Temple Of The Fuzz Witch / Seum - Conjuring
Chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum Conjuring (Split 12")
Les splits, cela peut être plusieurs choses : une rencontre, un point d’étape, un à-côté assez particulier pour ne pas finir sur un album… Ou, du moins concernant la partie de Seum sur
Conjuring, un peu de tout ça à la fois.
Le groupe, toujours aussi clair sur ses intentions dans ses prises de paroles sur ses créations, a vu dans ce temps partagé avec les Ricains de Temple of the Fuzz Witch l’occasion de commencer à faire le bilan et tirer un trait sur certaines choses. Ces trois titres abordent ainsi quantité de problèmes où la planche de ouija utilisée pour l’artwork évoque plus une envie de faire table rase durant « Éfrit » et « Dead Ear », le trio y abordant respectivement les questions des addictions et de la surdité. Après des essais jouant davantage sur la détente et l’expérimentation sans prise de tête autre que celle de nous la faire bouger (cf. l’efficace
Winterized et le plus aventureux
Double Double), Seum semble vouloir faire de son projet quelque chose d’un peu plus personnel, que cela soit au niveau des thèmes abordés ou de la musique. Cela explosera sur
Parking Life, première véritable rupture avec les influences évidentes d’un sludge / stoner toujours roi ici, mais se retrouve déjà dans cette envie de faire nôtre les soucis de la bande, le ton se faisant nettement plus cru et sombre que sur ses précédentes sorties. On peut penser ainsi à Dopethrone, comme toujours les concernant (Vince Houde sera même de la partie dans la version de « Problems » sur
Parking Life), mais dans ce qu’il a pu avoir de plus écœuré et batailleur, Seum profitant d’un format resserré pour aller droit au but : en plein cœur en passant par la mâchoire, laissant touché mais la gueule en vrac.
« En vrac » est aussi une expression qui va bien à la partie de Temple of the Fuzz Witch mais de façon moins positive. Je ne connaissais pas la formation de stoner / doom avant
Conjuring et sa participation ne m’a donné aucune envie d’approfondir la découverte. Le groupe est en effet à la hauteur de son nom passe-partout, kamoulox de fan d’Electric Wizard où l’on ne sait pas si ce qu’on écoute se veut spatial, trippant, méchant, au-delà d’être « lourd », « lent » et « avec une voix black metal ». Huit ans d’expérience, trois albums, et pourtant cela sonne bancal et impersonnel comme une formation se cherchant encore. Ou peut-être s’en foutent-ils et se disent qu’ils sont très bien là, dans leur stoner / doom metal qui rouspète on-ne-sait-qui dans l’espace ? À écouter pour se rappeler ce qu’il y a de précieux dans une formation comme Verdun… ou comme Seum qui, elle, m’avait étonné à l’époque de la sortie de ce split de sa liberté retrouvée et de son aigreur nouvelle. Ce que la suite, heureusement, n’oubliera pas.
| | Ikea 1 Juin 2026 - 183 lectures |
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