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Fulci - Opening The Hell Gates
Chronique
Fulci Opening The Hell Gates
Si les Italiens de Fulci ont fait en 2024 une percée à l’internationale grâce à la sortie de leur quatrième album paru sous les couleurs du label américain 20 Buck Spin, leur histoire ne date pourtant pas d’hier. Formé en 2013 à Caserte, petit Versailles italien situé à quelques encablures au nord de Naples, le groupe opère à ses débuts (et ce pendant près de dix ans) sous la forme d’un trio mené par Fiore Stravino au chant, Domenico Diego à la guitare et aux synthétiseurs et enfin Clemente Diglio à la basse. À défaut d’un véritable batteur, le groupe va longtemps faire le choix d’une boîte à rythme qui, reconnaissons-le tout de même, a toujours été programmée avec suffisamment de soin pour faire parfaitement illusion. Après une première démonstration intitulée Incubus In The Surgery Room, Fulci parvient à accrocher un contrat avec CBC Records, petite structure des environs spécialisée dans le Hardcore plus ou moins local (Face Your Enemy, Da4th, Sikspak, Die Trying...). Dans la foulée sort la même année City Of The Living Dead, une deuxième démo à laquelle succédera dès l’année suivante (2015) un premier album intitulé Opening The Hell Gates.
Paru chez CBC Records et Despise The Sun Records (CD), ce premier jet un brin fourre-tout s’est depuis vu rééditer à toutes les sauces chez d’autres crémeries telles que Maggot Stomp, Time To Kill Records, Huangquan Records et Old Shadows Records. Il faut dire que le succès semble avoir été rapidement au rendez-vous et que face à une montée des prix particulièrement indécente pratiquée sur des plate-formes telles que Discogs, il devenait nécessaire de pouvoir contenter les nombreux auditeurs laissés sur le carreau.
Illustré par l’Australien Richy Sampson (aka Nerdgore) qui signe ici une oeuvre largement inspirée par le film de Lucio Fulci baptisé "City Of The Living Dead", Opening The Hell Gates est comme je le disais plus haut un album à la constitution un poil anarchique. On y trouve tout d’abord sept nouveaux morceaux qui mis bout à bout ne doivent pas dépasser les vingt minutes auxquels succèdent dans un premier temps les deux titres de la seconde démo des Italiens. Viennent ensuite deux autres titres live enregistrés à Rome en 2014 puis, pour conclure, une piste instrumentale et synthétique aux ambiances naturellement horrifiques. Le tout est bouclé en trente-et-une minutes et "souffre" évidemment d’un manque d’homogénéité assez flagrant qui donne à ce premier album des allures de brouillon.
Malgré tout, on ne peut pas dire que Fulci soit ici à côté de la plaque. Largement influencé par la scène Hardcore (outre la propension de Fulci à s’adonner au groove, quelques lignes vocales dispensées ici et là traduisent également ce lien de parenté) dont ils sont d’ailleurs tous les trois issus (ces derniers ayant fait leurs premières armes dans le milieu au sein de Still In Da Game), nos Italiens proposent un Death Metal bien plus enclin au groove et à la chaloupe qu’aux accès de rage et autres démonstrations de force menées le couteau entre les dents. Naturellement, Fulci ne manque jamais une occasion d’accélérer la cadence comme le prouvent l’entame en fanfare de "Premature Sepoltura" suivi par cette séquence débutée à 1:21, "Among The Walking Dead" à 1:11, les premiers instants de "Deranged Minds" puis de nouveau à 0:45, "Feeding The Undead" à 0:23, "Gore Life" à 1:16 ou bien encore "Opening The Hell Gates" à 1:32 mais ce premier album n’en reste pas moins marqué par la présence en nombre de passages particulièrement groovy, de breaks chaloupés pour le moins irrésistibles ainsi que tout un tas de séquences pour babouins et autres primates habitués à communiquer avec les poings. Une formule qui ne transpire donc pas la grosse intelligence (les "gruiks gruiks" porcins dispensés en quelques occasions sont là pour en attester) mais qui pour autant ne manque absolument pas d’efficacité. Certes, tout cela est évidemment très limité et finalement assez répétitif mais les morceaux ne s’éternisant jamais vraiment (pas plus de deux minutes par titre), il me paraît difficile de passer un mauvais moment si l’on est client autant de Hardcore que de Death Metal ou des deux mélangés.
Sur "Incubus In The Surgery" et "City Of The Living Dead" tous les deux tirés de cette démonstration du même nom parue en 2014, la qualité légèrement en deçà de la production et la programmation définitivement moins subtile de la boîte à rythme rendent l’ensemble une poil moins mémorable. Les deux titres restent très efficaces toujours dans ce même registre voyant Death Metal et Hardcore cohabiter de manière ouvertement déséquilibrée mais après les sept titres de Opening The Hell Gates, difficile de ne pas remarquer la petite différence de niveau et de qualité.
Une différence encore plus flagrante avec les versions live de "Among The Walking Dead" et "City Of The Living Dead" proposées à la suite et qui en plus d’entretenir une certaine redite souffrent surtout d’une restitution pour le moins bancale. Un son très « amateur » pour des versions qui n’apportent évidemment pas grand chose, surtout en comparaison de versions studio bien plus propres et efficaces... De fait et comme souvent avec ce genre d’exercice de style, l’intérêt est pour moi extrêmement limité.
Ce premier album se conclut sur "Inferno", un titre synthétique mené à grand renfort de synthétiseurs et de "beats" tout droit sortis de cette fameuse boite à rythmes (avec en sus quelques samples). Le résultat final n’est pas désagréable même si certaines parties, notamment rythmiques, s’avèrent pour le moins étranges et qu’elles entretiennent une sorte de "faux rythme" assez peu convainquant à l’écoute.
Premier jet pour le moins brouillon et disparate, Opening The Hell Gates régale surtout pour ses sept premières compositions certes encore un petit peu mal dégrossies mais néanmoins efficaces et prometteuses pour la suite. En effet, le trio se montrait à l’époque encore un petit peu vert sur bien des points (richesse et variété de l’écriture, chant, boite à rythmes, pistes instrumentales...) mais on sentait déjà poindre chez Fulci ce qui fera par la suite le succès de l’excellent Tropical Sun sur lequel je ne manquerai pas de me pencher dans les prochains jours. Bref, Opening The Hell Gates est un premier album / compilation tout à fait sympathique qui à défaut d’atteindre le niveau des sorties qui suivront offre tout de même matière à se réjouir pour qui aime ce genre de Death Metal horrifique à la fibre Hardcore sous-jacente.
| | AxGxB 16 Mars 2026 - 128 lectures |
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