Quel dommage que
MÖHRKVLTH n’ait pas frappé plus tôt. Rappelons que le groupe a dévoilé son premier album en 2018, accueilli par des critiques très positives. La formation possédait en outre un atout de taille : la scène. De Cernunnos Fest aux Feux de Beltane, en passant par le Motocultor, elle convainquait systématiquement ceux qui la découvraient. Mais les aléas de la vie en ont décidé autrement, et tout ne suit pas toujours le cours espéré. Le groupe breton a dû composer avec de nombreuses difficultés et ne revient qu’en 2026, soit huit ans après ses débuts discographiques.
Il faut également souligner que le line-up a été profondément remanié depuis 2018, Vox T. (alias Grégory Person) demeurant l’unique rescapé. Haernesus, Tnemelc, Oj et Hiron ont cédé leur place à Florian Le Borgne (basse), Galaad Biannic (batterie), Sven Vinat (guitares) et Mathieu Losq-Le Bars (chant). Si certains de ces musiciens ont rejoint l’aventure il y a déjà plusieurs années, la gestation des six titres s’est révélée longue. Le label a lui aussi changé, et il est finalement assez logique de voir Antiq porter cette nouvelle sortie.
Ces bouleversements ne devraient toutefois pas inquiéter les fidèles : l’essentiel, à savoir la musique et les thématiques, demeure solidement ancré dans l’identité du groupe. Le titre lui-même en est un indice. Après
A-dreñv ar vrumenn (Derrière la brume), voici
Gwenojennoù an ankounac'h (Les sentiers de l’oubli).
MÖHRKVLTH évolue toujours dans un black metal atmosphérique et ritualiste, enraciné dans la culture bretonne, ses légendes, son folklore rural et ses rites païens. Les ambiances, à la fois conquérantes et traversées de pointes mélancoliques, évoquent avec justesse landes et forêts de l’Ouest.
Attention toutefois :
MÖHRKVLTH évite l’écueil du caricatural. On ne trouvera pas ici de black folk celtique bardé d’instruments traditionnels. L’approche évoque davantage
HIMINBJORG, voire les Québécois de
FORTERESSE. Difficile, d’ailleurs, de ne pas penser à ces derniers sur « Noz ar re grouget ». L’ensemble se montre particulièrement efficace, ponctué de moments marquants, à commencer par l’ouverture « Dindan gouloù ar c'hroajoù mein ». À mes yeux, il s’agit du morceau le plus abouti : chœurs habités, mélodies imparables et évocations païennes et ancestrales s’y conjuguent avec une grande justesse.
Reste toutefois deux réserves qui m’empêchent de me montrer plus généreux. La première tient à une certaine linéarité : si des passages s’imposent avec évidence, ils émergent au sein d’autres, plus discrets, qui marquent moins durablement. La seconde concerne la comparaison avec le précédent opus, plus mordant et animé d’une fougue plus constante, que ces quarante-cinq minutes peinent à égaler. Rien de rédhibitoire pour autant : il s’agit moins d’un recul que d’un léger fléchissement, plaçant simplement ce nouvel album un cran en dessous de son prédécesseur.
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