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Revel In Flesh - Flesh For The Kult Of Death
Chronique
Revel In Flesh Flesh For The Kult Of Death
Elle aura été de courte durée la fin des activités de REVEL IN FLESH annoncée dans un relatif anonymat en 2024, car à peine quelques mois plus tard cette décision était déjà de l’histoire ancienne quand Ralf Hauber a publié un message expliquant le retour programmé de sa formation phare… avec en prime un nouvel album dans la besace. S’il n’a toujours été qu’un outsider sympathique au sein de son pays le combo a néanmoins signé quelques titres agréables et réussis, malgré des disques assez inégaux qui finissaient toujours par un peu s’essouffler sur la durée. Désormais dernier membre originel encore présent le chanteur s’est pour l’occasion entouré d’une toute nouvelle équipe à ses côtés… prise quasi exclusivement au sein de son autre projet ROTPIT, histoire de repartir sur de bonnes bases et dans une relative sérénité pour enfin espérer gravir cet échelon qu’il a toujours approché sans parvenir à atteindre pleinement son but. Toujours fidèle à ses compatriotes de War Anthem Records le quatuor livre donc ici dix nouveaux morceaux dans la droite ligne des précédents, sans réinventer quoi que ce soit mais conservant toujours cette envie de bien faire et d’asséner la bonne parole suédoise pour qu’elle perdure avec le temps.
Et si on ne peut pas douter de l’engagement sincère de son frontman une fois encore il manque un truc pour que ce long-format passe aisément le cap des écoutes multiples, contenant comme d’habitude les mêmes bons points mais aussi les défauts récurrents faisant donc de cette sortie une bonne réalisation sympathique à défaut d’être marquante et indispensable. Néanmoins tout est réuni pour qu’on passe un agréable moment sans prétentions, la preuve d’entrée avec le simple et direct « Flesh For The Kult Of Death » où la vitesse élevée côtoie les ralentis les plus obscurs… tout en jouant sur ce schéma de façon continue avec un réel équilibre des forces à ses deux extrémités d’où émerge un solo mélodique impeccable qui cherche visiblement à faire apparaître la lumière au milieu des ténèbres. C’est propre et ça passe sans difficultés majeures… à l’instar du remuant et dynamique « Bodybag Inferno » qui mise lui majoritairement sur un bon vieux mid-tempo des familles, absolument redoutable pour se faire mal au cou entre deux ralentissements pachydermiques qui mettent ainsi la vitesse sur le côté pour mieux tout écraser sur son passage. C’est tranchant et impeccable et on apprécie ce déluge de graisse aux légers accents épiques qui fait du bien par où ça passe, le tout se consolidant un peu plus fort sur « The Graverobber » qui continue par la suite à donner envie de prendre les armes, même si ça n’oublie pas de foutre quelques courtes accélérations au milieu d’un bridage encore très marqué mais qui en revanche s’éternise un peu trop longuement. Dommage en effet que certains plans se répètent de façon trop flagrante, étirant ainsi inutilement un contenu qui n’en avait pas besoin… cela va d’ailleurs se retrouver aussi sur les homogènes et agréables « Hellhole » et « Demon Dawn » qui auraient été encore meilleurs en étant plus courts, au lieu de vouloir allonger le propos sans véritablement cohésion.
Cependant rien de rédhibitoire et les mecs nous montrent que quel soit le type d’écriture proposée celle-ci reste très fluide en toutes circonstances, aussi bien quand ça ralentit et s’équilibre que quand une vision plus crue et sale apparaît au milieu de ce bourbier puant. C’est ce qui se passe avec les excellents « Pool Of Blood » et « Death Kult Maniacs » qui ne font pas de quartier et montrent une vision rudimentaire de la musique de ses auteurs, la preuve pour la première des deux compositions où l’on entend en guise d’introduction une tronçonneuse se mettre en route avant que la suite ne soit qu’une déferlante bien brutale d’explosivité menée à fond les ballons en vision frontale et sans concessions. La seconde partie de ce binôme va être un soupçon plus variée même si ça reste bien posé sur l’accélérateur la majorité du temps imparti, avec en prime l’ajout de quelques variations bienvenues pour continuer à secouer la tête comme un forcené avec toujours le même plaisir, ce dont l’impeccable et relativement homogène « Tombstalker » va proposer entre subtilités Punk et accents martiaux disséminés en ouverture et en clôture dans une froideur impénétrable et hivernale au possible. Plus humide également cette plage renforce le malaise ambiant avant un dernier tiers de disque plus étonnant mais pas moins intéressant, qui va montrer un ressenti légèrement plus accessible avec « Priest Of Flesh » à la fois plus mélodique dans son solo et où l’agressivité sans disparaître a pris du recul, même si ça reste assez vigoureux et pêchu. Proposant donc un rendu plus solaire qu’opaque cette nouveauté n’en reste pas moins agréable à l’instar de l’équilibré « The Last Farewell », assez rapidement prévisible mais qui passe quand même tranquillement l’écoute sans briller outre mesure mais sans pour autant nuire aux choses passées auparavant.
Terminant les hostilités par une reprise assez fidèle (mais plus grassouillette et collante) de « All I Had (I Gave) » de CROWBAR - sortie initialement sur leur opus éponyme de 1993, le groupe clôt ainsi un peu plus de quarante-sept minutes parfois monolithiques (tant certains plans se recyclent trop fréquemment et sonnent trop passe-partout), mais qui savent quand même être attrayantes en se forçant un peu. Générique mais pas pour autant à négliger comme inintéressant ce nouveau cru s’il est loin d’être le coup de boost attendu (et qu’on était en droit d’espérer) a quand même de bonnes choses à proposer, même s’il est évident qu’on n’ira pas se réveiller la nuit pour se l’écouter et qu’à l’instar des autres enregistrements de l’entité ça ne ressortira de l’étagère qu’en de rares occasions. Toujours en position d’outsider celle-ci reste donc en embuscade, même si avec le temps on croit de moins en moins à cette possibilité de passer ce cap qui se sera toujours fait attendre, et ce malgré un savoir-faire immuable mais auquel il aura manqué l’étincelle pour se distinguer de la masse concurrentielle locale comme internationale.
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