Si je ne parle pas de
GUSOH, qui en parlera ? Oh, il doit bien y avoir quelqu’un prêt à poser ses oreilles sur la musique de ce Japonais, mais encore faudrait-il le repérer, et ce n’est pas évident, car cette formation est particulièrement confinée à son propre pays. Tout est japonais chez
GUSOH : la nationalité, le nom des albums, les paroles… Même le label vient de l’archipel, en l’occurrence Zero Dimensional Records. Japon, Japon, Japon. Jusqu’au bout des doigts. Mais pas jusqu’au bout des ongles, car quand on fait du metal, on a forcément une part d’étranger en soi. Ici, on perçoit effectivement des effluves occidentaux dans la musique, dans un black mélancolique que l’on aurait envie de situer entre le dépressif et le post-black. En revanche, il est fortement saupoudré d’un style japonais adoré ou décrié : le visual kei. Quelques éléments musicaux, mais surtout une manière de chanter qui renvoie directement à la fin des années 90. Le timbre de voix donne l’impression de retrouver
MALICE MIZER,
LAREINE ou, dans une moindre mesure,
DIR EN GREY et
KAGERÔ.
Il n’y a pas besoin de plus d’informations pour savoir s’il faut tenter l’écoute. Si vous aimez le black traditionnel, ce sera une horreur, car les sonorités que vous recherchez sont ici minoritaires et c’est vraiment le chant clair en japonais qui se démarque le plus, forgeant l’identité de
GUSOH. À l’inverse, si vous êtes déjà adepte de visual kei, vous pourriez apprécier ces dix compositions et leur incursion dans un univers plus sombre que celui de ses pairs, tout en conservant un versant poétique et douloureux.
Le titre de l’album, à lui seul, évoque une souillure qui fait souffrir tout en se faisant aimer.
Aokegare pourrait se traduire par « Impureté azurée ». L’artiste derrière la formation, Tatsufumi Yabiku, a écrit une phrase qui semble bien résumer son univers : « À toutes les choses perdues, et à toutes celles que je perdrai encore. Je convoite le bleu, je désire violer le ciel. » L’album s’articule autour d’un mélange intime de deuil, de perte irréversible et d’un désir presque blasphématoire de transcender, voire de profaner cette perte. Il en ressort une forte impression d’introspection, de mélancolie et de nihilisme.
GUSOH pleure ce qui a disparu, que ce soit un être aimé, des souvenirs, le temps ou l’innocence, tout en éprouvant une forme d’amour pour la perte elle-même.
On retrouve finalement des sentiments universels, compréhensibles partout dans le monde. Et
GUSOH le prouve avec un titre qui témoigne de l’ampleur de ses influences, en reprenant un morceau du compositeur argentin Astor Piazzolla, dont la reprise se teinte d’une malsanité presque élégante. Comme quoi, des passerelles peuvent exister entre le black metal, le visual kei et le nuevo tango.
Un album qui se distingue à cause de ses éléments, mais qui pourrait être meilleur si les compositions étaient plus catchy. Très bon point par contre à
"ありがとう、さようなら。" (Merci, au revoir), le titre que j'ai préféré.
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