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Perdition Temple - Sacraments Of Descension

Chronique

Perdition Temple Sacraments Of Descension
Cinq ans, c’est en général le temps qu’il faut à Gene Palubicki pour gérer ses sempiternelles histoires de line-up et donner naissance à un nouvel album de Perdition Temple, l’un des deux groupes dans lequel il officie encore avec Blasphemic Cruelty. Et en effet, il y a eu pas mal de changements depuis 2015 et la sortie du très bon The Tempter's Victorious puisqu’avec le retrait d’Impurath, Gene s’est vu contraint de reprendre du service derrière le micro, une position qu’il n’avait plus tenu depuis la sortie d’Edict Of The Antichrist Elect il y a déjà dix ans. Pour cette cuvée 2020, il est également à noter que Bill Taylor (guitare) et Gabriel Gozainy (basse) ne sont plus de la partie et que seul le dernier a été remplacé par Alex Blume d’Ares Kingdom et Blasphemic Cruelty.

C’est donc désormais sous la forme d’un trio qu’opère Perdition Temple dont le troisième album intitulé Sacraments Of Descension est sorti en mars dernier sur Hells Headbangers Records. Un disque illustré par le Chilien Daniel Corcuera (Cruciamentum, Diocletian, Eggs Of Gomorrh, Necrowretch, Slaughtbbath, Unaussprechlichen Kulten...) qui livre ici une oeuvre absolument infernale. Un travail une fois de plus réussi et surtout particulièrement raccord avec ce genre de Death Metal intense et jusqu’au-boutiste qui plaît tant à l’ami Palubicki.

Car ce ne sont pas les années qui passent qui semblent avoir entamé la motivation et l’énergie du musicien américain toujours aussi prompt à dégainer ses riffs éclairs plus ou moins tarabiscotés. Ainsi, l’ancien compagnon d’arme de Pete Helmkamp au sein d’Angelcorpse poursuit ses pérégrinations en terrains hostiles à coups de compositions toujours aussi frontales. L’attaque étant bien souvent la meilleure des défenses, Perdition Temple passe effectivement le plus clair de son temps le couteau entre les dents, pilonnant à tout va à coup de blasts quasi-interrompus et de riffs éclairs qui semblent changer de direction comme un girouette en pleine tempête.

Toujours coincé quelque part entre Angelcorpse, Morbid Angel et Nox, Perdition Temple nous livre ainsi un troisième album toujours aussi dénué d’originalité. Pour autant et comme à chaque fois, le seul constat qui s’impose à la fin de cette petite demi heure particulièrement musclée c’est à quel point cette formule s’avère ô combien redoutable. Une efficacité à toute épreuve même face à un son de batterie pas forcément toujours très engageant. En effet, c’est là l’un des principaux points noirs de ce Sacraments Of Descension, une batterie extrêmement volontaire mais à la couleur parfois trop impersonnelle et synthétique. Dans l’ensemble de ces trente-quatre minutes, celle-ci ne s’avère pas particulièrement gênante (personnellement, je m’y fait plutôt bien) mais si l’on décide de s’y attarder un peu trop longuement, il est vrai que l’on en vient alors assez facilement à se sentir agacer par ces triggues systématiques et surtout un poil trop voyants et ce son, notamment celui de la grosse caisse et de la caisse claire, beaucoup trop clinique et pas suffisamment naturel.
Un détail qui peut donc selon votre sensibilité sur le sujet avoir toute son importance mais sur lequel je passe outre bien volontiers ici, préférant me rendre à l’évidence simple que Perdition Temple nous régale une fois de plus grâce à un album absolument sauvage, mené pied au plancher le temps de compositions pourtant toujours assez longues (4:30 de moyenne) mais diablement efficaces. Faisant fi des modes et autres retours en grâces, Gene Palubicki ne se fait pas prier pour jouer ce qu’il sait jouer de mieux : des riffs exécutés à toute berzingue, changeant de caps au gré de ses envies, tricotant avec une énergie et une intensité qui frise l’hystérie. Cerise sur le gâteau, l’Américain se montre une fois encore généreux lorsqu’il s’agit de dispensés ces fameux solos chaotico-mélodiques hérités du grand Trey Azagthoth. Une dynamique à perdre haleine que va (tenter de, diront les mauvaises langues) suivre Ronnie Parmer à coup de blasts soutenus mais au final assez peu variés (caisse claire et double grosse-caisse à fond les ballons). Car c’est là l’autre point noir du Death Metal de Perdition Temple, une certaine redondance dans le propos et l’exécution qui aurait pu lui être préjudiciable si le groupe avait fait l’erreur de s’éterniser. Fort heureusement ce n’est pas le cas et surtout on trouve tout un tas de ralentissements toujours bien sentis qui permettent ainsi d’aérer l’ensemble et de changer le ton à coups de séquences forcément un poil moins punitives.

Hormis ces histoires récurrentes de line-up, rien n’a vraiment changé du côté de Perdition Temple qui continue à faire preuve d’une belle intensité en oeuvrant dans un Death Metal pour le moins bestial et finalement assez peu représenté ces dernières années. Certes, l’affiliation avec Angelcorpse auquel il a brillamment participé reste encore et toujours aussi évidente mais comme Pete Helmkamp semble en avoir terminé avec le groupe et que les choses se sont plutôt ramollies du côté d’Abhomine, ce troisième album constitue un parfait substitut à tous ceux en manque de ce genre d’album hystérique et jusqu’au-boutiste. Enfin, même si Impurath s’en était très bien sorti à l’époque de The Tempter's Victorious, il faut bien avouer que cela fait plaisir d’entendre à nouveau le père Palubicki s’arracher les cordes vocales à un débit lui aussi particulièrement soutenu. Bref, tout ça manque peut-être d’originalité et de personnalité mais cela n’a finalement que peu d’importance lorsque l’on se prend une telle dérouillée. Allez, rendez-vous en 2025.

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Perdition Temple
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (4)  7/10
Webzines : (2)  8/10

plus d'infos sur
Perdition Temple
Perdition Temple
Death Metal - 2009 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Nemesis Obsecration  (04:52)
02.   Desolation Usurper  (04:28)
03.   Eternal Mountain  (03:35)
04.   Devil's Countess  (04:47)
05.   Crypts Of Massacre  (04:11)
06.   Carnal Harvest  (04:20)
07.   Red Reaping  (04:15)
08.   Antichrist  (03:50)

Durée : 34:18

line up
parution
27 Mars 2020

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