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Spearhead - Pacifism Is Cowardice

Chronique

Spearhead Pacifism Is Cowardice
Enfin un nouveau Spearhead ! Le retour des Anglais, avec celui de Requiem et Mass Infection, était celui que j'attendais le plus cette année. Sept ans après, j'ai encore les fesses rougies par l'excellent Theomachia qui avait vu le combo britannique transformé en véritable machine de guerre à la Angelcorpse. L'album précédent Decrowning The Irenarch se montrait déjà très convaincant mais sur ce troisième volet, Spearhead franchissait clairement un cap en termes d'intensité. Voilà ce que j'attendais de ce nouvel opus : un Spearhead hargneux, belliqueux et toujours aussi inspiré niveau riffing. Le titre d'album Pacifism Is Cowardice, complètement dans l'esprit élitiste et guerrier de la formation, me mettait déjà la bave aux lèvres, tout comme la pochette splendide très Übermensch et plutôt originale de l'artiste péruvien José Gabriel Alegría alias Hathrul, déjà responsable d'autres belles œuvres pour Whoredom Rife, Obscure Burial ou le Beast Incarnate de Beheaded dont on retrouve ici certains éléments.

Manque de bol, 2018 semble vouloir n'en faire qu'à sa tête en enchaînant les déconvenues. Pacifism Is Cowardice vient s'ajouter à cette longue liste. D'autant plus dommage que c'est loin d'être un mauvais album. Il aurait même pu s'avérer très bon ! Mais alors pourquoi le mettre dans les désillusions alors pauvre imbécile éternel insatisfait ?! Parce qu'il déçoit sur un point en particulier qui a beaucoup d'importante : la batterie. Spearhead a deux nouveaux membres. Le guitariste Praetorian (ex-Diamanthian) et le batteur Typhon (Throne of Nails). S'il n'y a rien à reprocher au premier, j'avoue avoir beaucoup de mal avec le second. Pacifism Is Cowardice joue vite et blaste souvent. Le problème, c'est que les blast-beats se révèlent incroyablement mous, comme si le batteur n'arrivait pas à suivre la cadence. On dirait en plus qu'il joue sans la caisse claire que l'on n'entend à peine. Ça sonne aussi plan-plan que des "semi-blasts" qu'il utilise aussi de temps en temps. D'autant plus bizarre que sur "The Elysian Ideal" à 2'04, seule séquence satisfaisante à ce niveau, Typhon porte enfin bien son nom ! Du coup, ça me fait penser à la reformation live d'Angelcorpse avec un batteur aux fraises, complètement frustrant ! À comparer aussi au dernier album de Drawn and Quartered, The One Who Lurks, plombé par une batterie loin du lustre d'antan.

Oui, la batterie gâche tout. L'impact du blackened death metal de Spearhead, censé être radical, bestial et élitiste, s'en trouve dès lors très diminuée. Au lieu d'une tornade de haine dévastatrice comme sur l'implacable Theomachia, ça fait plutôt pétard mouillé ! En gros, on est ici plus sur du Hammer of Gods que du Exterminate en termes d'intensité. Une sorte de retour à Decrowning the Irenarch niveau vitesse sauf que ça collait mieux au riffing plus thrash de l'époque. Ici le contraste se fait trop important. Vraiment très dommage quand, à côté, ça gère. Car musicalement, Pacifism Is Cowardice tient tout à fait la route. Sans offrir un riffing aussi impérial que Theomachia, ce nouveau disque propose tout de même une belle panoplie de riffs efficaces, travaillés et mémorisables, souvent en tremolo. Proche d'un Angelcorpse qui reste l'influence principale, le riffing se part fréquemment d'atours black metal plus ou moins prononcés qui collent très bien à l'ambiance sombre et supérieure ("Of Sun and Steel" à 3'20, mid-tempo black 'n roll à 2'53 sur "Wolves of the Krypteia, We", "Violent Revolt Ruination" à 1'42, "Degeneration Genocide" à 1'22, la charge d'entrée de "The Elysian Ideal" et à 2'21, "A Monarch to Rats" à 1'23, "Khan" à 1'37, etc.). Au rayon solos, on n'a pas non plus à se plaindre puisque les Anglais nous balancent une tripotée de leads chaotico-mélodiques entre Angelcorpse pour les plus chaotiques et vibrato-friendly et Morbid Angel pour les plus mélodiques. Quant aux vocaux du frontman bassiste Barghest, on navigue entre chant écorché à la Helmkamp (en moins haineux, Pete est inégalable !) parfois superposé à un timbre guttural plus death classique, et growls moins graves, presque scandés, qui rappellent ce que propose Cruciamentum sur son dernier méfait (fin de "The Elysian Ideal" en particulier). On note d'ailleurs quelques notes communes musicalement sur certaines séquences comme dans "A Monarch to Rats" (0'27, 2'52). Les vocaux manquent un peu de hargne, de puissance et de haine mais ça reste tout à fait convenable, plutôt varié et parfois carrément fédérateur sur certains refrains ("Ajativada", "Khan").

