L’été étant aussi propice au vagabondage insouciant, s'offrir le temps de flâner le nez au vent, j’en profite pour délaisser quelques instants les demandes directes d’articles pour me laisser porter là où bon me semble, en l’occurrence du côté d’un projet parallèle de
Derek Ramirez, surtout connu pour être depuis 2024 le chanteur – guitariste de
SULFURIC CAUTERY. Au sein de
CASKET MUSH, l’homme troque les cordes contre la batterie mais les ambitions sont à peu près les mêmes : du
goregrind à pustules qui a déjà engendré depuis 2022 pas moins de quatre EP, un split aux côtés de
SORES FOR DAYS (
grindcore américain) et deux LP :
The Pungent Stench of Rott and Infectous Subjection en 2023 puis ce
Evocation of Paranoia paru en mars dernier, à priori en indépendant, le label
Antiguerra10 Records semblant ne plus faire partie de l’équation.
Si j’écris que les ambitions sont à peu près les mêmes, c’est surtout pour souligner une infime nuance de style entre les deux formations : là où la cautérisation chimique s’inscrit dans une veine d’
hyperblasting goregrind, la « bouillie de cercueil » (traduction fort approximative) opte pour une vision davantage
death metal avec des tempos moins blastés (certes, il demeure des « Crossed » pour démentir l’affirmation) et même si l’on retrouve toujours avec délectation cette caisse claire qui pingue au cours de compositions grasses comme un loukoum, nous sommes finalement plus proches d’un
death de primate à la
SANGUISUGABOGG,
200 STAB WOUNDS, soit pas vraiment ce qui se pratique de plus raffiné de ce côté de la scène extrême. Ainsi, les dix-sept minutes (une durée évidemment frustrante) oscillent entre simili sprints et ralentissements puissants (« Civilian Butchery ») et si je ne comprends pas vraiment l’intérêt d’avoir collé un interlude instrumental ambiant (« Hymns for the Abyss ») en plein milieu d’un album aussi rachitique, le reste a sincèrement tous les arguments pour ravir les férus de barbaques crues.
En effet, entre ce son de guitare vrombissant digne d’un
MORTICIAN (« Evocation of Paranoia »), ces rythmiques sautillantes de méchant benêt, ces salves de blasts en Rimshot et, enfin, des vocaux plus malins qu’ils n’y paraissent car alternant entre le syphon bouché et le growl traditionnel, certes guttural mais somme toute assez commun, pas de fine bouche possible. Et comme le LP est affublé d’une pochette absolument superbe, voilà une sortie sur laquelle il serait dommage de faire l’impasse. Je reconnais que nous sommes loin du carnage occasionné par
SULFURIC CAUTERY, en même temps on comprend vite que l’ambition n’est pas là, concurrencer l’autre projet n’est pas la cible. Par conséquent, si nous prenons
Evocation of Paranoia pour ce qu’il est, à savoir l’expression brute d’une forme d’art gore, c’est alors une franche réussite dont le seul défaut sera de ne proposer que sept pistes.
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