On ne le répétera jamais assez : il existe évidemment des formations récentes qui valent le détour. Même en Suède. Je dis ça parce que beaucoup se plaignent des scènes norvégienne et suédoise actuelles, estimant que seuls les groupes établis de longue date méritent encore l’attention. Il est vrai que ces pays ne sont plus aussi bouillonnants qu’autrefois, et il est tout aussi vrai que les États-Unis, la France et l’Allemagne disposent aujourd’hui des viviers les plus riches en black metal. Mais
TÅRFÖDD est justement l’un de ces groupes qui prouvent que le nord de l’Europe ne doit surtout pas être négligé.
Chez Thrashocore, nous avons découvert la formation dès ses débuts et nous avions rapidement attiré l’attention sur ses qualités avec
Mörker, son deuxième album paru en 2024. Plus récemment, Nyx Aeterna Volturis, l’une de nos nouvelles chroniqueuses, a même attribué un 9/10 à
Mörker täcker livets ljus, le sixième opus du groupe, sorti il y a seulement trois mois. Oui, c’est sans doute l’une des particularités de Simon Lindgren : il compose plus vite que son ombre. Mais ne le lui reprochons pas trop vite. Pour l’instant, la qualité reste au rendez-vous et cette productivité n’est absolument pas un problème.
En tout cas, l’inspiration est là, et l’artiste ne se fixe aucune limite. Cet EP en est une nouvelle démonstration, illustrant une fois de plus sa totale liberté créative.
Skyfall s’ouvre sur un morceau acoustique de six minutes, tout en douceur et en mélancolie, porté par une guitare et un piano. Il sert en réalité d’introduction à « Förödelse II », qui en reprend la mélodie dans une version cette fois black metal atmosphérique dépressif, enrichie de vocaux torturés. La particularité de ce titre, comme de ceux qui suivent, réside dans sa capacité à faire naître une profonde désespérance tout en laissant constamment filtrer une lueur d’espoir. Cela passe notamment par des envolées mélodiques plus lumineuses, mais aussi par des interventions vocales plus claires, particulièrement chargées en émotion.
C’est d’ailleurs exactement ce que recherchait Simon Lindgren avec cette sortie, puisqu’il y évoque l’effondrement de l’humanité, provoqué par la guerre, la cupidité et la soif de pouvoir, tandis que les derniers survivants tentent encore de préserver un peu d’espoir et de solidarité. Le résultat est particulièrement réussi, tant il se révèle bouleversant. Difficile de décrocher de ces quatre morceaux qui totalisent pourtant 32 minutes. Aucun temps mort, aucune baisse d’intensité. Seuls ceux qui attendent d’être constamment bousculés pourraient trouver le temps un peu long… mais ce serait surtout la preuve qu’ils sont passés à côté de toute la dimension émotionnelle de l’œuvre.
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