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Rapture In Blood - Gods Of Perversion

Chronique

Rapture In Blood Gods Of Perversion
Parfois je me dis que je rédige des chroniques trop longues, que je devrais essayer d’être plus concis. Évidemment certains albums ne se prêtent pas du tout à la démarche, plus le propos se complexifie et plus la dissection musicale peut s’avérer ardue, chronophage et donc nécessiter un minimum de matière. A l’inverse d’autres se montrent parfaitement adaptés à l’affaire. C’est que je vais chercher à faire aujourd’hui, aller droit au but, sans fioritures, exactement à l’image de ce premier album de Rapture In Blood.

Sortie des enfers en 2024, la formation affiche aujourd’hui des figures bien connues de la scène metal française et notamment sudiste, fondée par Chris Martyr au micro (Mornoss, Nocturnal Debauchery, ex-Cartilage et cofondateur du collectif Brothers From Hell) et Jo Guigou à la guitare (Agressor, ex-Outburst) plus tard rejoints par Fabien à la lead guitare (ex-Funerarium, ex-De Profundis, ex-Cartilage), Julien à la basse (Skulp.In) et le jeune Flö (Black Velvet, Enmity, Thalidominde, batteur live pour Mercyless) derrière les fûts afin d’apporter un peu de sang frais. Ajoutez à cela un enregistrement confié à Tony (Catacomb) et une pochette terriblement evil dans la pure tradition underground signée de l’incontournable Chris Moyen et voilà une équipe qui fleure bon le old-school hexagonal ! Pour avoir pu échanger à quelques reprises avec le géant frontman, je connaissais son attachement à tout ce qui touche au metal old-school et underground, Rapture In Blood en est donc la concrétisation. Et le propos était clair d’entrée : jouer un death metal primitif, viscéral, haineux et accrocheur, à l’image de ce qui se faisait au début des années 90. Passez clairement votre chemin si vous ne jurez que par la nouveauté ou l’innovation, les huit titres délivrés ici le sont dans une approche diamétralement opposée. « Gods Of Perversion » c’est trente-cinq minutes d’un death metal certes vu et revu, mais joué avec une maîtrise et une dévotion au style qui transpire à chaque riff. Pas de surenchère technique ni décorum, simplement un métal de la mort sombre, majoritairement mid-tempo et accrocheur (aucun blast à signaler hormis ce micro-passage à 4’03 sur « Burn The Flag Of Hate »), certes le groupe nous réserve quelques petites accélérations scélérates (« Gods Of Perversion » à 1’10, « Unholy Anger » à 2’08, « Enemies Of Our Future » à 36’’) mais rien qui ne va affoler les radars. En revanche nombre de passages vous feront inévitablement headbanguer comme un neuneu, le poing fermé (le début de « Gods Of Perversion » puis ce passage à 47’’, le début de « Gates Of Misery » puis cet excellent break bien typé thrash-death old-school à 2’16). L’atmosphère est pesante et occulte de la première à la dernière minute grâce notamment à ces petites mélodies dispatchées ici et là, tantôt malsaines (« Gods Of Perversion » à 2’16, « Burn The Flag Of Shame » à 1’43) tantôt plus guerrières ou épiques (« Far Beyond The Hate » à 1’33, « Gates Of Misery » à 1’30, « Last Breath Suffering » à 1’08, le début de « Enemies Of Our Future ») donnant une petite saveur Bolt Thrower par moments. Évidemment l’ensemble serait bien moins percutant sans le growl bien profond et caverneux de Chris qui dégouline d’une haine presque palpable, accompagné d’éructations diaboliques bien malsaines.

Les huit pistes filent tout droit (en enfer bien évidemment !) et sans surprise, c’est d’ailleurs le principal reproche que l’on pourra faire à ce premier opus, même si cela est totalement assumé et fait même partie du cahier des charges d’un groupe qui se veut avant tout un hommage à cette conception d’un death metal old-school, primaire, fuligineux. Les défauts de ses qualités quoi… Auxquels j’ajouterais peut-être un manque globale de vélocité, l’album faisant la part belle aux tempos lents et mid, et même si je suis plutôt adepte en général je pense que l’ensemble aurait gagné encore en impact avec quelques séquences rapides supplémentaires et pourquoi pas quelques bons vieux blasts des familles. Il est toujours agréable de constater qu'un groupe en a encore sous le coude et se garde une marge de progression.

Il me reste à saluer le travail sur le son de Tony avec une prod à l’ancienne, organique avec un grain de guitare impeccable, sans tomber non plus dans le trop crasseux et surtout laissant une belle place à la basse altière de Julien qui fait tout sauf de la figuration. Bref ! Je voulais faire court, j’arrête de blablater vous avez de toute façon compris de quoi il retourne ici. A l’instar de certains de leurs compatriotes (Voorhees, Stabwound, Demonist, Corpse Hunters ou encore Infern) Rapture In Blood n’est pas là pour faire dans la démonstration si ce n’est celle d’une loyauté sans faille à la scène death old-school (on pense aux débuts de Gorguts, de Death, de Massacre ou de Cancer), à une musique sombre et agressive tout en restant résolument efficace. En gommant ses quelques défauts et en gagnant un poil en personnalité, gageons qu'un éventuel deuxième album pourrait faire encore plus mal. En attendant une chose est sûre : « ça va zouker sévère » en live !

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Rapture In Blood
Death Metal
2026 - Indépendant
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
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Rapture In Blood
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Death Metal - 2024 - France
  

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Gods of Perversion
Gods of Perversion
Rapture In Blood

Extrait de "Gods Of Perversion"
  
Far Beyond the Hate
Far Beyond the Hate
Rapture In Blood

Extrait de "Gods Of Perversion"
  

tracklist
01.   Gods of Perversion  (04:00)
02.   Far Beyond the Hate  (04:42)
03.   Nothing to Loose  (04:47)
04.   Gates of Misery  (04:33)
05.   Unholy Anger  (04:27)
06.   Last Breath of Suffering  (04:17)
07.   Enemies of Our Future  (04:33)
08.   Burn the Flag of Shame  (04:25)

Durée : 35'44

line up
parution
2 Mai 2026

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