Crown Of Tho... »
Self Hypnosi... »
Continuum Of Xul - Voratore
Chronique
Continuum Of Xul Voratore
Groupe italien formé en 2019 par Mattia De Fazio (ex-Antropofagus, ex-Hellish God...) et Matteo Gresele (Ad Nauseam, ex-Hellish God...), Continuum Of Xul m’avait tapé dans l’oeil et surtout les deux oreilles grâce à une première démonstration trois titres d’abord autoproduite avant d’être proposée quelques mois plus tard au format cassette par leurs compatriotes de Dismal Fate Records mais aussi par les Américains de Desert Wastelands Productions. J’aurai pu et j’aurai dû vous en parler à ce moment-là mais comme vous pouvez le constater, je n’en ai malheureusement jamais rien fait... Un constat qui n’a cependant pas empêché les Italiens de poursuivre leur route puisqu’en 2021 sortait un split en compagnie d’Abyss Of Perdition suivi en 2022 par un EP intitulé Falling Into Damnation paru cette fois-ci sous les couleurs du label tchèque Lavadome Productions. Après trois ans d’absence et un changement de batteur (exit Giulio Galati (Nero Di Marte, ex-Mass Infection, ex-Hideous Divinity...), bienvenue Marco Dal Pastro (Defacement, Earth & Pillars, Prison Of Mirrors...)), le groupe a sorti il y a tout juste un an ce premier album intitulé Voratore.
Sans grande surprise, j’ai rapidement été attiré par cette très chouette illustration signée des mains de l’artiste ukrainienne Mariya Popyk. Un nom qui ne vous dit peut-être pas grand chose mais à qui l’on doit les récents artworks d’Angel Death, Assumption, Deathfucker ou Theurgy. Une dame compétente qui, si vous n’avez encore jamais entendu parler des Italiens, devraient alors très probablement vous avoir menés jusqu’à la lecture de cette chronique. Enregistré, mixé et masterisé par Tommaso Volpe (Black Ejaculation, Funest, Macabro Genocidio, The Rite...), ce premier longue-durée compte dix « nouveaux » morceaux parmi lesquels une relecture du titre "Conjuration Through Obscurity" déjà présent sur Promo MMXIX ainsi que sur ce split en compagnie d’Abyss Of Perdition. Un tout petit peu de redite mais pour autant, avec une durée totale affichée à près de quarante minutes, ne comptez pas sur moi pour faire la fine bouche et râler.
Quoi qu’il en soit, avec ce premier album paru chez Unholy Domain Records, Continuum Of Xul n’entend pas vraiment changer de formule. Lui qui depuis 2019 s’applique à rendre hommage de la plus belle des manières aux Américains de Morbid Angel, Immolation et Angelcorpse va donc avec Voratore poursuivre dans cette voie sans véritablement chercher à en dévier. Un point qui ne devrait probablement pas poser de problème étant donné la qualité et l’efficacité de ces dix compositions particulièrement bien troussées.
Effectivement marqué du sceau de ces trois groupes majeurs de la scène US, Voratore est un bel exemple d’assimilation opéré par nos trois Italiens. Musiciens accomplis et reconnus aux carrières plus ou moins significatives (en tout cas dans le petit milieu des musiques extrêmes), nos trois lascars font preuve d’un talent certain dans la relecture et l’appropriation de codes et autres gimmicks propres à ces quelques formations. Personne, ni vous, ni moi, n’ira ainsi crier au génie à l’écoute de ces dix compositions mais je mets ma main à couper que tous ceux qui poseront leurs oreilles sur le Death Metal de Continuum Of Xul y trouveront largement leur compte s’ils ont un jour succombé aux charmes de l’une ou l’autre de ces trois entités aujourd’hui cultes et incontournables.
Malgré quelques morceaux tels que "The Dark Star", "Key Of The Universe" et "Yawning Void Of Naxyr" qui sur le papier et comparativement au reste de l’album semblent tirer quelque peu en longueur en s’affichant ainsi à plus ou moins cinq minutes, la cadence de ce premier album est pourtant sans équivoque. Un rythme globalement très soutenu conduit par tout un tas de riffs ultra nerveux et alambiqués qui enchainent les patterns à toute berzingue, par une batterie généreuse qui laisse pleuvoir les blasts, coups de boutoirs et autres tapis de double sans jamais demander son reste, par un growl tout ce qu’il y a de plus classique mais cependant bien décidé à ne pas rester à la traine ainsi que par quelques solos et autres leads qui, s’ils ne possèdent ni la frénésie ni l’hystérie d’un Trey Azagthoth, apportent cependant une dimension mélodique intéressante et particulièrement bienvenue à la musique des trois Italiens et qui pour le coup évoque davantage Immolation. Baignant ainsi dans une atmosphère fuligineuse et absolument infernale, Voratore n’est pourtant pas ce que l’on peut appeler un album bas de plafond dénué de nuances. Outre "Kadhoth" qui sert ici de longue introduction instrumentale particulièrement atmosphérique, on trouve tout au long de ces trente-neuf minutes de quoi varier les plaisirs et ainsi rompre avec ces nombreux assauts qui composent l’essentiel de ce premier album. Parmi les contrepoints les plus flagrants on trouve effectivement "The Dark Star" qui ne sera pas sans rappeler "Where The Slime Live" de vous savez qui. L’instrumental "Evestrum (Shades Of Night)" dispensé en fin de parcours offre également tout ce qu’il faut en matière de contrastes dynamiques avec d’un côté des séquences assez écrasantes et de l’autres des passages plus soutenus. Ceci étant dit, même les morceaux les plus vindicatifs et bas du front comptent également quelques ralentissements et autres moments tout simplement moins tendus. De brèves et toutes petites baisses de régime consenties ici et là ("The Pillars Of Creation" entre 1:11 et 1:35 ainsi que sur cette dernière partie à compter de 2:29, les premiers instants de "180 - N.O.X. Formulae" puis de nouveau à compter de 2:07, "Hellspawn In Aeternum" à 1:44, l’entame de "No Praise For Your Saviour", "Key Of The Universe" à 1:35...) afin d’introduire quelques respirations et autres trous d’air nécessaires à la bonne diversité de l’ensemble.
Alors je vous le concède, les influences de nos trois Italiens sont en effet plutôt flagrantes à l’écoute de ces trente-neuf minutes mais quelle importance lorsque l’on a l’opportunité de s’enfiler dans les oreilles un album aussi efficace et bien ficelé que Voratore ? Franchement, qui aurait l’audace de ne retenir de ce premier album ce seul petit manque d’originalité ? Certainement pas moi qui prend un plaisir immense à l’écoute de ces bourre-pifs nerveux et intenses délivrés par un groupe en pleine maitrise de ses instruments et de sa formule. Oui, Morbid Angel, Immolation et Angelcorpse planent allègrement sur ces petites quarante minutes mais on a tout de même vu pire comme références non ? Surtout, toutes ces influences sont à vrai dire parfaitement digérées et ne sonnent jamais comme un simple copier / coller éhonté mais davantage comme relecture intelligente de ce qui fait la force de ces dites formations. Bref, si vous êtes toujours en quête d’un Death Metal sincère et intense mais aussi technique et digeste, je ne saurais que vous conseiller de jeter une oreille à Continuum Of Xul et à ce premier album imparable.
| | AxGxB 20 Février 2026 - 367 lectures |
| |
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB