Je dois avouer un tort : je n’ai pas parlé de ce groupe allemand depuis neuf ans. Mais j’ai une petite excuse ! Il n’y a eu qu’un seul album durant cette quasi-décennie. Il s’agit de
VI, paru en 2023 en vinyle, puis en 2024 en CD. C’était évidemment une erreur de ne pas en parler, car il était d’un très bon niveau. Mais je ne sais pas… Peut-être suis-je simplement passé à côté de sa sortie à cause de son label de l’époque, qui n’a pas fait suffisamment de promotion pour que l’information arrive jusqu’à mes oreilles à temps. Et quand j’ai voulu rattraper cette faute, j’étais déjà absorbé par d’autres sorties. Je m’étais donc promis de ne pas manquer la suite, et la voilà. Un album que l’on imaginait s’intituler
VII pour poursuivre la série, mais qui a finalement pris un tout autre nom :
Alle hernach.
Et la bonne nouvelle, c’est que retour a lieu sur un véritable phénix allemand : Solistitium Records. Entre 1994 et 2006, ce label avait publié des mastodontes comme
HORNA,
TSJUDER,
BEHEMOTH ou
HELHEIM, avant de disparaître pendant près de vingt ans. Son retour remonte à 2025, avec une nouvelle directrice générale : Bahareh Molitor succède à Carsten Molitor et enchaîne les signatures particulièrement inspirées. Je n’ai presque que du bien à dire de
NORDLYS,
SPECTRE,
ALDHEORTE,
NAZGHOR et
SCHATTENVALD.
Par contre, attention : si ce nouvel album n’a pas hérité du numéro
VII, c’est sans doute parce que ses compositions ne sont pas véritablement inédites. Il suffit d’y regarder d’un peu plus près pour constater qu’elles figuraient déjà sur d’anciennes démos datant des premières années du groupe. « Der Nachtwanderer » et « Im Nachtenschein » remontent à 2002, tandis que les cinq autres morceaux proviennent du premier album,
I, paru en 2007. Toutes les pistes ont cependant été retravaillées. L’objectif était de « redonner vie à d'anciennes chansons en les portant au niveau qu'elles méritaient. De nouveaux arrangements, un enregistrement de haute qualité, ainsi qu'un mixage et un mastering soignés révèlent enfin ce que ces morceaux étaient censés être depuis le départ. »
Et soyons honnêtes : c’est une réussite. Quel plaisir de retrouver des morceaux qui sentent bon cette époque. Un black metal mélodique noir et sombre, qui entremêle l’atmosphère de
LUNAR AURORA à une touche de
BLACK MESSIAH. C’est véritablement délicieux, irrésistible et addictif. Le plus difficile dans ce style est de trouver le bon équilibre : ne pas être trop aérien, ne pas devenir trop lumineux.
SCHATTENVALD s’en sort admirablement, avec juste ce qu’il faut de clarté. Les mélodies restent profondément ténébreuses, les vocaux ne deviennent jamais clairs tout en demeurant très expressifs, et les claviers interviennent avec parcimonie pour distiller une nostalgie omniprésente. Afin d’éviter toute lassitude, plusieurs déclamations en allemand viennent ponctuer les morceaux aux moments les plus opportuns. C’est toujours très judicieux, jusque dans le choix de réduire la présence des parties vocales sur « Der Nachtwanderer » et « Im Nachtenschein », laissant davantage de place à leurs excellentes séquences instrumentales les plus agressives.
Au final,
Alle hernach n’est peut-être pas un véritable septième album, mais il est bien plus qu’une simple compilation revisitée. En donnant une seconde vie à ces compositions de jeunesse,
SCHATTENVALD rappelle à quel point son inspiration était déjà remarquable il y a plus de vingt ans. Une excellente façon d’attendre la suite, qui, cette fois, sera peut-être composée de morceaux entièrement inédits.
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