Il aura fallu une bonne dizaine d’années à la formation italienne pour refaire parler d’elle après un premier album éponyme paru en 2017 chez
Seance Records. Aujourd’hui, c’est la maison française
Remparts Productions qui héberge le combo, le temps n’ayant en rien émoussé le sérieux de son
black metal occulte.
MASCHARAT ne paye pas de mine de prime abord. Un logo en fagot, des pseudonymes peu effrayants (
Cutirons prononcé à la française, ce n’est guère fameux), un nom d’album en latin (
Ars Aurea Mortis) et, enfin, une pochette dessinée qui si elle a le mérite de l’authenticité manque néanmoins d’atmosphère en dépit de son symbolisme fort. Rien ici ne m’incitait particulièrement à m’intéresser à ces huit compositions, six en retranchant l’introduction et l’outro comme souvent dispensables. J’aurais pourtant eu tort de faire la fine bouche car le quatuor n’a clairement pas perdu la main durant cette décennie passée et je soupçonne les musiciens d’en avoir profité pour poursuivre quelques quêtes annexes afin de rester dans la course.
Oh rien de grandiose ici, « phénoménal » ne sera pas de la liste des adjectifs que j’emploierai. Cependant, avec le minimum d’effets, la mystérieuse troupe parvient à développer des ambiances mortifères notamment grâce au chant particulièrement maléfique de
Hellequin, personnage du folklore médiéval conduisant une troupe de démons. Un surnom plutôt bien trouvé pour ce vocaliste au timbre surprenant, davantage raclé qu’hurlé et qui contribue à sa façon à l’atypisme de
MASCHARAT. Quant au style en lui-même, le LP semble plonger ses racines dans le
metal noir des années 90, début 2000, alors que l’on retrouvera un peu de ce sentiment de décrépitude qui habite souvent les formations transalpines. Une forme de décadence s’exprimant au travers de titres relativement longs et aux tempos majoritairement lancinants.
Il demeure que pour ce registre ésotérique ou ritualiste, je n’aurais pas été contre quelques claviers qui auraient su apporter une grandeur, une emphase en allant là où les guitares s’arrêtent, de même que quelques solos bien sentis auraient contribué à varier les plaisirs. En effet, si la troupe sait à l’occasion se montrer féroce (« Citrinitas ») au détour d’accélérations salutaires, les riffs ne sont que peu variés. Je suis conscient que ce climat anxiogène est en partie construit sur ce principe de boucles au sein desquelles l’intensité des émotions varie, moins de répétition serait pourtant un atout décisif au moment de se demander si oui ou non on relance l’album car s’il a la fraîcheur des vielles cryptes royales ainsi que le parfum des rites initiatiques, entre encens entêtant et odeur de vaseline de quelques vestales au corps bientôt souillé, la sortie m’apparaît coincée dans le ventre-mou du championnat, capable de talentueux éclairs (le milieu de « Nigredo » par exemple) mais encore trop inconstant pour susciter la ferveur populaire.
Ars Aurea Mortis marque le retour d’une formation que tout le monde avait certainement oubliée, il y a indubitablement une identité forte derrière ces compositions longuement muries, je reste toutefois persuadé que ce n’est qu’un échauffement et que la suite sera largement meilleure.
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