TREPONEM PAL absent de
Thrashocore, le mal est aujourd’hui réparé. Les Parisiens absents de
Metal Archives alors qu’on y trouve
MINISTRY,
KILL THE THRILL,
DEE N DEE et des centaines d’autres formations plus confidentielles de
metal industriel, cela est plus difficilement compréhensible.
La tentation serait grande de débuter par un panégyrique de la carrière de
Marco Neves et sa bande mais, pour être totalement franc, je n’ai jamais vraiment été amateur de l’éponyme (1989), ni d’
Aggravation (1991), même
Excess and Overdrive (1993) généralement reconnu comme étant la pierre angulaire de la discographie a toujours peiné à trouver chez moi une oreille totalement favorable. Pourquoi parler de
Higher alors ? D’autant que ce LP a certainement marqué une rupture avec le public qui le suivait jusqu’alors, la faute à ce virage
funk dub reggae qui, en 1997, m’avait complètement largué lorsque j’avais acheté la cassette, virage qui trouvera son aboutissement logique dans le projet parallèle
ELEPHANT SYSTEM de 2001.
Il reste que pour apprécier convenablement ce quatrième album il s’agira de mettre de côté tout ce que l’on aurait pu apprendre sur l’
indus, les idées préconçues, et avoir un penchant pour : la danse chamanique en sarouel, des groupes tels que
SENSER (si tu ne connais pas
Stacked Up tu passes à côté du meilleur de la fusion des années 90 et lorsque j’entends l’introduction de « Cyberfreak » je pense immédiatement à « Age of Panic ») ou
SPICY BOX (en 1997,
Mouvements c’était quelque chose), les vapeurs psychédéliques du
riddim (« The Struggle »), le patchouli, l’encens car ce n’est que dans cet état d’esprit réceptif que tu seras autorisé à scander en pleine conscience avec le groupe « dans le corps le pouvoir résonne fort » (« Renegade »).
De toute façon, cela fait maintenant pas loin de trente ans que j’essaye d’apprécier le disque, de le comprendre, de lui trouver une place dans mon existence, de préférence éloignée des chiottes. Parfois, j’ai le sentiment que ces treize titres sont l’un des trucs les plus
cool que l’on puisse écouter, parfois l’album me tombe des mains et je le trouve alors terriblement ennuyeux car répétitif à cause de morceaux tels que « Sweet Vibes » : toujours le même tempo, les mêmes rythmes, les mêmes gimmicks, la même scansion de
Neves, pas vraiment un grand vocaliste admettons-le. Pourtant,
in fine, j’ai du mal à ne pas aimer un peu tout le monde, si ce n’est la reprise « Funky Town » que j’ai toujours trouvée épouvantable. Pour le reste, tout est tellement plein de
groove, les fumeurs seront à la fête, moi j’ai juste envie de m’envoyer des rhums jusqu’au ko technique.
En définitive, la force des chansons réside principalement dans leur capacité à systématiquement parvenir à sortir un lapin du chapeau. Piste après piste on se dit que l’inspiration reste inamovible, que les thèmes se recyclent entre eux, que
TREPONEM PAL a été se fourrer dans un bourbier jamaïcain inextricable et c’est vrai que la reformation de 2008 n’a pas vraiment su convaincre. Pourtant, dès lors que l’on est chauvin sur les bords et que l’on s’intéresse un tant soit peu à la scène hexagonale, il est impossible d’ignorer les Parisiens qui, à l’époque, étaient pionniers en la matière. Les débuts
metal indus de
DIRGE, c’est 1994, idem pour
M.PHERAL, je ne parle même pas d’un
DIVISION ALPHA (2007), il est par conséquent aisé de se rendre compte qu’à l’échelon national, le groupe a eu un impact équivalent à d’autres grands noms internationaux dans leurs pays respectifs.
Alors pourquoi ne suis-je pas davantage enthousiaste lorsque j’enclenche
Higher ? Pourquoi est-ce que je trouvais déjà le passage à l’émission « Nulle Part Ailleurs » en 1996 un peu ridicule avec ce trans qui se tortillait bêtement tel un Ted Levin dans « Le silence des agneaux » ? Alors que s’il fallait ne retenir qu’une seule fusion idéale du
metal et du
dub, ce serait
Higher, loin devant
Le bien-être et la paix paru la même année avec un tout autre impact bien que cela se comprenne : impossible de résister à des tubes tels que « Knowledge is Power », « Mass Protect », « Shine », « L’effet papillon », « Donnez-vous la peine », putain il n’y a que des tubes en fait et ça fout une sacrée claque à nos
TREPONEM PAL parce que l’album sonne finalement fatigué et c’est peut-être cela qui fait le plus mal et qui explique pourquoi, année après année, je le réécoute en établissant le même constat : des tonnes d’idées géniales jouées avec de l’arthrite là où des petits jeunes dynamitent le truc avec du culot, du
punch. Même bilan si tu jettes une oreille à
SPICY BOX : « Tenez votre police en laisse », « Plein pouvoir à ton corps », la transe de « Ololo Ouma », la rage de « L’instinct », c’était une époque assez dingue en France et les Parisiens ne sont pas parvenus à se positionner en chef de file. Des jeunes gars aux dents longues se sont pointés, plein d’audace et ils ont relégué
Higher à ce qu’il n’aurait pas dû être : le disque d’une formation déjà vieillissante, mise au rebut alors qu’elle avait ouvert toutes les portes.
Dommage : une sortie qui aurait pu être géniale mais qui a manqué d’un peu de folie, qui s’est pris une claque par la concurrence alors que sur la distance il n’y a pas photo, dès
Contraddiction,
MASS HYSTERIA est devenu hyper pénible. Reste aujourd’hui une production encore pleine de sens, toujours aussi habitée à l’image du
swing imparable de « Panorama », le temps rendant finalement justice à ce LP visionnaire aux arrangements subtils que je pourrais sans problème comparer à
Aux armes et cætera de
Gainsbourg dans sa volonté d’intégrer l’authenticité des musiques antillaises à l’intégrité de son
metal indus. Une ligne de conduite qui a eu le mérite de ne pas sombrer dans le politique voire pire, le sociétal.
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint