice Water
Chronique
Crush Your Soul Ice Water
Actif depuis 2024 et réunissant autour de Jason Petagine (Mindforce, Pillars Of Ivory, Colossus, No Souls Saved...) des membres de Scarab, Simulakra, Gridiron, Recycled Earth et Final Resting Place (soit la fine fleur d’une nouvelle scène Hardcore américaine particulièrement virulente), Crush Your Soul est déjà l’auteur de deux démonstrations (Crush Your Soul (2024) et Living Gracious (2025)) ainsi que d’un premier album qui vient tout juste de paraître. Présenté comme un projet influencé autant par Leeway que par Merauder, j’ai forcément très vite eu envie de vous en parler. Pourtant je n’en ai jamais rien fait, probablement parce que ces deux démos souffrent d’un petit problème de rythme induit dans les deux cas par un trop grand nombre d’interludes à l’intérêt pour le moins très limité (certains étant même d’ailleurs assez gênants). M’enfin me connaissant, il y a quand même des chances pour que j’y revienne un de ces quatre histoire de bien faire les choses...
Baptisé Ice Water, ce premier album annoncé pour le mois de mars aux formats CD et vinyle mais d’ores et déjà disponible un petit peu partout sur Internet voit le groupe réitérer sa collaboration avec le label Streets Of Hate. Comme pas mal d’autres sorties associées à cette nouvelle scène Hardcore, l’illustration de ce dernier n’est clairement pas son point fort même si à titre personnel je la trouve plutôt ok (rien d’extraordinaire, on est d’accord, mais je n’ai pas pour autant envie de détourner le regard à chaque fois que je la vois). D’ailleurs l’essentiel n’est pas là mais bel et bien dans ces neuf nouveaux morceaux parmi lesquels, alléluia, une courte introduction ("Since I Was A Child"), un interlude pas beaucoup plus long ("Memories") et une conclusion proposée sous la forme d’un titre Rap simple et dépouillé mais néanmoins pas désagréable avec notamment un featuring des rappeurs Felons et Estee Nack. Les plus mauvaises langues ne se priveront pas pour affirmer que cela fait tout de même un tiers de titres dispensables sur un album affiché à un petit peu moins de dix-huit minutes mais pour ma part, j’apprécie de ne pas avoir à me farcir d’incessants palabres à la sauce ghetto et autres samples au goût plus ou moins douteux entre chaque morceau...
Torché en moins de temps qu’il en faut pour le dire, Ice Water n’est pas en mesure d’avancer des chiffres particulièrement impressionnants. Cependant, cela ne va pas l’empêcher de jouer les gros bras au son d’un New York Hardcore métallique qui outre Merauder et Leeway, rappelle également un certain All Out War. Des références qui ne sont évidemment pas pour me déplaire même si les esprits les plus chafouins ne manqueront pas de souligner, à raison, le manque total d’originalité dont fait preuve en effet Crush Your Soul.
Mais ce genre de petit détail a-t-il déjà disqualifié un quelconque disque de Hardcore ? Absolument pas... Aussi c’est sans surprise que cette formule cousue de fil blanc proposée par ces musiciens talentueux aux réputations bien installées dans le milieu parvient à me convaincre écoute après écoute. Certes, l’album est expéditif et les titres également assez concis (pas un seul morceau ici ne dépasse les deux minutes) mais tout y est réuni pour séduire l’amateurs de Metal / Hardcore viril à la sauce new-yorkaise. De ces quelques samples dont je ne connais pas la source servis sur fond de musique Soul et qui entretiennent un côté "gangsters nostalgiques" typique de New York, au chant parfaitement reconnaissable d’un Jason Petagine dont le timbre un brin nasillard contribue assurément à apporter un peu de charme supplémentaire aux projets auxquels il participe en passant par tous ces riffs sombres à l’ADN Thrash tout à fait évident (l’ombre de Slayer continue de planer un peu partout sur ces dix-sept minutes) mais à l’interprétation définitivement Hardcore, ce groove urbain toujours aussi irrésistible et ces quelques featuring signés Malice At The Palace, Missing Link, Blvd Of Death et Silver, rien ne manque à un cahier des charges "NYHC" scrupuleusement respecté.
Servi par une production tout aussi musclée que la musique qu’elle sert, Ice Water déroule ses hymnes chaloupés taillés pour la bagarre et autres démonstrations de force particulièrement physiques avec une assurance des plus grisantes. Et si les accélérations ne sont pas nombreuses chez Crush Your Soul (seul le morceau "To NY" bouclé en moins de deux minutes voit effectivement le groupe s’adonner à cet exercice sur fond de cavalcade entrainante), la batterie offre grâce à quelques tapis de double plus ou moins marqués suffisamment de contrepoints dynamiques à ces nombreux breaks qui constituent la norme rythmique des compositions proposées par les Américains. Faite pour mosher et jouer les durs au son de riffs "bad boy" et de breaks tous plus redoutables et jouissifs les uns que les autres, la musique de Crush Your Soul reprend ainsi à son compte tous les poncifs du genre avec un talent et un sens de l’efficacité absolument indiscutables. De "Style Dominates" à "Ice Water" en passant par "Devil To Pay", "To NY", "Cento Vite" ou "Shadow Without The Dark", pas une seconde ne se passe sans que l’on ressente l’irrépressible envie d’envoyer du moulinet, du high-kick et autres mouvements de Karate Dance Style.
S’il est désormais trop tard pour espérer marquer significativement et durablement la scène New York Hardcore comme ont pu le faire en leurs temps des groupes tels qu’Agnostic Front, Cro-Mags, Madball, Merauder, Sick Of It All ou All Out War, il n’empêche que cette jeune génération de groupes (pour la plupart très unis) reste à pied d’œuvre pour porter fièrement l’héritage de ses ainés et ainsi continuer à le faire vivre à travers des entités qui manquent peut-être d’originalité mais qui parviennent à compenser haut la main ce point par une efficacité tout à fait redoutable. Crush Your Soul est naturellement de ces groupes et même si son Hardcore renvoie effectivement à quelques noms de la scène new-yorkaise, difficile de ne pas se prêter au jeu à l’écoute de titres particulièrement bien ficelés qui n’inventent rien mais font alors rudement bien leur boulot.
| | AxGxB 5 Février 2026 - 353 lectures |
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