Winter Rites Of The Mountain Land - Κυν-λακ-αχ
Chronique
Winter Rites Of The Mountain Land Κυν-λακ-αχ
(KIN-LAK-AX)
Voilà une surprise inattendue pour moi : le groupe grec WINTER RITES OF THE MOUNTAIN LAND, formé en 2020, me contacte pour partager son tout premier album Κυν-λακ-αχ (KIN-LAK-AX) paru le 19 janvier 2026 chez Metal Throne Productions.
C’est avec joie - et une certaine curiosité - que je me lance dans l’écoute de cette production de style black metal pagan hellénique, et les premières minutes suffisent à éveiller en moi l’envie d’écrire cette chronique.
A la manière de KAWIR, référence incontournable du pagan hellénique, WINTER RITES OF THE MOUNTAIN LAND puise son inspiration dans les traditions et le terroir grec. Les textes, composés par le chanteur Λύκαος Αίγαγρος, dont le nom signifie The WolfGoat, s’inspirent profondément de sa région natale : l’Arcadie, et plus particulièrement de la Kynourie et de la Laconie. Le titre de l’album est d’ailleurs la contraction du nom des trois régions. Les paroles, quant à elles, reflètent plus largement l’identité et l’histoire du Péloponnèse, la péninsule dont les membres du groupe sont originaires.
Les Grecs nous montrent avec ce premier opus que le black pagan européen ne se limite pas aux mythes et traditions des pays nordiques avec des groupes tels que WINDIR qui plongent dans les méandres de la culture norvégienne, ou encore aux pays de l’Est comme on le retrouve à travers la musique de DRUDKH ou GRAVELAND. Fiers de leurs racines, ils composent huit titres en grec, rendant l’ensemble authentique.
Après avoir fait les présentations d’usage avec leur chanteur, voilà que j’embarque pour 50 minutes de voyage en Grèce, à travers des mélodies martiales, obscures, teintées de folklore.
Κυν-λακ-αχ s’articule autour de trois thèmes : les combats épiques, les créatures mythiques légendaires et le cadre naturel et sauvage du Péloponnèse.
On débute par une intro très incantatoire, nous plongeant sous la pluie, au cœur de la nature grecque, avec le battement sourd du tambour qui installe doucement une ambiance mystérieuse.
Dès la deuxième piste, Η ΛΙΜΝΗ / I Limni (le lac), je me prends une grande claque. Le calme initial laisse place aux guitares puissantes, balançant un rythme rapide qui va durer tout au long de l’album. Les riffs, sans être ultra techniques, sont efficaces et posent une base solide.
La voix puissante de The WolfGoat s’élève au cœur de l’Arcadie. Il nous conte l’histoire de la rivière Krathis qui, en entrant en crue, provoqua un glissement de terrain qui fit disparaître sous les eaux le village de Tsivlos, les dieux punissant ainsi les habitants du village pour avoir abandonné leurs traditions et maltraité la nature.
Les morceaux s’enchaînent comme des tableaux épiques : batailles sanglantes menées par des centaures, forces naturelles déchaînées, créatures mythiques, plaisirs dionysiaques et tragédie antique. La violence de la batterie et des guitares côtoie des passages plus lourds et pesants, où la basse renforce l’aspect solennel et ritualiste de l’ensemble. Entre fureur guerrière et spiritualité archaïque, cette tension confère une intensité particulière, à la fois sauvage et païenne.
Après les récits mythologiques, les combats et la puissance des éléments naturels, c’est au 7e titre, Η ΣΥΝΑΝΤΗΣΗ, signifiant La Rencontre, que l’album se recentre sur quelque chose d’intime, presque intérieur - humain. La musique se fait tribale, le ciel gronde, l’ambiance de ce tableau musical est lourde et mystérieuse. Ce récit nous conduit aux montagnes d’Arcadie, plus précisément à Kokkinovraxos « la montagne rouge » où The WolfGoat nous raconte sa découverte d’un crâne de chèvre sauvage. Posé ici depuis de nombreuses années, cette rencontre résonne en lui comme un moment clé, celui où il le prit en sa possession comme un artefact spirituel.
J’y vois un lien qui se tisse à plusieurs niveaux : entre lui et ce crâne, mais aussi entre celui-ci et la nature elle-même, qui semble avoir repris possession de l’animal. En le découvrant et en se l’appropriant, j’ai l’impression qu’il lui offre une seconde existence, transformant ce vestige en un objet rituel, un instrument chamanique.
L’ensemble, mis en musique, m’évoque une expérience presque mystique, comme un appel de la nature, entre rituel et mémoire ancestrale.
Avec un album qui mélange narration personnelle, paysages naturels et symboliques, tradition et mystique, WINTER RITES OF THE MOUNTAIN LAND offre un premier opus très qualitatif, pour lequel je sens que le groupe s’est donné les moyens, et qui mérite sa place de choix dans le métal helléniste. La production est top, l’univers fait voyager à travers l’histoire et les paysages grecs. Mon seul reproche serait un schéma peut-être un brin répétitif d’un morceau à l’autre. Mais pour un premier album, WINTER RITES OF THE MOUNTAIN LAND pose des bases solides et prouve que le black metal pagan grec a encore beaucoup à offrir.
"A travers ce voyage, nous nous unissons en tant que païens et appelons les anciens morts à se lever de la terre, afin qu’ils nous donnent la force de maintenir vivante notre région ancestrale"
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