La nouvelle sensation de
Great Dane Records ? En tous cas, enfin un groupe de
death metal qui tient solidement la route au sein d’un catalogue à la qualité de plus en plus inégale. Cependant, reconnaissons au label français sa capacité indéniable à dénicher des choses rares, à l’image des Vénézuéliens de
BURIAL RUTHLESS.
Actif depuis 2015 mais seulement auteur d’un EP en 2019 (
Human’s Death Pathology), il aura ensuite fallu plus de six ans au groupe pour engendrer son premier album,
Held by Evil, doté d’une pochette à la thématique certes classique mais plutôt accrocheuse. Quant au style en lui-même, il se situe à la croisée des chemins : un fond de
death technique pour une restitution plus brutale que progressive. Cet entre-deux pourrait se transformer en reproche, il n’en sera rien me concernant. En effet, à l’image du puissant « Sweat in My Blood », la complexité des riffs n’est ici qu’un moyen pour atteindre le juste seuil de violence, jamais un prétexte à la branlette égocentrique. C’est une posture que j’apprécie d’autant qu’au-delà de la richesse rythmique les solos développent des mélodies impies au lieu de simplement aligner les notes aussi vite que possible.
Nous retrouverons ainsi au fil des onze compositions l’intensité des dernières œuvres d’une formation telle que
KRISIUN, quelques touches du
feeling mélodique d’
OBSCURA lors des solos notamment ou dans le choix de placer la basse très en avant, le tout parvenant à ne jamais lasser durant les quarante-cinq minutes que dure le LP. En soi, ce n’est pas un exploit mais il y a tellement de sorties qui s’essoufflent à la moitié du parcours que noter ce point n’est finalement pas anecdotique. De plus, la bande désormais basée en Espagne a su se doter d’une production excellente, moderne dans son rendu sonore mais laissant cependant transparaître des influences « vieille école » fort appréciables.
En revanche, si je devais émettre quelques réserves, rares, elle porterait sur le choix dispensable d’une voix claire sur le morceau éponyme ou encore la tendance à placer des introductions pseudo-filmographiques de façon trop récurrente : l’introduction, « Conditionned for the Womb », « Sweat in My Blood », « Held by Devil », l’interlude acoustique « Aire del sur »… Cela n’apporte quasiment rien, voire contribue à faire retomber l’intensité de l’ensemble. Également, le trop mélodico-progressif « Bleeding Memories » s’avère clairement en-deçà des autres pistes en dépit de son final blasté digne des meilleures engeances
tech death.
Cependant, comme il ne s’agit finalement que d’une première parution, cela laisse une marge de progression à
BURIAL RUTHLESS dont j’attends désormais impatiemment la suite des aventures car j’entends là plein de belles choses, un potentiel qui n’a certainement pas encore atteint sa maturité et qui pourrait déboîter dans un futur proche, avec ses vapeurs de
NILE (« Southern Death ») ainsi que sa facilité à aller sur des territoires radicaux, à l’image du final « La caida del aborrecido », parfaite représentation du style des Espagnols et de la maîtrise de leurs instruments, de leur art.
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