Pas de nouvelles chroniques de Seum sur Thrashocore malgré la sympathie que m’avait inspirée
Winterized ? Normal, tant la suite ne m’avait que moyennement convaincu.
Double Double montrait un groupe qui avait envie d’étendre la palette de son sludge joué à la basse sans pour autant offrir le même plaisir qu’auparavant. Le split
Conjuring avec Temple of the Fuzz Witch aura d’ailleurs marqué un léger retour en arrière bienvenu – presque un aveu d‘échec – avec trois titres d’une noirceur plus présente, laissant la rage parler en guise d’exutoire. Un apéritif que
Parking Life poursuit en guise de plat, conservant certains ingrédients – jusqu’au rappel « 666 Problems » à la version d’origine présente sur
Conjuring, Vincent Houde de Dopethrone en invité de luxe – tout en y ajoutant d’autres.
Le groupe ne fait d’ailleurs aucun mystère sur ce qu’il avait en tête pour cette petite demi-heure : faire de son sludge marqué par Weedeater, Dopethrone et autres intellectuels de la scène une rampe de lancement vers une musique hors-cadre, accrocheuse avant tout, sans transiger sur la radicalité inhérente au genre. Contre toute attente tant cela semble antinomique, objectif rempli !
Parking Life narre une adhésion franche à la marginalité, disant au revoir à la normalité – rien que les titres disent de leur ironie à quel point les Canadiens l’abhorrent, du salariat (« Employee Of The Month ») à la vacuité de la recherche du sexe pour lui-même (« Right Swipe Blues ») – ainsi qu’aux codes d‘une scène où il ose le gros mot « pop ».
Car oui,
Parking Life est pop, dans ses refrains – celui de « Labrador » à jamais dans mon crâne – mais aussi ses mélodies d’une simplicité entêtante. Aucune envie de faire la fine bouche pour se donner un style tant cela va bien à Seum, lui et son sludge cartoonesque, déjà fortement hystérique et prompt à appuyer sur l’accélérateur-stoner pour augmenter le plaisir. Un absurde qui fait sourire malgré la morosité ambiante – on comprend rapidement pourquoi un sample du film
Fargo se trouve sur le morceau-titre – et que Seum utilise avec justesse sans en faire une formule rébarbative. « Running free in my mind » crie « Labrador » ; on n’en doute pas une seconde devant les libertés prises, jamais redondantes car allant piocher à divers endroits (les relents grunge de « Sad Labbath » ; la reprise d’un standard du rock et de la country « Always On My Mind » composé par Wayne Carson, Johnny Christopher et Mark James et chanté aussi bien par Elvis Presley, Willie Nelson, les Pet Shop Boys et… Seum, désormais).
Pour autant, et même si Seum fait quasi-carton plein – on redescend un peu d’un étage lors du final cité plus haut et son placement de voix hasardeux –, une frustration naît non pas de ce que l’on écoute mais de ce que l’on aurait pu entendre.
Parking Life dure vingt-six minutes et donne envie d’en entendre encore plus tant le trio fait de ses contraintes (aucune guitare, aucun temps de pause, aucun effet) des forces. Surtout que la bande, malgré sa conversion pop, n’a pas perdu en lourdeur et causticité en route. Dommage qu’on ait là un stationnement de courte-durée donc, alors qu’on est prêt à payer un abonnement à l’année. Enfin, je me vois mal râler outre-mesure devant une telle réussite à reconduire au plus vite. Pour les motorisés pas prêts de se garer, l’album est en téléchargement à prix libre sur
Bandcamp. Au moins, là-dessus, Seum est généreux !
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