ATOMIC AGGRESSOR, on ne va pas faire semblant et détourner prudemment le regard, c’est un nom de groupe vraiment à chier. Mais comme le grand
Keyser avait eu des mots positifs concernant le précédent effort
Sights of Suffering de 2014, j’ai ravalé mon mauvais esprit et pris le pari de me lancer à la découverte de
The Occult Forces, en dépit d’une pochette au goût discutable. Je ne regrette rien. Même si les Chiliens n’ont sorti que deux LP depuis leur début en 1989 (la démo
Bloody Ceremonial), ils ne déméritent jamais et justifient sans problème les affiliations traditionnellement évoquées :
SADISTIC INTENT,
MORBID ANGEL à l’ère
David Vincent. Certes ils ne parviennent jamais à égaler les maîtres mais, sincèrement, ces huit titres font montre d’une absolue maîtrise du sujet
death metal : sec, nerveux, occulte pour un équilibre idéal entre puissance et véritable travail d’écriture, de recherche mélodique.
Ainsi, loin de se positionner en mode blast systématique et se sortant d’elle-même de la course à celle qui sera le plus rapide, la formation n’hésite pas à planter de nombreux temps ralentis, des solos limpides sur fond de rythmiques
heavy, une telle maestria faisant plaisir à entendre surtout lorsque comme moi vous avez passé une partie de l’après-midi à vous envoyer des projets de troisième division. Quel que soit le poste occupé, le quatuor propose une véritable démonstration de force tant et si bien que j’en viens à regretter de ne pas avoir connu les Chiliens plus tôt. Il faut dire que l’entame ultra efficace « Souls Degradation » donne le ton de l’album : rythmiques ciselées, chant raclé doublé d’un super boulot du batteur qui claque une performance sans faille, avec quelques influences
thrash metal du meilleur effet au moment d’envoyer quelques volées de bois vert (expression de vieux assumée).
Alors c’est vrai que depuis 2014 et la chronique du collègue, je n’ai pas l’impression que grand-chose ait changé. Peut-être que la production sonne plus moderne (mais non en fait, elle est juste moins compressée), les mecs ne sont techniquement pas plus forts, c’est juste qu’il me semble que l’écriture a été raffinée, que les influences sont moins immédiates, les variations d’intensité davantage marquées, autrement dit : pas une remise en question profonde mais une amélioration notable sous tous les aspects. Sans hymne, sans tomber dans la facilité, le groupe s’auto délivre un label d’excellence, sortant dans ce registre l’une des pépites de l’année, ultra carrée, ultra propre et pourtant portée par un souffle quasi mystique tout du long (la montée de guitare à 04:04 sur « Forms From the Occult », quel régal).
En un mot,
The Occult Forces me réconcilie avec une certaine forme de
death metal clairvoyant, le LP valant bien mieux que le cagibi auquel il est voué à être confiné même si, esthétiquement parlant, il n’a rien pour lui : un patronyme à coucher dehors ainsi qu’un
artwork de comics série Z. Si j’osais, j’irais jusqu’à dire que j’entends une filiation avec
ANATA, non pas sur un plan stylistique mais plutôt dans l’aisance à combiner des éléments brutaux et techniques à une approche mélodieuse, accrocheuse, jamais putassière. Voilà le Chili comme on l’aime, épicé et savoureux.
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