chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
305 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
La Thrashoth... » La Thrashoth... »

Esoteric - A Pyrrhic Existence

Chronique

Esoteric A Pyrrhic Existence
Il est toujours délicat de s’attaquer à la chronique d’un album d’un groupe culte comme peut l’être Esoteric. Les Britons sont en effet, avec Thergothon et Skepticism, les pères fondateurs du funeral doom, à ceci près toutefois qu’Esoteric a sensiblement évolué et que, dès le départ, sa patte, la singularité du son développé comme celle des ambiances psychédéliques proposées l’ont assez largement départi de ses confrères.

La carrière du combo de Birmingham est en tout point remarquable. Si les débuts sont obscurs, emprunts d’une inaccessibilité aristocratique et d’une épaisseur certaine qui ne sont pas pour me déplaire (en gros, Epistemological Despondency, The Pernicious Enigma et Metamorphogenesis), la suite est plus directe (Subconscious Dissolution into the Continuum), moins torturée et alambiquée (The Maniacal Vale), voire nettement plus lumineuse (Paragon of Dissonance). A Pyrrhic Existence marque le retour à des ambiances sombres et fortement marquées par des atours psychédéliques occupant assez largement l’espace sonore.

L’auditeur va devoir d’emblée retenir sa respiration car la plongée dans ce double album de 1h37 pour 6 titres s’annonce abyssale. Elle est exquise.

Descent ouvre ainsi les hostilités avec une intro nocturne, mi-éthérée, mi-souterraine, très caractéristique du combo anglais. Le son est, comme à l’habitude, fortement réverbéré, clair et lourd à la fois. La voix unique de Greg Chandler pose ses effets sur des mélodies sublimes, faisant jouer à plein le contraste entre ses atours abyssaux et les aspects totalement éthérés de la musique. Le relief ainsi dessiné est magnifique, les riffs tournoyant autour de cette voix sépulcrale sans que le titre ne perdre une once de dynamique. La réverb’ est totale, comme si le morceau était joué au fond des eaux profondes, donnant le sentiment que les riffs se répandent comme une ondulation.

Le schéma d’Esoteric est connu. Il se répète depuis ses débuts : de l’intro opaque aux structures prog’, semi-ambiant jusqu’au final éthéré. Il est ici démultiplié à l’envie pour notre plus grand bonheur. Les montées en puissance (Rotting in Dereliction et son accélération subite dès 7’) le disputent aux ponts atmosphériques (le pont vers les 8’ sur Consuming Lies, mélange d’ambiances spatiales et bluesy, remarquable ; le départ majestueux de Culmination), les structures prog’ pénètrent les ambiances psychés, la voix tellurique redessine les riffs aériens (le pont sur Descent dès 13’ ; Rotting in Dereliction). Les titres s’enchaînent ; l’immersion est totale.

L’onirisme est fortement souligné sur cet album. Descent et Rotting in Dereliction l’illustrent parfaitement, avec leurs développements quasi Lovecraftiens, mais Antim Yatra en est l’apothéose, qui s’étale littéralement dans une atmosphère de contemplation merveilleuse. Cet instrumental sublime s’impose par sa majesté et permet un basculement vers la seconde partie de l’album.

Consuming Lies et Culmination modifient la perspective. Plus lumineux que le début de l’album, ils relancent la dynamique sur des ambiances plus lumineuses, plus proche de The Maniacal Vale. Les riffs lentement égrenés, sobrement détachés participent là encore de cette atmosphère méditative qui constitue le fil rouge de cet album. Les riffs sont profonds, amples, le son est enveloppant, presque cotonneux. La structure se répand comme un miel épais, doucement, inexorablement et finit par tapisser tout l’espace sonore, remplissant chaque interstice. L’impression auditive est surprenante. Sauf quelques riffs plus tranchants, plus saccadés, accompagnés d’une voix plus agressive (vers 5’ sur Consuming Lies ou au bout de 14’ sur Culmination), la progression n’est jamais heurtée.

