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Burying Place - In The Light Of Burning Churches

Chronique

Burying Place In The Light Of Burning Churches
On l’a souvent dit et répété mais le temps et patience sont des vertus importantes qui ont malheureusement tendance à se perdre aujourd’hui à l’heure de l’immédiateté et de la nouveauté constante, au risque d’amener de la saturation et de passer à côté de l’essentiel. Si les raisons d’une si longue attente chez BURYING PLACE sont inconnues ce qui est certain en revanche c’est que cela en valait la peine, tant le quintet nous délivre ici un premier album de haute-volée qui sort quand même trente ans après ses débuts au sein de l’underground Lituanien. Evoluant en effet sous ce nom depuis 1992 le combo a pourtant paradoxalement très peu joué sur scène comme enregistré en studio, vu qu’il n’a sorti que deux Démos en 1993 et 1994 avant de publier en 2009 une courte prestation scénique locale, puis de disparaître jusqu’à aujourd’hui pour enfin publier un long-format très inspiré où la brutalité côtoie un groove généralisé. Car contrairement à nombre de combos évoluant dans un Brutal Death bas de plafond, linéaire et balourd (dont Comatose s’est fait hélas une spécialité), celui de Vilnius a quant à lui réussi le tour de force de proposer une musique certes très violente et suffocante où la vitesse et le tabassage reste prépondérants, mais qui sait aussi varier rythmiquement pour alourdir le rendu et donner aussi souvent l’envie de secouer la tête. Si la technique est ici imposante (par des guitares imparables, une basse bien lourde et audible et surtout un batteur tentaculaire dont le jeu aux pieds est impressionnant – et dont on sent l’influence de Dave Culross), elle ne tombe néanmoins jamais dans l’excès de par sa grande fluidité, aidée en cela par un chanteur à la voix gutturale d’une grande profondeur et à la noirceur totale.

Du coup on comprend pourquoi le guitariste Giedrius Ambraziejus a maintenu en vie son entité malgré les galères et les changements incessants de line-up (il est le seul membre permanent encore en place – avec le chanteur historique revenu aux affaires après un long break), car bien qu’il soit resté très discret durant toutes ces décennies le groupe n’a jamais été mis à l’arrêt profitant de ces pauses forcées pour trouver l’inspiration à ce disque qui sort sur un petit label local, mais qui aurait mérité une meilleure exposition. En effet dès qu’on en a fini avec l’intro on est littéralement happé par la haine qui se dégage du tentaculaire « Blinded By God » tout en explosivité et en tabassage constant, qui prend l’auditeur à la gorge sans jamais relâcher son étreinte. Aidé par une production organique et relativement naturelle où l’on s’aperçoit du niveau élevé de chacun des musiciens qui balancent la purée sans compromissions, et qui offrent nombre de passages où l’on a envie secouer la tête comme un forcené. Constat identique sur le semblable « Sons Of Evil » qui mets néanmoins un peu plus de cassures afin de densifier encore une radicalité implacable, et que rien ne semble pouvoir arrêter dans son entreprise de destruction massive. Cependant dans un genre aussi calibré il est difficile de ne pas tomber dans une certaine redondance et c’est cela qui arrive ici à cause notamment d’une durée parfois un peu excessive (les gars dépassant allégrement les six minutes à plusieurs reprises), et qui plombe du coup l’attention malgré les qualités intrinsèques contenues dans chacun des titres.

Cela s’entend sur « Death » qui aurait gagné à être raccourci, au lieu de cela il s’enlise un peu et donne la sensation de ne jamais vouloir se terminer mais heureusement ce léger faux-pas sera le seul véritable accroc de ce long-format, qui va continuer à se densifier au fur et à mesure de son avancée et en lorgnant de plus en plus vers la scène d’outre-Atlantique. Car on sent l’influence des grands noms de là-bas autant sur l’oppressant « Depressive Destruction » (où le tapis de double se mêle à des parties mid-tempo remuantes et entraînantes, mais sans y perdre en brutalité tant ça frappe toujours fort et de façon très énergique) que sur le tout aussi bon « Treason » (où les coups de caisse claire sonnent tels des coups de boutoir et rafales de mitraillette). Si l’on passera volontiers sur les deux interludes inutiles en revanche il faut saluer également le boulot effectué sur l’hyper dense « In The Light Of Burning Churches » au nom sans concessions et à la construction plus complexe, vu que tout ici démarre de façon très massive et écrasante pour amener un malaise supplémentaire où l’obscurité y est encore plus impénétrable qu’auparavant. Tout cela avant que le tout n’explose complètement en passant en revue l’intégralité des rythmiques disponibles, et ce sans jamais faire dans le trop-plein vu que tout y est parfaitement digeste… comme depuis le début d’ailleurs.

Se clôturant par le très bon « Cold, Hate And Pain (The Land Of Crosses) » qui reprend tout ce qui a été proposé jusque-là en y voyant l’intégration d’une légère mélodie parfaitement bien troussée et raccord avec le reste, cette galette se termine de façon tout aussi convaincante que le reste prouvant que malgré la longue attente pour la sortir ses géniteurs ont bien fait de patienter. Si tout cela ne révolutionne rien et qu’il est difficile de faire émerger une plage plus qu’autre de par des moments régulièrement interchangeables le résultat est largement à la hauteur, tant ça poutre comme il faut avec la folie nécessaire mais sans être totalement barrée non plus. Maîtrisé de a à z par des vieux briscards locaux à l’expérience indéniable ce disque qui combine à merveille la technicité et rugosité du style Américain (NILE, NECROPHAGIST) à la puissance débridée du Brésil (KRISIUN, NEPHASTH et REBAELLIUN en tête), et même s’il manque un truc pour en faire un incontournable on appréciera sans problème ce bon gros défouloir abrasif et enragé qui prouve la qualité générale des entités du pays Balte (CRYPTS OF DESPAIR, AU-DESSUS) et aussi sa capacité à savoir conserver une radicalité sans se perdre en cours de route, comme c’est malheureusement trop souvent le cas actuellement en matière de Death extrême.

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Burying Place
Brutal Death Metal
2022 - Inferna Profundus Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Burying Place
Burying Place
Brutal Death Metal - 1992 - Lituanie
  

tracklist
01.   Intro – Liars
02.   Blinded By God
03.   Sons Of Evil
04.   Depressive Destruction
05.   Death
06.   Treason
07.   Intro – Revenge
08.   In The Light Of Burning Churches
09.   Intro – Pain
10.   Cold, Hate And Pain (The Land Of Crosses)
11.   Outro – The End

Durée : 48 minutes

parution
1 Mai 2022

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2020 - Autoproduction
  

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