« Méchant comme une teigne », j’ai toujours aimé cette expression imagée aujourd’hui hélas tombée en désuétude (je crois qu’on dit désormais « il fait genre, ce FDP »). Il existe plein de disques qui mériteraient qu’on leur accole cette phrase, je vais de ce pas en ajouter un à la liste.
En novembre 2025,
Lestat notait dans son
live report que
TEIGNE était « le coup de cœur de plusieurs spectateurs ». Je n’en doute pas un instant à présent, même si
Résilience est davantage un coup de boule. Certes les Lillois n’ont pas inventé la poudre à récurer les casseroles mais le trio se montre vraiment malin dans son approche de la musique extrême.
En effet, en mélangeant des éléments purement
grindcore (80% du disque) parfois proche d’un
NASUM avec des influences typiquement
powerviolence (« Unmasked »), une grosse dose de
hardcore metal américain voire du
sludge (« Bullshit »), le groupe parvient en quinze titres (trois étant hérités de l’EP
Show Me Your Pain de 2024) à balancer une énorme mandale aussi variée qu’homogène. Variée parce qu’au fil des chansons les tempos évoluent, ne restant pas systématiquement bloqués dans le rouge et ce sont bien ces énormes ralentissements (« Desolation ») propices aux
pits sauvages qui mettent d’autant mieux en exergue la sauvagerie des accélérations, prépondérantes. Homogène car la personnalité se montre forte quelle que soit la saveur dominante.
De plus, la vocaliste en impose salement. Son chant haineux (« Noise ») sait prendre des intonations parfois plus graves, presque growlées, là encore une versatilité qui bénéficie à des morceaux ne restant jamais dans l’immobilisme, les deux pieds dans le même sabot comme disaient les anciens. Ainsi, « Outlive » flirte avec le
post core de la plus belle des façons, ce léger assagissement placé en milieu d’album permettant de souffler avant de se bouffer la déflagration « Human Amalgam » à l’inspiration très
NAPALM DEATH.
En mélangeant ainsi des titres courts et brutaux à des compositions plus longues qui ne filent pas systématiquement pied au plancher, je pense à un croisement entre
BLOCKHEADS et
INSIDE CONFLICT, trouvant notamment de nombreux parallèles entre ce
Résilience et
Spherical Mirage (2004), particulièrement dans la capacité qu’avait ce dernier à brasser des registres différents afin d’en extraire le meilleur, les ingrédients les plus efficaces. Ainsi, en digne héritier d’une floppée de formations françaises ayant cartonné les scènes du monde entier, le trio se met en position pour être autre chose qu’un solide
outsider, cette sortie ayant de quoi faire rendre gorge à plus d’un. Je noterai également le soin apporté à la production dont le caractère massif colle parfaitement à l’esprit de ces rythmiques ciselées d’où nul larsen ne s’échappe.
À titre personnel les visages qui me séduisent sont ceux proposés dans « Suicide » : le
grind carnassier et le
hardcore bas du front qui donnent envie de dégoupiller.
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB