Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. J’ai beau revenir régulièrement vers cet EP, sorti sur la désormais défunte plateforme Scion Audio Visual (qui aura offert en téléchargement libre des œuvres de nombreux artistes tel que High On Fire, Immolation, Enslaved, Melvins, Weedeater ou encore Wormrot), rien n’y fait. Et les raisons sont difficiles à expliquer.
Car on ne peut pas dire que The Gates of Slumber change de direction ni ne perd en talent :
Stormcrow est un EP qui s’inscrit dans la voie tracée par
The Wretch, un doom metal traditionnel devant beaucoup à Saint Vitus – dont on peut s’amuser à voir des clins d’œil jusqu’aux paroles (la ligne « Dying Inside » de « (Devil's Grip) Driven Insane ») et titres de morceaux (« Dragon Caravan », un rappel de « Dragon Time » de l’album
Mournful Cries) –, où le groove se teinte de blues, rocaille de la voix et lourdeur du cœur.
Pourtant, même le retour de Iron Bob Fouts ne change pas la donne !
Stormcrow m’ennuie sur sa demi-heure, paraît provenir d’un groupe qui a perdu sa verve particulière pour devenir un de ses fans d’une époque révolue qu’ils essayent de ramener à la vie. Le maquillage n’y fait rien – pire, il accentue le côté cadavérique de cet exercice de nécromancie. Sanford Parker, de retour à la production après l’incartade Jaime Gomez Arellano (qui s’est occupé du son si délicieusement granuleux de
The Wretch), éteint toute vitalité à ce doom déjà particulièrement austère et répétitif. Un son totalement dénué de personnalité qui rend davantage impossible la plongée dans ces cinq titres balourds.
C’est que l’on peut appuyer les bonnes idées de compositions (bien présentes, comme le solo de « Death March » ou le mid-tempo de « Dragon Caravan » empêchant l’esprit de totalement partir ailleurs), de même que l’implication de chacun (Karl Simon continue de moduler sa voix avec toute la menace qu’il sait y mettre, cf. « Son of Hades »),
Stormcrow est un EP où la magie n’opère jamais tout-à-fait, la plus-value qui faisait oublier les maladresses de ces éternels canards boiteux étant absente. Reste alors ce que les plus critiques envers The Gates of Slumber peuvent dire à son sujet : le sentiment d’être face à un second couteau respectueux des Grands Anciens sans pouvoir prétendre être leur égal, avec de quoi passer un bon moment – pour qui aime la lourdeur désuète et théâtrale du genre, à l’image de « Of That Which Can Never Be » – sans pour autant retenir de l’écoute un souvenir particulier.
Stormcrow, sans être honteux, n’a justement rien de particulier.
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