Toujours hébergés par
Frozen Records, les ténors du
post black metal mâtiné de
shoegaze reviennent avec un quatrième album :
Still Life. Oui, comme
OPETH. Si je m’étais montré moins enthousiaste que nombre de mes confrères concernant le précédent effort,
Oddity, il est fort probable que je revois mon avis à la hausse au regard de ce que proposent aujourd’hui les Parisiens. En effet, au-delà de la disparition du logo illisible originel, troqué contre une graphie plus explicite, et de la beauté troublante de la pochette, poétiquement sensuelle voire d’un érotisme émouvant, c’est bien la qualité des compositions qui finira par marquer l’auditeur.
Bien sûr, le style n’a guère évolué. Le trio oscille toujours entre les explosions lancinantes d’un
black très agressif fortement redevable à la fureur des vocaux de
Chris Richard (« Disgust », entre autres) et la froideur vaporeuse d’un
MY BLOODY VALENTINE (le chant féminin de « Blue ») ou plus globalement de la scène
rock alternatif de la fin des années 80. Un mélange une nouvelle fois parfaitement maîtrisé, le tout baignant dans une atmosphère de mélancolie, d’abandon charnel qui rend la musique de
NATURE MORTE paradoxalement humaine. Les plaies sont toujours ouvertes, un peu de sang s’en écoule encore.
Ce que j’apprécie également dans la façon dont les musiciens conçoivent leur art, c’est la profondeur des émotions exprimées avec une simplicité frôlant le minimalisme. Que les pistes soient développées (trois sur huit excèdent les six minutes) ou brèves, elles sont systématiquement riches de climats, d’ambiances, sans pour autant déployer une grande technicité. La note juste, l’accord strictement nécessaire, la frappe lapidaire, le mot exact. Les plus virulents d’entre nous pourront déplorer de trop nombreux passages non strictement métalliques (« Blue » ; « Yramesor » ; l’introduction de « 66F » un titre malin avec ce F, sixième lettre de l’alphabet) car ne goûtant pas ces guitares claires, c’est pourtant cette ambivalence entre des vocaux recherchant l’hideux et des instruments tournés vers la lumière qui forge l’identité même de
NATURE MORTE, évidemment clivante mais ne se compromettant dans aucune facilité stylistique, à l’image du final « Cvult » : si
PLACEBO ou
THE CURE jouait du
black metal, cela pourrait ressembler à cette chanson.
En définitive, le pari est gagné pour ce
Still Life. D’abord parce qu’il me donne envie de laisser une autre chance à
Oddity (voire à
Messe basse puis
NM1 histoire d’avoir une vision complète du projet), ensuite parce qu’il s’inscrit dans une mouvance que j’ai tendance à délaisser, la trouvant généralement trop mièvre, apportant une cinglante contradiction à mes idées reçues. Un grand disque de
post black metal, comme sait parfois en écrire
AN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN.
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