Sans être révolutionnaires, qui l’est encore de nos jours, les Allemands de
UNINHIBITED m’avaient fait une très bonne impression avec leur précédent EP
Scourge, aussi espérais-je un niveau au moins égal pour le dernier venu,
From Flesh to Void. Sans surprise, la formation ne déçoit pas, voire confirme son talent.
Déjà parce qu’elle sait soigner ses
artwork et que ce vilain crapaud démoniaque cracheur de feu me charme au plus haut point. La pochette rompt avec l’imagerie précédemment utilisée, plus classique (cornus en tout genre, anges déchus…), tout en restant attractive, originale. À quelques détails près (ce bras malingre au-dessus de la griffe de l’animal, ce personnage inutile en haut à gauche, ces petits diablotins aux finitions hélas approximatives) elle me ravit les yeux, en attendant d’en prendre plein les oreilles.
Musicalement, si vous aviez été réceptifs aux productions passées, alors rien dans ces six titres ne devrait être un motif de rupture. En effet, le duo poursuit sur sa lancée en composant un
death metal parfois à la frontière du
brutal, essentiellement rythmique pour un rendu aussi finaud qu’un parpaing. Autrement dit, en termes d’efficacité pure, les vingt-trois minutes se posent là, défiant la concurrence du regard. Le style est musculeux, porté par une production puissante évitant la surcompression afin de laisser respirer les rares envolées de guitares, c’est impeccable. En revanche, s’il fallait évoquer la personnalité de la formation, je serais déjà plus en peine pour chanter ses louanges.
En effet, en dépit de la qualité de l’exécution tant dans les pointes de vitesse que lors des freinages radicaux, les influences restent encore trop identifiables, rompant parfois le charme de l’écoute. Par exemple, au jeu des sept familles, dans le
brutal deathcore je demande l’oncle
DYING FETUS (le riff introductif de « Choosing Death » est signé), dans le
death moderne, je demande le grand frère
GOJIRA (les ralentissements et cassures de « Blood Baptized » m’évoquent la démo
Possessed de 1997), dans le
djent, je demande le père fondateur
MESHUGGAH (l’introduction de « When I Became Godless »), enfin dans le pur
death metal je demande le grand-père
HATE ETERNAL (le développement global de « Choosing Death » par exemple mais les jonctions sont nombreuses). Pourtant, une fois que tout est mélangé dans la petite marmite à potion magique, ça coule tout seul au fond de la gorge, un vrai bonbon.
La raison en est simple, le résultat est simplement carton. J’adore le tempo de trépané de « Blood Baptized » qui plante de gros bouts de
hardcore dedans, j’adore le chant aussi guttural que naturel de
Basti qui assure ici une performance de haut vol, son compère
Marco s’avérant un tueur aux différents instruments pratiqués. Un boulot sérieux donc à qui je pardonne volontiers ses clins d’œil appuyés à des références finalement difficilement contournables dès lors qu’on évolue dans ce registre massif.
Par conséquent, je suis désormais en attente d’un LP. Il ne sera probablement pas beaucoup plus long mais je reste sur ma faim avec cette sortie dont les bienfaits ne demandent qu’à s’exprimer sur deux ou trois pistes supplémentaires, rallonge qui permettra de définitivement inscrire le nom de
UNINHIBITED sur le fronton des nouvelles valeurs sûres européennes.
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