Un album de
TODAY IS THE DAY fera-t-il un jour l’unanimité ? À cette heure, je n’ai toujours pas découvert
Never Give in, le dernier en date, mais ce n’est assurément pas ce
No Good to Anyone qui jouera le rôle de fédérateur. Six ans le séparent d’
Animal Mother, un délai exceptionnellement long entre deux sorties, le ménage a une nouvelle fois été fait au niveau de l’équipe encadrante puisque le groupe accueille
Tom Bennett à la batterie et
DJ Cox à la basse (des inconnus ?) afin de reconstituer l’inamovible formule gagnante : celle du trio, la seule configuration qui semble convenir à la vision musicale de
Steve Austin. Comme il se doit, il fut inutile pour les deux acolytes de déballer leurs sacs car ils sont repartis
illico presto à leurs petites affaires. De toute façon, j’ai envie de qualifier leurs prestations respectives de relativement anecdotiques, ce n’est pour aucun des deux que l’on conservera le LP en mémoire.
Coincées entre les deux grosses pièces que sont l’introduction « No Good to Anyone » (07:28) et la conclusion « Rockets and Dreams » (08:06), les douze autres compositions, du moins en termes de durée, se situent dans la norme : beaucoup de concisions à base de deux minutes et quelques, des interludes instrumentaux d’une poignée de secondes (« Orland » ; « Agate ») et des pistes tout de même un peu plus conséquentes parvenant à atteindre les quatre minutes. Cela dit, ayant encore en mémoire le supplice auditif « Bloodwood », la longueur des compositions n’aura jamais été un indicateur de qualité chez
TITD. Quoi qu’il en soit, le résultat final s’avère à la fois terriblement bancal et néanmoins touchant tant le compositeur semble poursuivre son inexorable travail de mise à nu face à l’auditeur, alors qu’il me semble acquis que cette parution perdra en route les fans des périodes les plus sévères tant nous peinons à retrouver ici la folie furieuse qui caractérisait les morceaux de bravoure d’antan.
Oui, la voix passe encore et toujours au travers de tonnes de filtres bizarres mais le rendu s’avère étonnement tolérable pour une oreille légèrement entraînée, ce qui n’était absolument pas le cas sur un
In the Eyes of God par exemple, sans doute la performance vocale la plus démente enregistrée par le
leader. Là, si tu écoutes « Mercy » ou « Callie », tu auras vraiment du mal à reconnaître le monstre que l’on craignait tous. Peut-être est-ce dû à l’accroissement de la présence du
grunge, prépondérant sur « OJ Kush », « Mercy » qui rend presque comme du
FOUR NON BLONDES (les auteurs du tube « What’s Up ») dépressif. De plus, sur quasiment tous les passages burnés de toutes les pistes, le spectre des
MELVINS plane notamment à cause d’une guitare
fuzz entêtante. J’aime ça le
fuzz, j’aime le son de Seattle, mais jamais un album de
TODAY IS THE DAY n’a contenu autant de chansons où l’on s’ennuie ferme : « Mexico », « Rockets and Dreams », « You’re All Gonna Die » (malgré son bon break aussi rare qu’efficace à la double pédale), « Orland » (elle sort d’un mauvais
soap cette mélodie au piano ?), « Cocobolo »… Le truc flagrant c’est que même lorsque nous sommes faces à des attaques réellement frontales, la violence exprimée semble vidée de sa substance nocive alors qu’une poignée d’éclairs géniaux nous laissent entrapercevoir ce qu’aurait pu être le disque parfait. Frustration intense.
À ce petit jeu, la piste éponyme se montre jouissive grâce à un
riffing lancinant vraiment typique des Américains, la voix te murmure des insanités dans le creux de l’oreille, c’est sincèrement une très bonne ouverture qui a de plus le bon goût de poser quelques accélérations et autres dérives
noise de fort bon aloi. Il en va de même pour « Son of Man » puis surtout l’incroyable « Burn in Hell » aux relents
stoner fumé jusqu’à la moelle, chanson d’autant plus marquante qu’à 01:50 elle possède le seul sprint réellement agressif de cette galette. Sa malignité fait cruellement regretter que le reste soit aussi mollasson.
Je l’apprécie ce
No Good to Anyone mais pourquoi est-ce que je pense à l’épouvantable « Dog Day Sunrise » repris par
FEAR FACTORY sur
Demanufacture (à quand une chronique ici ?) lorsque j’écoute « You’re All Gonna Die » ? Et pourquoi est-ce que
Mike Patton me vient à l’esprit au cours de « Cocobolo » ? Je n’aurais évidemment jamais les réponses et je doute que
Steve Austin ait pu être influencé à ce point par ces musiciens mais ce onzième album marque vraiment le pas au sein de la carrière de
TODAY IS THE DAY. La subjectivité étant ce qu’elle est, j’ai pu lire de très bons articles sur le LP, un rédacteur citant à bon escient
TAD,
KEPONE,
ALICE DONUT… Il n’a pas tort, loin de là, mais assister à la dilution d’une personnalité aussi forte dans un bol d’influences qu’elle a elle-même contribué à faire émerger, cela me fait un peu de peine.
De toute façon, l’artiste lui-même semble être conscient que ses dernières productions sont en-deçà car lorsqu’il était passé en 2015 au
Point Éphémère (première partie assurée par les Italiens de
GRIME), la majorité de la
set list était construite autour de
Temple of the Morning Star et
In the Eyes of God. Allez, je vais pouvoir m’intéresser au nouveau-né à présent…
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