Je l’admets sans aucune gêne, je n’attendais clairement pas
PRIMORDIAL BLACK à ce niveau pour son deuxième album après un
Dark Matter Manifesto en demi-teinte, du moins en ma demeure le disque ayant trouvé des échos plus que favorables dans d’autres esgourdes. Pourtant, si
Heterotopia a su conserver ses belles influences helléniques (l’introduction « Caos Guidato » ou « Begotten » notamment), tout a été nettement amélioré au sein de ces huit compositions : la noirceur du propos, la profondeur des idées, l’intensité de jeu, la personnalité également à la fois sur un plan musical mais également culturelle grâce aux références à « Begotten » donc (si tu ne connais pas le film, c’est une lacune), avec son splendide final au saxophone ou encore « Le Horla » de Maupassant. Ajoute à cela une pochette lovecraftienne ainsi qu’une production aux petits oignons et tu obtiens l’une des surprises de l’année.
Si la formation est passée d’une formule duo à trio en intégrant un bassiste, elle continue surtout d’impressionner par le nombre d’invités, le plus émérite étant certainement
Steve DiGiorgio sur « Immaculate ». Pour le reste, les noms sont moins ronflants mais il demeure que les Tunisiens sont parvenus à transcender leur style initial pour proposer une potion originale, ambitieuse, tout en restant parfaitement codifiée, dans le rang : un
heavy black metal qui pourrait se situer entre le
Monotheist de
CELTIC FROST pour une certaine froideur et les aspects grandiloquents de
SEPTICFLESH, une musique clinique donc, plutôt mid-tempo, axée sur les ambiances et ne faisant qu’un faible déballage de technique. Si cela fonctionne ? Parfaitement, avec même quelques influences
doom au cours de « Le Horla » et, surtout, une attention toute particulière apportée aux solos, pas tant pour l’étalage de démonstration que pour l’atmosphère que parviennent à poser les guitares. Une réussite, indéniablement.
Honnêtement, je n’aurais pas mis une pièce sur la carrière de
PRIMORDIAL BLACK. Pourtant, de l’introduction « Caos Guidato » aux dernières mesures de l’album, je suis inexorablement happé, attiré par la lumière qui se dégage de ces huit compositions. On pourra toujours leur reprocher un certain classicisme, chose que je ne nierai pas, cependant je m’accommode de ce menu défaut fort commun pour ne voir là qu’un plein aboutissement.
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