Dome Runner, Health, Uranium, Hold Me Down, Author & Punisher, Black Magnet, King Yosef… L’année 2025 aura été particulièrement riche pour les musiques industrielles, chacun de ces artistes ayant sorti une œuvre (ou plusieurs !) dans l’année. On reparlera sans doute sur le temps long de quelques noms de cette liste – certains sont déjà présents sur le site, comme
Author & Punisher et
Dome Runner –, tant il y a de quoi intriguer et découvrir de nouvelles sensations au sein de ce style qu’on a coutume de voir comme coincé dans le passé, marqué à tout jamais par les références de la fin des années 80 et début des 90. Un cliché que la vivacité du genre met à mal.
Mais pas nécessairement grâce à cet album de Bong-Ra. Car
Black Noise est clairement un hommage rendu aux racines, Jason Köhnen – homme aux multiples projets, du Doom / Death de Celestial Season au Dark Jazz de The Lovecraft Sextet – ayant fait de son entité breakcore un rappel aux noms que l’on connaît déjà tous, au point de sortir une reprise du morceau « Cold World » de Godflesh la même année. Là où son prédécesseur
Meditations opérait un virage vers un doom metal onirique, ce disque renoue avec des velléités électroniques, le breakcore se pliant aux codes d’un metal industriel. Et codifiées, ces trente-huit minutes le sont extrêmement : certes, on voit un peu des différents projets du bonhomme, les titres pouvant avoir par touches des rythmiques techno et breakcore (« Death#2 » ; « Useless Eater »), des riffs doom metal (« Nothing Virus » ; « Black Rainbow »), voire même se trouver liés par une ambiance déshumanisante typique mais aussi à la noirceur atmosphérique rappelant davantage le black metal que l’industriel (criant sur « Ruins »), ce monolithe noir a surtout une esthétique synthétique qui se destine aux amateurs d’ambiances mécaniques et déshumanisées, la lumière ne montrant le bout de son nez qu’en bout de course (« Blissful Ignorance »).
Une doctrine particulièrement efficace en concert – sur ce point, aucune déception à avoir vu le projet rouler sur les planches de l’Antirouille à Montpellier – mais qui, sur platine, montre ses limites. Non pas que je critique cette décision de composer un album plus classiquement industriel que ce qu’a pu créer le projet autrefois (une découverte toute récente de mon côté) mais le côté exutoire qu’il peut y avoir à revenir à une musique plus simple et monochrome ne se retrouve que partiellement sur
Black Noise. Heureusement, quand il est là, il est bien là ! Des titres comme « Dystopic », « Death#2 » ou « Parasites » laissent imaginer ce qu’aurait pu être ce disque avec le même niveau de destruction et d’implication sur son ensemble. Malheureusement, il y a toujours un moment qui fait regretter que Jason Köhnen ne se soit pas montré plus aventureux, un morceau tel que « Bloodclot » finissant par lasser à ne pas dépasser un trot (trop) tranquille. Celle ou celui qui cherche à avoir sa ration de riffs écrasants dans une ambiance technologique apocalyptique en sera pour ses frais ici, malgré un artwork qui promet de belles choses.
Des promesses qu’il faut laisser de côté pour apprécier
Black Noise pour ce qu’il est : un exercice de style de plus pour Bong-Ra, inconstant, inabouti, mais non sans intérêt. Il y a cette capacité à figurer une masse noire englobant tout qui reste en tête durant l’écoute, de même qu’une sécheresse d’émotions qui pourra rappeler les moments les plus froids de
Red Harvest. Soit pas grand-chose, mais pas exactement rien, qui donne tout de même envie de conseiller l’écoute à quiconque aura encore du temps devant lui après avoir écouté les autres sorties récentes du style. La suite, elle, élèvera le niveau d’un cran.
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