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Devastrosity - Eviscerating Desolation
Chronique
Devastrosity Eviscerating Desolation
Cela faisait un petit peu trop longtemps à mon goût que nous n’étions pas partis vers l’Est et notamment en Indonésie. Véritable vivier intarissable en matière de métal extrême (entre autres), j’avoue avoir une sympathie particulière pour cette scène qui regorge de formations extrêmement qualitatives lorsqu’il s’agit de venir nous ramoner les conduits auditifs avec ce qui se fait de plus brutal en matière de death metal. Je vous ai déjà parlé en ces pages de Perveration, Anthropophagus Depravity ou Prolong Anoxia et il y en a tellement d’autres à évoquer (prochainement je l’espère) : Gerogot, Vertiginous, Dissanity, Decaying Human, Deserter, Goremorphosis, Innocent Decomposure… Mais pour aujourd’hui c’est au tour de Devastrosity de passer à la casserole avec leur premier méfait paru fin octobre dernier sur le label US Comatose Music. Bon en même temps on retrouve en son sein trois gaillards (Billy, Roby et Ardian) dont deux font également partie de certains des groupes pré-cités, on reste quand même en famille. Et bien évidemment on ne s’éloigne pas non plus du style pratiqué par toute cette bande, du bon gros brutal death à la sauce US. De toute façon avec ce patronyme, cette typo et cet artwork (signé de l’inévitable Rudi Gorgingsuicide, toujours en famille…) vous vous en doutiez forcément.
En fait si j’étais vraiment un gros flemmard, j’aurais presque pu faire un copier / coller de ma chronique du « Putrefaction Of Infinite Apogee » de Perveration ou du « Demonic Paradise » d’Anthropophagus Depravity, changer les noms, modifier deux ou trois phrases et basta ! Bon en vrai je suis un peu flemmard sur les bords mais comme j’ai une conscience professionnelle en tant que journaliste musical amateur et bénévole je vais faire l’effort de vous offrir une prose originale. Oui, j’aurais pu tant le style pratiqué par ces trois formations (et globalement toutes celles citées plus haut) est en (quasi) tous points similaire. Comme ses comparses Devastrosity puise son inspiration principale dans la scène brutal death américaine et si des noms tels que Disgorge, Deeds Of Flesh ou Gorgasm vous font frétiller les oreilles, nul doute que ce « Eviscerating Desolation » vous caressera également dans le sens du poil. Agus Roby vous aura en cela confectionné une belle tripotée de riffs bien agressifs, entre plans techniques et étouffements chuggy, tout cela passé à la moulinette d’une rythmique alternant elle aussi les gros blasts et les sections plus groovy ou franchement écrasantes. Le growl ultra caverneux d’Ardian Atmosunaryo restera lui aussi dans la grande tradition du style, même si j’aurais préféré un timbre un peu plus grave et sombre. Bref nul besoin de tergiverser des heures ici, vous avez j’imagine déjà bien compris le propos. Encore une fois on ressortira ici le sempiternel reproche de l’absence totale d’originalité, car pas plus que ses compatriotes Devastrosity ne s’aventurera à une quelconque prise de risque en termes de composition, préférant rester droit dans ses bottes et suivre sa route d’une façon on ne peut plus scolaire. Dès lors tous les titres seront plus ou moins interchangeables et vous ne saurez peut-être pas si vous êtes rendus à la piste cinq ou à la sept mais peu importe, vous serez quoi qu’il en soit en train de vous prendre une bonne mandale. Toutefois et là encore à l’image de bon nombre de combos indonésiens, force est de reconnaître que l’ensemble est fait avec une maîtrise de la chose absolument incontestable et qu’il s’en dégage une authenticité et une efficacité qui, pour ma part en tout cas, gomment totalement ce manque criant d’innovation. Tout est on ne peut plus codifié, balisé, sans aucune surprise mais alors qu’est-ce que ça avoine ! Mis en valeur par une production idoine, ce riffing épais et nerveux qui n’abuse pas des harmoniques fait toujours mouche chez moi de même que ces gros breaks de golgoths (ou de gogoles c’est au choix) sur lesquels il sera tellement jouissif de s’exploser les cervicales.
Nul besoin de s’étendre sur des pages et des pages, avec ces quelques lignes vous savez déjà si « Eviscerating Desolation » est fait pour vous ou pas. Si vous aimez le brutal death à la sauce US old-school et si vous aviez apprécié leurs compères de Perveration ou Anthropophagus Depravity, nul doute que Devastrosity devrait vous conquérir tout autant car à l’instar de leurs potes, il n’y a rien de nouveau sous le soleil mais bordel qu’est-ce que ça bute !
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