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Jonas Karlsson » La Thrashoth... »

Abstrusa Unde - Introspection

Chronique

Abstrusa Unde Introspection
Cet album m’a très agréablement surpris. Non pas que je me sois attendu à quelque chose de mauvais, mais rien ne laissait non plus présager d’une telle qualité. Le groupe d’Île-de-France a effectivement sorti soi-même cette production en 2011, prouvant par là-même que les formations sans label ne sont pas à ignorer ! Elles peuvent très bien avoir un excellent niveau de composition et enregistrer avec professionnalisme. Il est vraiment dommage que certains soient réticents envers ces sorties sauvages à cause d’à-priori trompeurs. Il y a au moins 36 raisons différentes qui expliquent qu’un groupe ne soit pas signé hormis sa médiocrité et dans le cas d’ABSTRUSA UNDE, on imagine qu’ils n’ont juste pas encore rencontré les bonnes personnes ou bien pas encore sonner aux bonnes portes. Il se peut aussi tout simplement que les écuries soient trop frileuses à notre époque envers leur style trop éloigné des tendances actuelles. Désormais il est rare de miser sur le black symphonique arrosé de sons électroniques ou de chants féminins...

Car c'est bien le style qu’a choisi ABSTRUSA UNDE pour s’exprimer, misant à la fois sur une expression progressive mais aussi sur de nombreux éléments qui ont fait la joie des auditeurs au début des années 2000. Disons que s'il fallait faire des rapprochements on parlerait de PENUMBRA , de DIABLERIE mais aussi aux Italiens d’EVENFALL. Si l’on pense d’abord aux premiers, c’est pour les nombreux ajouts de vocaux féminins. Leurs tonalités sont variées et soignées, souvent dans un registre soprano. Mais même si elles sont nombreuses, elles restent toujours au service de la voix masculine et l’on ne tombe donc pas dans les abus des trop nombreux groupes à chanteuses gothiques qui ont tué le style. Les autres groupes cités viennent quant à eux à l’esprit pour les emplois de claviers et sons électroniques, eux aussi parfaitement intégrés, sans qu’ils tirent trop la couverture à eux. L’intelligence et l’émotion se partagent bien les rôles pendant 50 minutes.

L’autre comparaison qui permet de mieux cerner ces Français est à faire avec l’univers de Tim Burton. Ce n’est pas continu, mais beaucoup d’ambiances s’approchent de ses films à la fois sombres et poétiques mais avec une certaine légèreté qui plane. L’évolution des titres ainsi que les ajouts de samples divers (enfants qui jouent, bébé qui pleure...) vont également dans ce sens cinématographique. L’imagination travaille et l’on se prend à « voir » la musique. Cette façon de composer rappelle d’ailleurs le Grotesque de PENSEES NOCTURNES, mais en moins pédant. J’ai beau avoir aimé ce dernier, il y avait tout de même un côté hermétique encombrant qui ne se retrouve pas ici. Bon, j’avoue que c’est une sensation plutôt subjective, mais je l’ai ressentie à chaque écoute. L’auditeur d’ABSTRUSA UNDE garde une part de liberté d’interprétation alors que PENSEES NOCTURNES était devenu trop rigide. Pourtant, et c’était mon avant-dernière crainte, la pochette et le livret de cet Introspection ont tendance à faire croire le contraire. On s’imagine facilement une musique prétentieuse, ce n’est pas le cas. La frontière est certes visible, mais elle n’est pas franchise ! Quant à ma dernière crainte elle était motivée par la présence de Renaud Fauconnier de WORMFOOD, ce groupe qui a divisé beaucoup de monde et qui ne fait absolument pas partie de mes références. Pas de problème, le guitariste se fond parfaitement dans le paysage musical du groupe.

Le niveau est bien là durant les 9 titres (50 minutes) et certaines mélodies deviennent vite addictives mais il reste encore quelques imperfections et passages moins marquants. Le réel reproche à formuler serait la difficulté d’enchaîner les écoutes car cet album se savoure avec modération pour éviter une overdose. Si je peux me permettre un rapprochement facile je dirais que cet album est un bloc de foie gras. Qui se l’enfilerait d’un trait ? Ce n’est pas du Nutella !

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Abstrusa Unde
Black Metal symphonique et progressif
2011 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (11)  7.7/10

plus d'infos sur
Abstrusa Unde
Abstrusa Unde
Black Metal symphonique et progressif - 2007 - France
  

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tracklist
01.   Introspection
02.   Hamsa Lonri
03.   Al Aklorodan
04.   Carrousel
05.   The Gutter
06.   Hastra Na
07.   Lost For Life
08.   Suune Kvalta
09.   4.12.12.12.1

Durée : 50:40

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