Cela paraît contradictoire pour un album au jeu rapide (même s'il y a bien des ralentissements) d'être décrit comme mou. Il est aussi non seulement étonnant mais surtout plus que dommage de parler de déception pour une œuvre qui riffe aussi bien. Et pourtant c'est bien le cas avec ce Pacifism Is Cowardice. Des fois, un détail vous fait grincer des dents et vous n'entendez plus que ça. Il y a bien quelques autres défauts comme cette intro orchestrale bruitiste, "Duellorum", qui par chance dure moins d'une minute, l'interlude "Hyperanthropos", dans le même genre en plus long ou encore "Aftermath" qui finit malheureusement comme ces deux pistes après une première partie martiale et crépusculaire des plus réussies. Mais c'est bien la batterie qui plombe vraiment l'opus et qui m'empêche de savourer un album qui sinon m'aurait comblé, à l'instar du dernier Drawn and Quartered ou des lives récents d'Angelcorpse. Les riffs rapides travaillés et inspirés, les solos chaotico-mélodiques à l'ancienne, l'ambiance sombre et guerrière, le chant écorché autoritaire, les influences black, le modèle Angelcorpse, le titre anti-hippies, la splendide pochette, tout était là pour en retirer un plaisir certain. Sauf que le batteur en a décidé autrement avec ses blast-beats de tétraplégiques sans caisse claire. Le détail qui tue et fout tout en l'air. Pourtant, je ne vois figurer cet aspect nulle part dans les chroniques positives lues à droite à gauche sur le Net ! Serait-ce moi qui fait une fixation ? Moi qui serait devenu un râleur invétéré ? Non, je l'ai toujours été. Peu importe les nombreuses qualités affichées par Spearhead sur Pacifism Is Cowardice qu'il serait certes idiot d'occulter, celui-ci me déçoit, quand bien même il semble satisfaire beaucoup de monde. Jugez par vous-mêmes et si cela vous convient malgré ma critique, tant mieux pour un groupe pour lequel je garde beaucoup de respect. De mon côté, je ne ferai jamais semblant. Ce sera donc un nouveau revers pour 2018 ...

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Spearhead
Blackened Death Metal
2018 - Invictus Productions
notes
Chroniqueur : 6.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  7/10

plus d'infos sur
Spearhead
Spearhead
Blackened Death Metal - 2005 - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Duellorum  (00:50)
02.   Of Sun and Steel  (03:55)
03.   Ajativada  (03:47)
04.   Wolves of the Krypteia, We  (03:42)
05.   Violence Revolt Ruination  (04:28)
06.   Hyperanthropos  (02:14)
07.   Degeneration Genocide  (04:12)
08.   The Elysian Ideal  (03:33)
09.   A Monarch to Rats  (03:56)
10.   Khan  (03:40)
11.   Aion (Two Keys and a Lion's Face)  (05:32)
12.   Aftermath  (02:23)

Durée : 42:12

line up
parution
23 Novembre 2018

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