Souvent, plutôt que de partir en quête des dernières nouveautés (le rythme des sorties est tel que je finis de toute façon par m’y perdre) j’aime à me replonger dans les albums du passé afin de parfaire mes connaissances. C’est ainsi que, de bonds en rebonds, j’ai fini par m’intéresser à ce
Serenadium, premier album d’
INIQUITY que je connaissais de nom (la pochette de
Grime en 2001 tournait pas mal dans les magazines) mais que je n’avais jamais pris le temps de découvrir.
En y regardant bien, c’est un peu une carrière de
beautiful loser comme on les aime, à commencer par un disque fondateur en 1996 que le groupe ne parviendra jamais à égaler. D’ailleurs, je ne sais pas s’il existe des équivalents mais entre cette sortie de 1996 et
Five Across the Eyes de 1999, il n’y a plus aucun membre d’origine. Je peine à y croire et je comprends mieux pourquoi le groupe sonne si différemment par la suite, de mémoire je n’ai jamais vu un tel vidage de substance. Conséquence directe ou non, la formation n’a jamais eu droit à autre chose qu’un maigre succès d’estime, les Danois végétant pour l’éternité dans un relatif anonymat. Enfin, il fallait une tragédie pour parachever l’histoire : le décès en 2011 de
Brian Petrowsky, vocaliste originel. Cela est d’autant plus regrettable que l’homme n’a plus jamais rien enregistré après ce LP, nous privant définitivement de son organe guttural pourtant méritoire.
Pour revenir au contexte de l’époque, les musiciens avaient déjà eu l’occasion de se faire la main sur deux démos,
Entering Deception en 1992 suivie de
Promo 93 avant de frapper d’emblée très fort même si la même année sortait
Vile. Conséquence immédiate lors de l’écoute :
INIQUITY sonne comme une formation ayant au moins cinq ans de retard sur la scène
brutal death d’alors. Est-ce préjudiciable ? Le plaisir en est-il amoindri ? Aucunement. En effet, une fois passée la longue introduction de « Tranquil Seizure » dont le tempo ralenti me laissait à penser que j’allais découvrir un bon vieux
doom death des familles, nous entrons de plain-pied dans un registre évidemment
old school pour des oreilles modernes mais qui, au moment de sa parution, draguait religieusement sur les berges de
SUFFOCATION (eux aussi très en avance en termes de
brutal death) concernant les ralentissements soudains ou encore d’
INCANTATION pour la lourdeur crasse de nombreux passages, « Encycled and Dormant » par exemple. Cependant, les résidents de Copenhague ne sauraient être qualifiés de suiveurs ou d’opportunistes. En effet, en écrivant des morceaux relativement longs (deux compositions sont à plus de six minutes), la formation se laisse la possibilité de développer des ambiances qui lui sont propres, à l’image du clavier en conclusion de « Spectral Scent », ce qui confère à
Serenadium un parfum assez unique en dépit de ses références marquées, le
riffing de « Son of Cosmos » rappelant l’incontournable
CANNIBAL CORPSE.
Ainsi, grâce à ce premier album, le quatuor se démarque profondément de la scène nationale, davantage accès sur un
death puissant et
groovy, pour se rapprocher du style américain, plus malsain peut-être et fricotant déjà avec le
doom voire le
slam en tant que précurseur du genre. Ici, peut-être manque-t-il un soliste d’envergure car
Lars Friis n’a pas encore la carrure nécessaire pour concurrencer un
Terrance Hobbs ou la paire du monstre de Buffalo mais comme les compositions sont essentiellement construites autour des rythmiques, c’est un bémol qui ne pèsera pas lourd au moment d’attribuer la note.
Bilan : je ne regrette absolument pas d’avoir pris le temps de me plonger dans
Serenadium, néanmoins conscient que le reste de la discographie est voué à rester dans l’ombre, n’ayant rien de particulier à raconter sur
Five Across the Eyes ou
Grime, des sorties à connaître pour l’aspect historique mais qui d’un point de vue strictement musical ne justifient pas à mon sens une analyse plus poussée. Un sacré gâchis que cette carrière.
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