Sick and Tired clôture l’album de la même façon, le départ délié du morceau, léger, annonce une fin d’album en douceur. Comme s’il était temps de revenir vers la surface. Ce final, disons-le d’emblée, est magnifique. Bourrée d’effets, la structure est proprement surchargée d’informations, alternant sans cesse entre des mélodies ultra aériennes, enchanteresses et une voix d’outre-tombe qui créé un contraste hallucinant, le tout porté par un son clair et enveloppant qui met l’ensemble en valeur comme jamais. Les changements sont multiples, le seul fil rouge demeurant ces mélodies sublimes, totalement immersives.

A Pyrrhic Existence est un chef d’œuvre. Disons-le clairement. C’est, pour ma part, le meilleur album d’Esoteric depuis très longtemps. Il réussit la gageure de réunir, véritablement, sans aspects marketing, tout le meilleur du groupe, des ambiances crépusculaires aux atmosphères lumineuses, des structures prog’ aux mélodies envoutantes. Seule cette pochette, indigne, le met (très légèrement) à la faute. Pour le reste, l’hésitation n’est pas permise. Sans aucun doute l’album funeral doom de l’année.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Esoteric
Funeral Doom
2019 - Season Of Mist
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (5)  9.3/10
Webzines : (5)  8.4/10

plus d'infos sur
Esoteric
Esoteric
Funeral Doom - 1992 - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Descent  (27:39)
02.   Rotting In Dereliction  (15:51)
03.   Antim Yatra  (04:40)
04.   Consuming Lies  (15:16)
05.   Culmination  (19:03)
06.   Sick And Tired  (15:46)

Durée : 98:15

line up
parution
8 Novembre 2019

voir aussi
Esoteric
Esoteric
Subconscious Dissolution into the Continuum

2004 - Season Of Mist
  
Esoteric
Esoteric
Paragon Of Dissonance

2011 - Season Of Mist
  
Esoteric
Esoteric
The Maniacal Vale

2008 - Season Of Mist
  

Essayez aussi
Eye Of Solitude
Eye Of Solitude
Sui Caedere

2012 - Kaotoxin Records
  
Shape Of Despair
Shape Of Despair
Shades Of...

2000 - Spikefarm Records
  
Hellish Form
Hellish Form
Deathless

2023 - Transylvanian Recordings
  
Obed Marsh
Obed Marsh
Înnsmouth

2016 - Indépendant
  
Wreck of the Hesperus
Wreck of the Hesperus
Light Rotting Out

2011 - Aesthetic Death
  

Album de l'année
The Agony Scene
Get Damned
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère
Critical Defiance
Rivers Of Blood
Lire la chronique
Death Feast Open Air 2026
Annotations Of An Autopsy +...
Lire le live report
The Bleeding
Godless Communion
Lire la chronique
Miscreance
Reminiscence
Lire la chronique
Harlott
Exsequiis
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Phantom Corporation / Catbreath
Commando / Die By The Claw ...
Lire la chronique
Crashdeath
Loverbone
Lire la chronique
Entretien avec CAGE FIGHT
Lire le podcast
Entretien avec DEATH DECLINE
Lire le podcast
Motocultor 2026 - Live Report
Lire le dossier
Exumer
Death Mask Messiah
Lire la chronique
Interview avec HEART ATTACK
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Ninth Realm
Damnation's Veil
Lire la chronique
Mucky Pup
Lemonade
Lire la chronique
D.R.I.
4 Of A Kind
Lire la chronique
Orph
Dead (EP)
Lire la chronique
Maidenhead
Maximum Clonage
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warthrash
No Light Shall Remain
Lire la chronique
Uncontrolled
…No Hope (EP)
Lire la chronique
Forced Entry
Uncertain Future
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Eradikated
Wiring Of Violence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Crossover
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique