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Decipher - θελημα (Thelema)
Chronique
Decipher θελημα (Thelema)
Passé relativement inaperçu malgré ses nombreuses qualités
« Arcane Paths To Resurrection » méritait pourtant un bien meilleur sort, tant son Blackened Death Metal particulièrement sombre, violent et alambiqué avait de quoi satisfaire le plus grand nombre de par une qualité d’écriture comme d’exécution absolument remarquables de la part de ses auteurs. Loin de se laisser abattre le désormais trio a mis les bouchées doubles pour que ce deuxième album ait enfin les faveurs qu’il est en droit d’attendre, tant il se place actuellement parmi les meilleurs éléments de la nouvelle scène extrême grecque. Ne changeant pas son fusil d’épaule le combo va nous embarquer une fois encore dans un univers orageux et chaotique fait de violence débridée, de ralentissements d’une lourdeur indécente et d’une multitude de variations rythmiques où il sera parfois difficile de trouver un point de repère stable, contribuant donc au côté malsain de l’ensemble… vu qu’on aura du mal à émerger de ce néant névrotique même si le plaisir auditif sera constant du début à la fin.
Cependant on va immédiatement remarquer que l’ensemble va être plus accessible (si l’on peut dire) que le précédent opus, mais loin d’avoir simplifié son jeu la bande va offrir un nouveau chapitre hyper dense et homogène qui ne faiblit jamais malgré la durée longue de certains titres et un ensemble qui peut paraître parfois un peu interchangeable et répétitif (mais où chacune des sept compositions possède sa propre vision et personnalité musicale). Tout cela va démarrer avec la plus courte de cette galette intitulée « Return To Naught » qui commence pied au plancher dans une froideur intégrale, avant que l’ensemble ne joue les montagnes russes entre blasts destructeurs et passages rampants oppressants à la lourdeur infâmante. Totalement glaciale dans sa vision et remplie d’obscurité cette ouverture donne le ton de ce que va être la suite, où c’est remuant en permanence et dynamique à mort… ce qui évite donc l’écueil de l’ennui et du trop-plein, ce que « The Black March » confirme avec brio malgré sa grande temporalité. Proposant ici une place importante laissée au bridage la lumière émerge cependant du chaos via l’ajout de passages épiques impeccables grâce à du mid-tempo redoutable, et qui s’efface régulièrement au profit d’une brutalité exacerbée mais expéditive où les ralentissements sont nombreux pour donner une impression de suffocation et ainsi affirmer magistralement les versants nocturnes comme diurnes. D’ailleurs « Seven Scars » qui enchaîne juste après va reprendre dans les grandes lignes les mêmes éléments tout en ajoutant un rendu glacial plus marqué et des accents guerriers plus saisissants, bien calés au milieu d’une grande alternance rythmique qui ne cesse de faires des va-et-vienst avec toujours ces riffs pointus et incisifs et cette batterie sèche qui annihile tout forme de résistance sans chercher la technicité outrancière.
Si le redoutable « Bounds To The Wheel » va remettre en avant une certaine forme d’équilibre on va aussi entendre un solo mélodique du plus bel effet, confirmant que la saison hivernale n’est pas définitive et qu’au milieu de cette longue nuit périodique la lumière comme la nostalgie peuvent apparaître… avant que la température ne redescende brutalement sur l’excellentissime « Hail Death ». Car après un démarrage ultra bridé où l’on lorgne autant vers le zéro absolu qu’un trou noir gigantesque l’ensemble va progressivement gagner en intensité en passant par l’intégralité des tempos possibles où la rapidité va aller crescendo tout en renforçant également l’entrain généralisé qui en ressort. Et malgré là encore que ça se soit allongé au possible on ne se lasse jamais tant la cohésion reste à toute épreuve, ce que va prouver une fois de plus « Towards Renaissance » qui va miser sur les deux versants les plus extrêmes afin de déboussoler l’auditoire par ces montées et descentes permanentes, où l’écriture est cependant plus frontale mais pas simpliste pour autant. Et pour surprendre une ultime fois tout cela va se conclure par l’étonnant « Litany » aux relents occultes importants et où le bridage se montre énorme au départ, vu qu’on est totalement sur du Doom le plus impénétrable et grassouillet durant un bon moment… avant que les choses n’explosent jusqu’à la dernière seconde nous prouvant ainsi que même dans cette facette désespérée et débordante d’humidité le tout reste parfaitement harmonieux et dans la lignée offerte jusque-là.
On ne pourra donc que s’incliner devant ce résultat audacieux et tentaculaire qui n’est pas de tout repos, nous emmenant autant vers les contrées de la mythologie antique que dans ses légendes immortelles et tentaculaires dignes de la traversée du Styx. D’une profondeur impressionnante et demandant de la patience pour être totalement maîtrisé ce nouveau volet des aventures des Athéniens les place clairement dans le haut du panier national… et à l’heure où l’on attend désespérément des nouvelles de MASS INFECTION, DEAD CONGREGATION ou encore PLAGUE on ne va pas bouder notre plaisir à écouter la nouvelle sensation haut de gamme venue de Grèce. Avec donc une qualité pareille tout est donc réuni pour nous hanter les oreilles durant un bon moment vu que ce « θελημα (Thelema) » se révèlera différemment à chacune des écoutes, prouvant désormais que DECIPHER n’a rien à envier aux ténors d’outre-Atlantique et qu’ils feraient bien de se méfier d’eux tant les Hellènes ne cessent de marcher sur leurs plates bande et de gagner du terrain à chaque fois. Désormais installés dans la cour des grands les trois compères méritent donc le respect qui leur est dû, et en souhaitant dorénavant qu’ils bénéficient de la visibilité qu’ils sont en droit de demander car un tel boulot fourni ne peut rester sans réponses et dans l’anonymat, ce qui serait profondément regrettable et immérité.
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