Aucun album de
Maxime Taccardi ne s’écoutera jamais comme ça, par hasard, pour le
fun, sauf peut-être au Purgatoire. De même, aucune de ses œuvres picturales, peintures ou vidéos, ne se regardera parce qu’elle est
cool. Artiste exigeant repoussant les frontières de l’horreur, il cultive le paradoxe d’un physique d’athlète abritant le mental d’un furoncle suintant d’humeurs viciées. Je dis cela sans méchante arrière-pensée, uniquement parce que si jamais tes oreilles ont un jour croisé le chemin de l’un de ses multiples projets, tu as dû imaginer qu’une créature immonde en était responsable, une espèce de déchet presque mort, un agonique dans une cave au milieu de ses excréments, c’est bien légitime.
Concernant
PUTRID OMEN, une seule sortie est à notifier à ce jour, ce
Blasphemia si bien nommé qui, une nouvelle fois, contiendra de quoi susciter des sentiments ambivalents. Il faut dire que la première fois que j’ai écouté puis chroniqué du
K.F.R., c’était
Par le sang, en 2018 et que j’hésitais alors entre mauvaise blague et cauchemar sordide. Je me cite, j’étais « écartelé entre les postillons du fou rire et les salissures de vomi. » Depuis, j’ai fait un peu de chemin et sans parler d’une transformation en client régulier, je suis néanmoins avec délectation les tortuosités de l’homme. Et avec ce concept se dévoile une nouvelle facette de l’inspiration méphitique.
Certes, différencier l’un de ses groupes d’un autre est une gageure, au
blind test, j’échouerai à tous les coups. Pourtant ces huit compositions offrent quelque chose, autre chose. Peut-être une allégeance davantage marquée au
black death metal putride (« The Church » ; « Let the Flesh Repent ») même si les ingrédients principaux de la « recette »
Taccardi sont tous présents : une production ultra minimaliste emplie d’échos funèbres, une propension à verser dans l’
ambiant pervers, des saillies de guitares préhistoriques d’où rien n’émerge à part la crasse, un chant inhumain, enfin une ambiance que la paresse me ferait décrire comme infernale, un crépuscule des dieux, mais qui va finalement au-delà, dernier voyage d’un vieux fou agonique et incontinent, rampant vers son cercueil en laissant derrière lui le suc odorant de ses entrailles infâmes.
Je n’arrive pas à décrire la musique de
PUTRID OMEN autrement que par ces images toutes faites de la dégradation aussi si bien physique que morale. Le compositeur n’offre à nos sens aucune aspérité, aucun repère, pas même un riff auquel s’accrocher, je ne parle même pas d’une mélodie, c’est un mot définitivement banni. Ne montrant absolument aucun signe d’humanité,
Blasphemia déroule ses névroses hérétiques, exhibe sa laideur sans pudeur, horrible jusqu’à la fascination, parfois absurdement chaotique (« Ancient Evil ») mais essayant pourtant, notamment au travers de cette basse vengeresse, de jeter un peu de couleurs sur les plaies béantes d’une psychologie détruite.
Je ne pourrai jamais sincèrement dire que j’ai aimé un album de
MT. Non, on aime la glace au chocolat où le dernier Sacha Distel (bon, vous avez l’idée générale). Ici, on se contente de subir avec plus ou moins de résistance ce déferlement incessant (trente-cinq interminables minutes) de notes nauséabondes, de pensées macabres tournées vers le blasphème, le pourri, le faisandé, la charogne. Est-ce que c’est mieux ou moins intéressant que les autres travaux ? Comment pourrais-je l’affirmer ? L’ensemble est tellement homogène que, selon les prédispositions, c’est systématiquement génial ou systématiquement à chier mais le musicien, à la différence de nombre de ses confrères, ne s’estimera pas à la teneur de sa technique. Ici, seule l’atmosphère compte, encore une fois terrifiante et, en cela, pleinement aboutie.
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