Ellende - Zerfall
Chronique
Ellende Zerfall
Lukas Gosh est né en 1990, plus ou moins en même temps que le black metal, en fait. Ainsi, il n’avait que 21 ans en 2011 lorsqu’il a monté cette formation. Il appartient à une génération qui a découvert le style alors qu’il était déjà bien avancé et que de nombreuses branches avaient été inventées. C’est peut-être pour cela qu’il se moque des étiquettes et ne bronche pas lorsqu’il est affilié au post-black. Il préfère toutefois dire simplement qu’il propose du black metal auquel il ajoute le style qui l’a bercé durant son enfance : le classique. Effectivement, il a lui-même commencé avec le piano et s’est rapidement passionné pour Beethoven et Chopin. Et s’il y fait appel, c’est parce qu’il y ressent des éléments tragiques et lourds qui permettent d’accentuer le caractère majestueux et mélancolique de ses compositions.
Et Lukas a eu plus que jamais besoin, sur ce sixième album, d’ajouter des émotions fortes à ses morceaux, car son frère Philipp est tragiquement décédé dans la fleur de l’âge et il a ressenti la nécessité d’en parler à travers son art. Que ce soit au niveau des paroles, des instruments ou des ambiances, une atmosphère empreinte de nostalgie règne durant cinquante minutes. Mais attention, elle n’est pas nécessairement sombre ni désespérée. Elle déploie même toute une palette de sensations variées, toutes celles qui peuvent accompagner un deuil. Les neuf compositions évoquent ainsi la peine liée à la perte d’un proche, mais aussi la colère, l’incompréhension, le souvenir… On imagine aisément que les courts samples de cloches de vaches sur « Wahrheit Teil I » renvoient à une enfance passée entre frères à la montagne, un doux souvenir qui trouve un écho terrifiant plus tard sur « Reise », lequel contient des extraits de messages téléphoniques et se termine par la tonalité d’un téléphone qui ne répondra sans doute plus jamais. Même s’il ne s’agit pas des véritables messages laissés à Philipp, on y pense, et l’on se souvient que, nous aussi, il nous est arrivé de contacter quelqu’un qui ne pouvait plus nous répondre.
Cet album est riche, comme ses prédécesseurs ont pu l’être. Les rythmes sont très variés, les instruments utilisés également, et des samples viennent ajouter des sensations différentes. Mais il bénéficie de son contexte tragique et donne l’impression d’avoir davantage de substance, d’être plus profond. C’est pour cette raison qu’il est parvenu à me toucher et à me convaincre encore un peu plus que
Ellenbogengesellschaft ou
Todbringerin.
Le point négatif le plus gênant ? Le fait que les deux titres bonus ne soient accessibles que sur le vinyle, pas sur le CD...
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