Vous l’avez sûrement lu sur ces pages ou peut-être même ailleurs mais Vargrav s’apprête à sortir dans les prochaines semaines un nouvel album intitulé
Dimension: Daemonium sur lequel je ne manquerais pas de revenir bien évidemment en temps et en heure. Mais avant de faire preuve d’une ponctualité retrouvée, je dois d’abord rattraper mon retard et pour cela il me faut vous parler de
The Nighthold, troisième album des Finlandais paru en décembre 2023 une fois encore chez Werewolf Records (vous m’excuserez mais je fais pour le moment volontairement l’impasse sur le EP un brin fourre-tout que constitue
Encircle The Spectral Dimension puisqu’on y retrouve en effet les deux titres du EP
The Glory Of Eternal Night proposé à l’époque en guise de bonus des éditions vinyles de
Netherstorm, un morceau live enregistré au Steelfest Open Air en 2019 et finalement un inédit que l’on retrouvera quelques mois plus tard sur ce troisième album).
Pour ceux d’entre vous qui malgré mon retard n’auraient peut-être pas suivi,
The Nighthold marque un nouveau changement dans les effectifs de Vargrav. Après avoir opéré en solo (
Netherstorm) puis sollicité l’aide d’un guitariste de session (
Reign In Supreme Darkness), ce troisième album voit Ville Pallonen collaborer cette fois-ci avec trois nouveaux musiciens non pas de session mais bel et bien intégrés à la formation. Parmi les nouveaux venus qui n’ont d’ailleurs rien de musiciens frais émoulus, on retrouve Lauri Penttilä au chant (Satanic Warmaster, Grieve, Knife, The True Werwolf...), Henri Antti Viljami Sorvali à la guitare et à la basse (Finntroll, Moonsorrow...) et enfin Marko Tarvonen à la batterie (Barren Earth, Moonsorrow, October Falls, Thy Serpent...). Produit par leur compatriote Miitri Aaltonen (Scent Of Flesh, Unholy, Satanic Warmaster...),
The Nighthold est illustré pour l’occasion par un artiste indonésien du nom de Johny Prayogi à qui l’on doit notamment les artworks des Américains d’Hexorcist et qui signe là une illustration tout à fait sympathique à défaut d’être véritablement marquante.
Particulièrement généreux en comparaison de ses deux prédécesseurs, ce troisième album compte douze nouveaux morceaux pour une durée qui avoisine à quelques secondes près les soixante minutes de jeu. Un programme chargé agrémenté tout de même de quelques respirations instrumentales dont un "Ghostlands" servi en guise de conclusion et affiché tout de même à plus de neuf minutes. D’ailleurs, si je suis souvent assez peu client de ce genre d’interludes à rallonge, je dois admettre que Vargrav s’en est plutôt bien sorti ici. Certes, "Moonless Abyss Of The Nighthold", "Curse Of The Plaguewood Lake", "Into The Shadow Crypts" ainsi que "Ghostlands" n’hésitent pas à s’étirer sur plusieurs minutes mais la dimension particulièrement cinématographique qu’ils revêtent leur donne un certain cachet et surtout offrent la possibilité à l’auditeur de s’immerger de manière encore un petit peu plus probante dans ces univers évoquants les plus obscures profondeurs de l’espace.
Au-delà de ces quelques compositions instrumentales qui jusque-là n’avaient jamais été présentes en si grand nombre,
The Nighthold s’inscrit naturellement dans la continuité des précédents travaux de Vargrav. La seule nuance perceptible concerne le chant plus abrasif et certainement moins croassé et stéréotypé de Lauri Penttilä (sans pour autant que celui-ci soit d’une quelconque originalité). Pour ma part je trouve que Vargrav y gagne légèrement au change même si je n’ai jamais été gêné par le chant de V-KhaoZ Stormrage. Le seul revers de médaille est que les quelques incartades en chant clair dispensées précédemment sur
Reign In Supreme Darkness ont désormais complètement disparu (seules quelques déclamations solennelles persistent ici et là). Dommage mais certainement pas préjudiciable.
Pour le reste, le groupe finlandais renoue effectivement sans trop de surprise avec ce Black Metal symphonique grâce auquel celui-ci s’est bâtit depuis près d’une dizaine d’années une solide réputation. Reprenant comme sur
Reign In Supreme Darkness des formats de compositions moins étirés que sur
Netherstorm, Vargrav va ainsi reprendre à son compte tout ce qui fait le charme et le sel de ces sorties d’antan (celles ayant marqués les années 90 de leurs empreintes indélébiles). Trémolos cosmico-sataniques grattés bien souvent à toute berzingue et avec toujours beaucoup de réussite, accélérations tout aussi soutenues menées bien évidemment à coups de blasts quasi-ininterrompus, vocalises haineuses tout à fait typiques du genre et enfin de grandes nappes de claviers tantôt épiques, tantôt fantomatiques, tantôt cosmiques, tantôt élégantes et aristocratiques pour un apport mélodique toujours un brin désuet et chargé mais néanmoins toujours grandiose (on peut également ajouter à cette liste quelques divers et discrets petits arrangements dispensés ici et là). Bien entendu, outre ces quelques interludes évoqués plus haut et qui offrent en effet quelques moments d’accalmies, les Finlandais ne sont pas sans lever le pied. De "Through The Woods Of Breathing Shadows" et sa seconde moitié bien moins radicale aux deux premiers tiers également très tempérés de "Chalice Of Silver And Blood" en passant par les dernières secondes de "Thy Imperial Malice", "Encircle The Spectral Dimension" à 2:16 et 3:58, "The One Who Lurks Beyond The Starscape" à 1:41 ou bien encore "Creator Of The True Realm" et ce surprenant passage en mode Rock atmosphérique à papa entamé aux alentours de 2:50, les moments de contrastes ne manquent pas tout au long de
The Nighthold et permettent ainsi de varier les plaisirs durant ces cinquante-neuf minutes effectivement chargées et généreuses.
Vous l’aurez probablement déjà compris à ce stade de votre lecture mais en dépit d’un retard à l’allumage, je trouve une fois de plus ce troisième album particulièrement réussi. Différent de ses deux prédécesseurs sans pour autant s’inscrire dans un quelconque changement de registre, il prouve qu’en restant fidèle à son écriture Vargrav est tout de même capable de se réinventer quelque peu. Bien entendu
The Nighthold reste un album de Black Metal Symphonique offrant tout ce que l’on peut attendre du genre mais ce travail d’ambiances effectué sur les quelques plages instrumentales et la qualité et l’efficacité globales de chacune des autres compositions font de ce troisième album un succès tout aussi probant que ses deux ainés. Bref, Vargrav persiste et signe et nous on continue de se régaler sans jamais se lasser.
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