La pochette m’a fait peur, très peur.
A FOREST OF STARS est l’un de mes groupes fétiches, et j’avais fini par craindre qu’il ne revienne jamais, absent depuis 2018 et ce
Grave Mounds and Grave Mistakes qui avait remis en lumière le visage du groupe que j’adore, après un
Beware the Sword You Cannot See légèrement décevant. Huit années ont passé et voilà le retour des gentlemen les plus classes et les plus intelligents du black metal. Sauf que cette pochette semblait annoncer un nouvel univers, loin de l’imagerie victorienne habituelle. Heureusement, cette évolution ne concerne finalement que le visuel et les thématiques, car musicalement, cet album est du pur
A FOREST OF STARS, et de l’excellent
A FOREST OF STARS.
Pour préciser le concept, disons que l’album explore la surcharge moderne : l’overdose d’informations, de stimuli, de souffrances et de données. Une overdose qui mène à l’effondrement mental, sociétal et physique. Le groupe livre une vision pessimiste et introspective de notre époque, où la technologie, la décadence humaine et la perte de sens s’entrechoquent. On retrouve ainsi des liens évidents avec la philosophie habituelle du groupe, son occultisme, son rapport à la nature et sa fascination pour la décadence victorienne, mais tout cela est transposé dans un malaise contemporain presque dystopique.
Et comme je le disais, cela n’a aucune incidence sur la musique elle-même, qui rassure en très peu de temps. En moins de trente secondes, « Ascension of the Clowns » remet immédiatement l’un des éléments les plus précieux du groupe au centre du jeu : le violon. Qu’il est magique ! D’une élégance absolue. Puis, presque aussitôt, un chaos black metal se met en branle, porté par cette voix nerveuse et torturée si typique d’
A FOREST OF STARS. Elle conserve ses accents théâtraux tout en restant parfaitement adaptée aux mélodies et aux ambiances. Mister Curse fait également appel à ses spoken words narratifs habituels et nous emporte immédiatement dans une tempête d’émotions. Rien que sur ce premier morceau, le groupe expose déjà la plupart de ses plus grandes qualités. Une seule manque encore à l’appel, mais elle arrivera rapidement par la suite : les vocaux féminins de Katie Stone. Elle aussi se montre féérique, et chacune de ses interventions fait mouche.
Et je l’avoue : j’ai été bluffé par l’ensemble de l’album, par ses six longues pistes qui m’ont pourtant semblé défiler à toute vitesse. Ces 73 minutes parviennent à suspendre le temps et à tout transformer en cristal.
A FOREST OF STARS est de retour avec le meilleur album qu’il pouvait espérer offrir. Ses ambiances folk et psychédéliques, tout comme ses explosions de black metal atmosphérique, semblent plus inspirées que jamais. Et j’en ai la preuve : une fois l’album terminé, je n’ai qu’une envie, le relancer immédiatement, lui, et non une ancienne sortie du groupe. Je ne me dis pas : « Tiens, cela donne envie de replonger dans tel ou tel album », mais plutôt : « C’est excellent d’un bout à l’autre. Je n’ai même pas besoin de comparer. »
A FOREST OF STARS n’aurait sans doute rien pu faire de mieux que ce qu’il propose ici.
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