Bordel,
BENT SEA… J’avoue que comme beaucoup de monde j’avais été hyper accroché par
Noistalgia en 2011, surtout grâce au
line up de dingue, mais j’ai toujours pensé que la formation serait un épiphénomène où chacun se souhaiterait rapidement le bonsoir, poliment. Aussi quelle ne fut pas ma surprise en découvrant
The Dormant Ruin, orné d’une pochette étonnamment
brutal death ? Car oui il y eut depuis trois splits, un EP en 2020 (
Instagrind) et je n’en savais rien. Quelle misère, que l’on dresse une potence pour mon ignorance !
Bon, je ne vous ferai pas l’offense de présenter les trois protagonistes :
Dirk Verbeuren (batterie, guitare),
Sven de Caluwé (chant),
Shane Embury (basse). Ce qui est
cool c’est que le disque s’offre également quelques invités de luxe :
Kevin Sharp sur « My Fall »,
John Cooke de
VENOMOUS CONCEPT notamment pour des solos sur trois titres et
Sylvain Coudret (ancien
SCARVE, actuel
SOILWORK) pour également quelques
leads sur quatre autres morceaux. En un mot : la famille. Évidemment la troupe reste 100% fidèle au
grindcore intégral, sans doute l’occasion pour
Dirk d’enlever les pantoufles qu’il a chaussées depuis qu’il a intégré
MEGADETH, pour le chanteur d’enfin poser ses vocalises sur un bon album et pour le bassiste, je n’en sais rien, de continuer à s’amuser en jouant exactement ce qu’il aime probablement.
Globalement, ces vingt pistes me font pas mal penser à l’intensité d’un
MUMAKIL, aux Belges de
LENG TCH’E, peut-être est-ce redevable à ce choix de production très clair et surpuissant, la seule variation originale provenant finalement de « The Fall » qui sonne exactement comme le
BRUTAL TRUTH de
End Time avec ses tempos alourdis et ses dissonances. Les solos apportent quant à eux la juste dose nécessaire d’énergie et d’hystérie, exercice peu commun dans le
grind mais qui fonctionne ici parfaitement surtout quand c’est
Sylvain qui tient le manche. Qu’est-ce qu’il nous met le mec, merci à lui !
Sinon c’est bête à dire mais en dépit de la virulence globale, du haut niveau de jeu affiché, je ne parviens cependant jamais à m’enflammer pour
The Dormant Ruin. Par exemple, je regrette que la basse soit si peu présente, seulement audible sur les quelques ralentissements (« Stifled and Dreaming ») et, pour tout dire, je ne suis vraiment pas client du timbre du
frontman d’
ABORTED : il est certes capable de maîtriser tous les registres du chant extrême mais je l’ai toujours trouvé un peu trop propre, trop technique, manquant du fameux « supplément d’âme » de Bergson. Par conséquent, il y a comme un décalage avec ce LP entre son esthétique qui laisse imaginer des choses immondes, bestiales et la réalité d’un
grindcore de premier de la classe que
Sven ramène trop souvent dans une sphère
grind death. Clairement,
Kevin Sharp aurait tenu le micro tout du long, le bilan ne serait pas le même.
En définitive, un disque hélas de seconde zone écrit par des musiciens de premier plan mais à qui il manque un élément moteur pour dynamiter le tout et rendre les compositions plus barges, plus ambitieuses, les sortir de leur routine. Je me montre sans doute un peu difficile, fine bouche, j’avoue toutefois que j’attendais davantage d’un tel rassemblement, oubliant que le projet est certainement avant tout un espace de détente, défouloir de qualité malheureusement dans l’incapacité de se hisser à la hauteur des plus grands. Qui leur en voudra ?
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